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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Une première : Peter O'NEILL, le PM Papou reçu à l’Élysée

Publié le 21 Juin 2016 par Loueckhote Simon in Politique, relations internationales et économie

PARIS, mardi 21 juin 2016 (Flash d’Océanie) –

Peter O'Neill, Premier ministre de Papouasie-Nouvelle-Guinée, a été la semaine dernière le premier chef de gouvernement de l’histoire indépendante de son pays à être reçu par un chef d’État français.
Lors de cette entrevue au palais de l’Élysée, jeudi 16 juin 2016, le Président François Hollande a notamment souligné « l’essor » des liens économiques entre la France et ce pays mélanésien de plus de sept millions d’habitants et qui détient aussi d’énormes gisements de ressources naturelles (pétrole, gaz naturel, or, argent, nickel).

Outre le prédominant dossier économique, le Président français a aussi abordé celui de la lutte contre le changement climatique « car c'est un territoire menacé par les dérèglements », a ajouté la Présidence dans un communiqué.
Autre sujet, moins consensuel, auquel a fait allusion le Président français : les droits humains, souvent mis à mal en Papouasie-Nouvelle-Guinée, où la police est fréquemment montrée du doigt dans des affaires de corruption et de violences.
« Le Président de la République a tenu à réaffirmer son attachement au respect des droits de l'Homme », a précisé l’Élysée.

Du point de vue papou, M. O’Neill a déclaré après cette entrevue avoir fait valoir l’intérêt grandissant de son pays pour des exportations sur le marché français, qu’il dit considérer comme une « porte d’entrée » sur le marchée européen.
Les produits concernés vont du thon en conserves aux produits agricoles et forestiers.
« De notre côté, nous pourrions devenir une porte d’entrée significative pour la France dans le Pacifique », a déclaré le chef du gouvernement papou au quotidien Post Courier.
« La distance entre nos deux pays, c’est quelque chose qui est de moins en moins pertinent, dans ce monde de communications et de transports modernes », a-t-il insisté.

Au cœur des relations franco-papoues : le projet Total

Cette rencontre à Paris intervient alors que le groupe français Total a renforcé fin mai 2016 sa position dans un énorme projet d’extraction et de production de gaz naturel liquéfié en Papouasie-Nouvelle-Guinée, sur les sites-gisements souterrains Elk et Antelope, dans la province du Golfe (île principale).

Les premiers accords de prospection ont été signés en 2012 par Total avec les entreprises Oil Search et InterOil Corporation.
Fin mai 2016, le géant français a annoncé le rachat d’une importante part d’un des partenaires majeurs dans ce projet, la société InterOil.
Cette transaction aura lieu une fois que le rachat d'InterOil par Oil Search, annoncé quasi-simultanément, aura été finalisé, pour une valeur annoncée de quelque 2,2 milliards de dollars US.
Le rachat concerne soixante pour cent des intérêts d'InterOil dans le permis PRL 15 et 62 pour cent de ses intérêts dans les autres permis d'exploration locaux.
Selon Total, ce protocole d’accord « devrait être fortement créateur de valeur pour les actionnaires d’Oil Search, d’InterOil et de Total », en permettant de « conforter l’acquisition de InterOil par Oil Search en prévoyant la cession partielle d’intérêts dans le permis PRL 15 et ainsi en dégageant des liquidités pour les actionnaires de Oil Search et d’InterOil », d’ « établir le cadre d’un partenariat aligné entre Total et Oil Search, avec des intérêts significatifs dans le projet Papua LNG, tout en permettant l’entrée éventuelle de nouveaux partenaires dans le projet, y compris des acheteurs de GNL (gaz naturel liquéfié)».

Début avril 2016, Patrick Pouyanne, PDG de Total, se trouvait en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Sa visite était alors perçue comme un signe que le groupe français entendait mener à bien la réalisation de cet énorme projet.
À l’issue d’une rencontre avec le dirigeant français, le Premier ministre papou, Peter O’Neill, avait alors précisé qu’une décision définitive de mobilisation (et des investissements initiaux de l’ordre de dix milliards de dollars US) devrait intervenir courant 2017 et que Total et ses partenaires pouvaient compter sur le soutien du gouvernement papou.
Au plan local, ce projet gazier devrait générer une dizaine de milliers d’emplois directs et induits, a ajouté M. O’Neill.

montée en puissance en Papouasie-Nouvelle-Guinée

Cet accord concerne en particulier le bloc PRL-15 en Papouasie-Nouvelle-Guinée, où ont été découverts les champs d’Elk (en 2006) et d’Antelope (en 2009).
La découverte de ces deux gisements est considérée comme l’une des plus significatives de ces dernières années pour toute la région Asie-Pacifique.

