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Le patron du GIGN violemment taclé par ses troupes !

Publié le 14 Juillet 2016 par Loueckhote Simon in Gendarmerie

Ce vent de révolte mérite d’être souligné du fait de sa particulière rareté, la « grande muette » n’ayant pas l’habitude de voir ses membres se départir ainsi de leur obligation de réserve, surtout s’agissant de critiquer ouvertement un chef de service. D’autant que les accusations sont gravissimes.

En effet, les rédacteurs reprochent au colonel Hubert Bonneau d’être « peu courageux » et d’être un « mauvais chef », qui « perd ses moyens dans l’action ». De quoi soulever un certain malaise au sein des gendarmes de la force d’intervention, peu enclins à communiquer ouvertement sur la réalité de ces accusations, ce qui est compréhensible.

Il n’y a cependant pas de fumée sans feu, et il semblerait que deux facteurs aient pu créer une frustration suffisante pour motiver cette révolte.

La première tient au fait que le colonel Hubert Bonneau ne fait pas partie du sérail. En effet, il n’était pas membre du GIGN avant sa nomination. Une curiosité, sachant la spécificité de ce groupe et la nature de ses missions qui impliquent un savoir-faire et une connaissance très particuliers.

La seconde est directement liée à la gestion des attentats du 13 novembre 2015. En effet, alors qu’un effectif de 40 gendarmes du GIGN prêts à intervenir pendant la tuerie du Bataclan attendait de son chef qu’il en donne l’ordre, celui-ci n’est jamais venu, au motif discutable qu’il y avait un conflit de compétence territoriale.

S’il appert, à la vue des conclusions de la commission d’enquête parlementaire ad hoc, présidée par le député Georges Fenech, qu’il ne s’agit pas d’un dysfonctionnement, la question de savoir si les vies humaines doivent passer avant un problème de compétence territoriale mérite cependant d’être posée.

En effet, qui peut comprendre, alors que des civils se font massacrer, que le chef d’un groupe d’intervention parfaitement opérationnel et formé pour agir en de telles situations extrêmes attende que l’autorisation lui en soit donnée ?

La chronologie de la mise en place de la riposte reste à démontrer. Qui était prêt à intervenir les premiers : les policiers de la BRI et du RAID ou les gendarmes du GIGN ? Une question à laquelle l’enquête de la commission parlementaire ne répond pas, affirmant simplement que le nombre de policiers était suffisant et ne nécessitait pas de requérir l’IGPN.

À l’évidence, les gendarmes d’élite, eux, qui ont vécu les événements, détiennent la réponse, au point qu’ils se sentent obligés d’alerter la presse par le biais d’un courrier. Cette colère doit nécessairement être prise en compte.


 

 

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