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Michel Rocard, l’homme de toutes les contradictions

Publié le 5 Juillet 2016 par Loueckhote Simon in Politique

Publié le  dans Politique

Par la rédaction de Contrepoints.

Michel Rocard s’est éteint hier et il laissera le souvenir d’un homme plein de contradictions, ce que soulignent bien involontairement les hommages qui lui sont rendus, aussi bien que la manière dont lui-même se définissait.

« Rêveur réaliste » pour Manuel Valls, « socialiste libéral » selon lui-même, Michel Rocard était une personnalité dont les saillies verbales resteront dans les mémoires. Mais ce sont surtout ses contradictions que nous soulignerons : instigateur du RMI et de la CSG, il estimait que le RMI serait temporaire. Quant à la CSG, elle ponctionnait les Français alors que les caisses de l’État étaient pleines et est devenue depuis le premier impôt français, devant l’impôt sur le revenu.

Michel Rocard avait tiré la sonnette d’alarme à propos de l’état catastrophique des retraites dès 1991, arguant même que la réforme de 2010 n’avait fait que donner un répit sans résoudre le problème. Mais il soutenait qu’il ne fallait pas augmenter l’âge de départ à la retraite.

Auteur de la célèbre phrase : « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde »1, il était aussi un défenseur de l’Union Européenne, notamment de l’entrée de la Turquie dans l’Union.

Remplacé au poste de Premier ministre par Édith Cresson, il défendra l’idée que le Parti Socialiste devait être rénové (le fameux « big bang » du PS, autre célèbre saillie). Il soutiendra cette idée en allant jusqu’à critiquer le mouvement « Nouveau Parti Socialiste » d’Arnaud Montebourg ; très critique aussi vis-à-vis du mouvement ATTAC, il le qualifie de « monument de bêtise économique et politique ». Dans l’une de ses dernières interviews, il fustigeait la gauche française : « Dans toute l’Europe, la gauche française est celle qui a été la plus marquée par le marxisme (…) On peut admettre que la pensée politique marxiste, ou ce qu’il en reste, est rétrograde ».

Michel Rocard était un admirateur du système économique de la Yougoslavie dans les années 702, et avait pourtant impulsé dans les années 80 la traduction en français des ouvrages de… Hayek ! C’est dire à quel point l’homme était plein de contradictions.

 
  1. La phrase complète était : « La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre fidèlement sa part ».

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  2. « La performance économique de la Yougoslavie autogestionnaire est en termes globaux une des plus remarquables du monde entier » écrit-il dans la préface de L’autogestion à l’épreuve, de Milojko Drulovic, en 1973.

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