Selon les deux groupes signataires, l’objectif commun est de « poursuivre l’appréciation de ces deux découvertes tout en poursuivant l’exploration de nouvelles ressources sur ce permis. Ces travaux devraient déboucher d’ici 2016 sur une décision finale d’investissement pour le développement des champs et la construction d’une usine de GNL (gaz naturel liquéfié) à terre dans le Golfe de Papouasie ».
Total précisait en décembre 2013 qu’elle prenait une option sur les blocs d’exploration PPL-236, PPL-237 et PPL-238 dans la même zone.

Les premiers pas de Total sur le marché de la Papouasie-Nouvelle-Guinée remontent à octobre 2012, avec la signature de plusieurs accords avec la société Oil Search Limited en vue de prendre des parts dans des activités de prospection on shore et offshore.
Ces activités de prospection concernent deux concessions à hauteur de 40 pour cent et une autre à hauteur de 50 pour cent, le tout étant situé dans le Golfe de Guinée, dans des eaux atteignant jusqu’à 100 mètres de profondeur.
L’objectif annoncé par la société française, pour qui la Papouasie-Nouvelle-Guinée est une première expérience, est « d’explorer et d’évaluer les ressources de ces cinq licences situées dans des zones qui présentent un fort potentiel de découvertes de gaz ».
« Ces accords renforcent notre portefeuille d’exploration sur les thématiques des ‘foothills’ et carbonates et s’inscrivent dans la droite ligne de notre stratégie visant à asseoir notre présence dans la région Asie-Pacifique, notamment dans les secteurs du gaz et du Gaz Naturel Liquéfié », soulignait alors la société française.

Un premier projet de gaz naturel liquéfié, piloté par le géant américain ExxonMobil, est sur le point d’entrer en production.
Dans le cadre de ce projet américain, fin 2009, la société française SpieCapag (Groupe Vinci) a décroché un marché de quelque 800 million de dollars US pour la construction du gazoduc terrestre.


Potentiels d’investissement français en Papouasie-Nouvelle-Guinée

Dans la foulée d’une précédente visite à Paris, en juin 2015, le Premier ministre papou avait aussi annoncé la venue dans son pays d’une délégation économique française, pour y explorer les opportunités d’investissement et d’implantations.
M. O’Neill avait, fin juin 2015, rencontré, entre autres, le ministre français des affaires étrangères et du développement international, à l’époque Laurent Fabius.
Mais il avait aussi consacré une bonne partie de son emploi du temps à soigner l’image de destination économique pour son pays, qui fait souvent figure de dernière frontière pour les investisseurs européens.

Une foire commerciale annuelle ?

Dans la même dynamique, à l’issue de ces rencontres parisiennes, le gouvernement papou avait annoncé son intention d’organiser chaque année, à partir de l’an prochain, une foire commerciale censée assurer une meilleure visibilité à cette destination pour d’éventuels investisseurs français.
« La France est un marché porteur de forts débouchés pour nos exportations, c’est aussi pour nos produits une porte d’entrée dans l’Union Européenne. Renforcer nos liens commerciaux, c’est donc pour nous créer plus d’emplois et plus d’opportunités », avait-il déjà souligné.
M. O’Neill, à Paris, avait invité les acteurs économiques français à se rendre dans son pays pour une mission exploratoire.

Le concept d’un salon parisien est né d’un petit-déjeuner d’affaires, en mode rencontre entre M. O’Neill et une trentaine de représentants d’entreprises françaises potentiellement intéressées à investir ou à accroître leur engagement dans ce pays aux multiples ressources naturelles (or, argent, cuivre, nickel, pétrole, gaz naturel).
Ce salon est ouvertement calqué sur le modèle existant déjà entre la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Royaume-Uni.
Selon le chef de l’exécutif papou, cette manifestation, vitrine de la destination d’investissement Papouasie-Nouvelle-Guinée, pourrait se tenir en alternance à Londres et à Paris dès 2016.

pad

 

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