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De nouveaux accords militaires franco-fidjiens en vue

Publié le 1 Juin 2016 par Loueckhote Simon in Géopolitique et défense

 Un nouvel accord régissant le statut des forces armées françaises et fidjiennes, lorsqu’elles sont en opération extérieures, ainsi qu’une nouvelle étape dans la coopération de défense entre la France et Fidji, souvent via la Nouvelle-Calédonie, est en bonne voie de finalisation, a confirmé mardi l’ambassadeur de France à Fidji, Michel Djokovic, face à la presse locale.
Ce genre d’accord est généralement décrit comme étant de type « SOFA » (status of forces agreement, accord relatif au statut des forces).
Selon le diplomate français, qui a souligné la notion de « coopération mutuellement bénéfique », la coopération militaire franco-fidjienne implique aussi un nécessaire volet linguistique, avec des formations de soldats, avant leur départ, à l’Alliance Française de Suva.
Les opérations peuvent tout aussi bien concerner des manœuvres multinationales régionales (comme celles de la Croix du Sud, menées tous les deux ans en Nouvelle-Calédonie) que des théâtres d’opération internationales de maintien de la paix, typiquement sous mandat des Nations-Unies.
L’édition 2016 des manœuvres Croix du Sud devrait voir officiellement le retour des forces fidjiennes, qui en avaient été exclues depuis le putsch de décembre 2006.
Dès 2014, toutefois, elles étaient présentes, mais en tant que simples observatrices, aux côtés de la plupart des forces armées de l’Océanie insulaires, ainsi que de celle de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, des États-Unis et de puissances riveraines comme le Japon, Singapour, le Royaume-Uni ou encore le Chili.

Fin mai 2015, lors d’une visite à Suva, le Général du Perron de Revel, alors commandant en chef des forces armées française en Nouvelle-Calédonie (FANC), avait déjà évoqué des perspectives de renforcement de la coopération militaire franco-fidjienne, y compris la possibilité pour les forces de deux pays de séjourner, dans un cadre légal, sur le territoire de l’autre partie.
D’ores et déjà, les accords existants (dont la dernière version a été signée vendredi 15 mai 2015 à Suva par le Général français et son homologue le Général de Brigade Mosese Tikoitoga, commandant en chef des forces armées fidjiennes) prévoient des échanges de personnel, soit au cours d’opérations de surveillance réelles, soit d’exercices internationaux, avec, en mode encadrement, des sessions d’enseignement du Français pour les soldats et officiers fidjiens.
En avril 2015, le Général Tikoitoga et une délégation de haut niveau se trouvaient en visite à Nouméa pour y rencontrer ses homologues français et tracer les grandes lignes de l’accord signé en fin de semaine dernière.

Michel Djokovic, ambassadeur de France à Fidji, avait déjà alors que Fidji est l’un des voisins les plus proches de la France, à la fois via son territoire de Wallis-et-Futuna (juste au Sud-est) mais aussi la collectivité de Nouvelle-Calédonie (un peu plus au Sud-ouest).

L’annonce, fin octobre 2014, de la reprise de la coopération militaire française avec cet archipel qui contribue dans une large mesure aux contingents de maintien de la paix de l’ONU, à travers le globe, était intervenue à l’occasion d’une visite de deux jours d’une délégation conduite par le Général Luc du Perron de Revel, commandant supérieur des forces armées de la Nouvelle-Calédonie (FANC) depuis août 2013.
Le général français, qui était accompagné d’une délégation militaire de haut niveau, a notamment rencontré l’ancien chef des forces armées fidjiennes, le Vice-amiral en retraite Franck Bainimarama, qui a dirigé le gouvernement fidjien après son putsch de 2006 jusqu’en septembre 2014, avant que d’être légitimement élu par une large victoire (près de soixante pour cent des suffrages) lors des élections du 17 septembre 2014.
Parmi les autres personnalités fidjiennes rencontrées figuraient le successeur de M. Bainimarama à la tête des forces armées fidjiennes, le Général de brigade Mosese Tikoitoga, ainsi que le ministre de la défense, Timoci Natuva et le ministre chargé de la gestion des catastrophes naturelles, Inia Seruiratu.
Au menu de ces entretiens de reprise de contact avec le commandant des forces fidjiennes : les moyens de « renouveler les relations bilatérales et militaires entre Fidji et la France, en association avec les territoires français de la région ».

Par pad de Flash d'Océanie

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