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Le Président de Vanuatu dissout un Parlement gangréné par la corruption

Publié le 24 Novembre 2015 par Loueckhote Simon in Vanuatu-politique-corruption-justice:

PORT-VILA, mardi 24 novembre 2015 (Flash d’Océanie) –

Le Président de Vanuatu, Baldwin Lonsdale, a annoncé mardi sa décision de dissoudre le Parlement de cet archipel, entaché et paralysé par une affaire de corruption massive, et de lancer le processus d’élections anticipées pour cet archipel mélanésien.
Vendredi 20 novembre 2015, la Cour d’Appel de Vanuatu avait rejeté l’appel formé par un groupe de 14 députés, tous reconnus coupables de corruption et condamnés à des peines allant de trois à quatre ans de prison ferme.
Les sièges de ces députés sont depuis réputés vacants.
Mardi, lors d’une conférence de presse, M. Lonsdale a rappelé qu’il avait donné l’opportunité au Premier ministre sortant, Sato Kilman (dont la majorité parlementaire a disparu à la suite des condamnations pour corruption) et au chef de l’opposition, l’ancien Premier ministre Joe Natuman, de trouver une solution consensuelle en créant un gouvernement d’unité » nationale.
Lundi, l’opposition, accusant M. Kilman d’avoir fait échouer ces négociations, l’intimait de présenter sa démission, faute de quoi il serait renversé par une motion de censure présentée dans la foulée et jugée recevable par le Parlement.
L’opposition parlementaire a aussi accusé M. Kilman de pousser le Président à dissoudre le Parlement.
Le chef de l’État leur avait donné comme date-butoir le 22 novembre 2015.
Or, les deux dirigeants n’ont pas été en mesure de trouver un accord dans ces délais.
M. Lonsdale, mardi a donc estimé que la dissolution de l’Assemblée était la meilleure des solutions, au nom de l’ « intérêt national ».
Une dissolution prononcée par le Président de la République doit être suivie d’élections législatives dans les trois mois.
Entre-temps, le Parlement, désormais dissout, n’a pas été en mesure de voter avant la fin de l’année la loi de finances 2016, alors que l’économie de l’archipel a été durement frappée par les énormes dégâts matériels causés par le cyclone Pam, le 13 mars 2015.
Le pays est par ailleurs aussi durement touché, depuis plusieurs mois, par une vague de sécheresse provoquée par la persistance du phénomène climatique El Niño.
L’opposition, pour sa part, avait demandé une convocation en urgence du Parlement mi-décembre 2015, afin d’examiner en urgence le projet de loi de finances pour l’année 2016.
Selon la constitution, le Parlement doit se réunir au moins deux fois par an en session ordinaire.
Pour 2015, il ne s’est réuni en ce mode qu’une seule fois.
Ce nouvel épisode dans l’histoire politique chargée de Vanuatu a une nouvelle fois relancé le débat sur la nécessité de toiletter a Constitution actuelle, mise en place lors de l’accession des Nouvelles-Hébrides (condominium franco-britannique jusqu’en juillet 1980).
Dans un système de régime parlementaire britannique (dit de « Westminster »), les très faibles majorités ont entraîné au cours des 25 dernières années une instabilité chronique, à la faveur de revirements d’alliances et de votes-surprise de motions de censure, renversant gouvernement après gouvernement.

pad

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