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Alain CHRISTNACHT et l’Accord de Nouméa, un injuste procès et un mérite pas si justifié ...

Publié le 24 Juillet 2014 par Loueckhote Simon in politique

Qu'a-t-il fait pour subir autant la vindicte calédonienne?
Quel crime aurait-il commis pour mériter ce crucifix verbial grossier de la vox populi et parfois lapidaire de certains?
L'Accord de Nouméa et plus particulièrement les passages qui traitent du corps électoral dont il a été l’auteur mais rien que l’auteur.

Oui, et c’est bien de cette "bizarrerie" comme l'avait, en son temps appelé, Lionel JOSPIN, Premier Ministre de la France, 5ème puissance économique du monde dont il s'agit.
Tout le monde le savait, Jacques LAFLEUR, Président du tout puissant RPCR, négociateur en chef de notre délégation et signataire de l'Accord, en tête.
D'ailleurs, ne s'en orgueillait-il pas? "Un chef d'œuvre, cet Accord de Nouméa. Vraiment, il a été bon. On peut dire ce qu'on veut de lui mais là, y faut reconnaître qu'il a été bon. Il a une belle plume" n'avait-il cessé de nous dire.
La belle plume, c’est Alain CHRISTNACHT

Un chef d'œuvre l'Accord de Nouméa ?

Oublié ce Directeur de Cabinet de Louis LE PENSEC alors Ministre de l'Outre-Mer, très militant
Oublié les méchancetés que nous subissions durant les négociations des Accords d'Oudinot
Oublié, ce haut fonctionnaire pas docile du tout qui n'en faisait qu'à sa tête, droit dans ses bottes, qui se comportait comme un Haut-Commissaire en Nouvelle-Calédonie
Oublié ce représentant de l'Etat qui s'en fut entendre par des élus en mission, les affres d'une population exaspérée et impatiente.
Oublié ce réac qui, sans attendre le retour au bercail de la mission, adressa au Député une missive de sa belle plume, pour lui dire ce qu'il pensait de "ses chevaux légers".
Oublié tout ça. Pour un temps, il était le meilleur.

Le meilleur, c’est Alain CHRISTNACHT.
"Faut savoir reconnaître les qualités d'un homme" nous disait Jacques LAFLEUR.

L'injuste procès ... et un mérite pas si justifié …

Le sujet qui fait couler tant d'encre et de salive, le corps électoral et ses différentes lectures et compréhensions, a été l'un des sujets voire le principal sujet, de divergences entre les partenaires de l'Accord alors en discussion. Et à cause de lui, l'Accord que nous connaissons aujourd'hui n'aurait peut-être, jamais été signé. Le temps pressant, le terme des Accords de Matignon arrivant à grand pas, la solution était cette rédaction imprécise.
Et Alain CHRISTNACHT en est l'auteur. Mais juste l’auteur. Il est aujourd'hui jeté en pâture mais il n'a été que la plume durant ces négociations.
Nous lui faisons donc un procès injuste et le mérite qui lui est habituellement attribué n’est à mes yeux, pas justifié.
L’Accord de Nouméa, c’est d’abord la réussite des Calédoniens au travers de leurs délégations respectives.
Certes, avec Dominique BUR, alors Haut-Commissaire, Thierry LATASTE, Directeur de Cabinet de Jean-Jacques QUEYRANNE, Ministre de l’Outre-Mer, il a aussi été le conseil, l'interlocuteur, l’œil et l'oreille du Premier Ministre par Olivier SCHRAMECK, son Directeur de cabinet avec lequel il était régulièrement en contact. Mais Alain CHRISTNACHT n’a jamais décidé de quoi que se soit et n’a jamais rien imposé aux délégations en présence.

Nos divisions nous ont été fatales

C’est la fragilité de la partie calédonienne qui a laissé la place au doute, à l’incertitude et finalement à l’aventure.
Chacun des deux camps, espérant que le temps sera un allié de taille pour définir le corps électoral, celui qu’il veut.
Les indépendantistes, espérant pour leur part que l’exercice du pouvoir par leurs partenaires dans une Nouvelle-Calédonie devenue très largement autonome, leur donnera quelques bonnes raisons d’apprécier les vertus de ce mode de gouvernance.
Nous, espérant qu’avec le temps et les moyens énormes dont les indépendantistes disposeront dans leurs Provinces, ils abandonneront leur lutte et donc la restriction de corps électoral.
Mais le temps n’a pas joué en notre faveur. C’est clair.
Je continue toutefois à affirmer que le corps électoral que je défendais et que je continue à défendre, n’est pas celui qui nous a été imposé.
A la tribune du Sénat, au moment de l’examen de la loi constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie, je l’affirmais déjà.
Choisi par le RPR comme seul intervenant au Congrès du Parlement à Versailles lors de l’examen de cette loi, je la réaffirmais.
Mais la division de notre camp a ouvert une brèche dans laquelle Jacques CHIRAC s’est engouffré pour honorer une promesse faite à nos adversaires politiques.
Par conviction ou par opportunisme, l’Avenir Ensemble, arrivé au pouvoir ne donnait-il pas raison aux indépendantistes de leur lecture du corps électoral?
Mon expérience de la vie politique, ma pratique de nos institutions et ma connaissance des acteurs et des négociations me permettent de penser et d’affirmer que les missionnaires Parisiens quelque soit la couleur politique de l’Exécutif national, ne décideront pas et ne choisiront jamais le chemin sur lequel nous, les Calédoniens, nous voudrons nous engager.
Nous seuls, les Calédoniens, serons en capacité de choisir et nous ne subirons pas, jamais.
Sauf si nos divisions perdurent.
Alors là, la suite nous sera fatale

 

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raymond charruyer 26/07/2014 12:22

un excellent commentaire, tres fouille, tres juste, helas.....

Evelyne 26/07/2014 00:48

C'est bien de vouloir apaiser les tensions mais quand la confiance est perdue..... elle n'est plus.
Et nous aussi de par notre expérience on sait qu'on ne peut pas faire confiances aux politiques