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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

L'Inde a dépassé la Chine

Publié le 1 Juin 2016 par Loueckhote Simon in Economie, développement et géopolitique

Il y a un an, le 10 mars 2015, je vous parlais de la perspective de voir l’Inde dépasser la Chine.
Après 5,6 % en 2014 et 7,4 % en 2015, l’Inde a dépassé la Chine dont la croissance a été de 7,4 % en 2014, mais de 6,9 % en 2015. Cela devrait se confirmer en 2016 ; la croissance indienne serait en 2016 d’au moins 7,5 %, pour le FMI, 8,5 % pour le ministre des finances. Elle serait encore inférieure à 7 % en Chine avec toutes les incertitudes statistiques. Il y a un an, j’annonçais le dépassement de la Chine par l’Inde seulement en 2017. Mais avec le ralentissement chinois, le dynamisme économique indien semble en train de dépasser celui chinois.
 
L’Inde est la 7ème puissance économique mondiale entre la France et L’Italie. En parité de pouvoir d’achat, elle est 3ème derrière la Chine et les Etats-Unis. Mais l’Inde est en passe de devenir le relais de la croissance mondiale, beaucoup plus que la Chine, et pourrait, d’ici 2030, devenir la 3ème puissance économique mondiale.
 
La comparaison des atouts tourne à l’avantage de l’Inde.
 
L’Inde est la plus grande démocratie au Monde. Le risque politique y est très faible, alors que la Chine peut toujours être confrontée à des manifestations pour plus de liberté, des mouvements sociaux, à des troubles politiques, comme nous avons pu l’examiner la semaine dernière.
L’inde est un Etat fédéral. L’organisation décentralisée indienne constitue un avantage, alors que la centralisation de l’organisation chinoise handicape les prises de décision.
L’Inde a également de très nombreux entrepreneurs privés, en plus des grandes entreprises de taille internationale. Cela explique en grande partie le dynamisme indien.
Les perspectives démographiques indiennes sont plus positives que celles chinoises. Il est facile d’opposer la démographie débridée de l’Inde et la tentative chinoise de contrôle des naissances, notamment avec la politique de l’enfant unique.
Deux raisons peuvent notamment expliquer cette différence d’approche du problème démographique :
 
  • La possibilité de nourrir la population constitue un incontournable encouragement ou frein à la procréation. La révolution verte engagée dans les années cinquante a permis à l’Inde d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. De son côté, la Chine, engagée dans « le grand bond en avant », a connu entre 1958 et 1962 une famine qui a occasionné la mort de 25 millions de personnes et a marqué les esprits.
  • Les pratiques des campagnes étant différentes de celles des villes, le rythme de l’exode rural a un effet immédiat sur la croissance démographique. L’urbanisation entraine une diminution des tailles des familles. La Chine a connu une urbanisation effrénée, beaucoup plus importante que l’Inde.
La population indienne est passée de 360 millions d’habitants en 1950 à 1 200 millions en 2015. La Chine comptait 1 400 millions d’habitants en 2015 contre 550 millions en 1950.
Le vieillissement de la population malgré sa croissance a conduit à la remise en cause récente de la politique de l’enfant unique. Mais cela ne devrait pas empêcher la population indienne de dépasser celle chinoise.
Dans les années quatre-vingt-dix, sous l’impulsion du Premier ministre Narashimha Rao, et de son ministre des finances avant de devenir lui-même Premier ministre, Manmohan Singh, l’Inde amorce un véritable décollage avec des taux de croissance de 8 %.
Après deux années 2012 et 2013 décevantes, l’arrivée en 2014 du Premier ministre Narendra Modi a relancé la croissance indienne. Il est délibérément engagé dans une politique de réformes pour s'attaquer aux goulots d'étranglement : nombreuses et excessives réglementations, médiocrité du climat des affaires, insuffisance et mauvaise qualité de ses infrastructures, insuffisante qualité de la main d’œuvre, bancarisation insuffisante de la population, fiscalité complexe…Malgré l’énorme potentiel du marché indien, l’Inde est moins attractive pour les capitaux étrangers que la Chine.
Dans le même temps, s’améliorent les indicateurs macroéconomiques, déficit public, inflation, balance des paiements…Seule ombre au tableau : la sécheresse qui ne cesse de s’accentuer depuis trois ans et touche aujourd’hui plus de 300 millions de personnes.
 
 
 
Dov ZERAH

 

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