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Réduire le temps de travail pour réduire le chômage ? La proposition absurde de la CGT

Publié le 13 Juillet 2016 par Loueckhote Simon in Travail et emploi

Publié le  dans Travail & emploi

Par Philbert Carbon.
Un article de l’Iref-Europe

Réduire le temps de travail pour réduire le chômage ? La proposition absurde de la CGT

 

Holcman, Delalande et Lelièvre1 estiment que le passage de 40 à 39 heures de travail en 1983 a permis de créer 70 000 emplois. Un chiffre largement plus élevé que celui de Marchand, Rault et Turpin2 qui est compris entre 14 000 et 28 000.

S’agissant du passage de 39 heures à 35 heures en 1998 et 2000, les estimations sont plus resserrées, du moins chez les promoteurs de la réforme. Martine Aubry elle-même chiffre les créations d’emplois à 400 000, soit moins que l’IRES (Institut de recherches économiques et sociales) qui les estime à 500 000. L’INSEE, comme la DARES (service statistique du ministère du Travail), évoquent 350 000 emplois créés.

Christian Gianella3, économiste à l’OCDE, reconnaît que des emplois ont été créés entre 1998 et 2001, mais que le bilan réel des lois Aubry est la destruction d’emplois, à cause du coût du financement des allègements de charges et des effets de l’augmentation du Smic horaire.

La CGT fait fi de ces travaux et adopte le chiffre officiel de l’INSEE de 350 000 emplois créés.

On remarque ainsi que le passage de 39 à 35 heures a permis de créer 87 500 emplois par heure de travail en moins. Un rendement plus important que lorsque le temps de travail a été réduit d’une seule heure en 1983.

La centrale syndicale de Montreuil a donc fait une formidable découverte : plus on réduit le temps de travail, plus l’heure de travail en moins crée d’emplois.

La CGT soutient, par ailleurs que les 35 heures sont mal appliquées. Il existe des heures supplémentaires, des salariés qui sont en forfait-jours annuels et qui dépassent allègrement le plafond, etc. Si les 35 heures étaient vraiment appliquées uniformément partout, sans dérogations d’aucune sorte, on pourrait créer 2 millions d’emplois supplémentaires.

Ainsi le passage réel de 39 à 35 heures permettrait de créer, non plus les 350 000 emplois officiels, mais donc 2 350 000. Cela augmente considérablement le rendement de l’heure de travail en moins qui passe à 587 500.

Forte de tous ces travaux qui font progresser la science économique, la CGT préconise donc le passage aux 32 heures afin de créer 2 millions d’emplois supplémentaires. Comme vous le remarquerez immédiatement, le rendement de l’heure de travail en moins augmente encore pour atteindre 666 667 emplois. La formidable découverte de la CGT est donc vérifiée.

Mais alors pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

Démonstration par l’absurde du danger du partage du travail

Le nombre de demandeurs d’emplois en France est aujourd’hui officiellement de 6 484 200. Les mesures cégétistes, en créant 4 millions d’emplois, réduisent ce nombre à 2 484 200. Faisons donc un effort supplémentaire et réduisons encore de temps de travail de 3h. Avec un temps de travail de 28h par semaine, la question du chômage est définitivement réglée.

Bien évidemment, la situation de plein emploi que connaîtrait alors la France ne manquera pas d’attirer à nous les demandeurs d’emplois des pays voisins. Il y a même fort à parier que tout ce que l’Europe compte de chômeurs va rejoindre notre eldorado.

Il faut donc continuer de réduire le temps de travail. L’Union européenne compte aujourd’hui près de 22 millions de demandeurs d’emplois. La France n’en ayant plus après l’instauration des 28h de travail, il reste donc environ 15,5 millions de personnes sans travail. En passant à 5 heures de travail hebdomadaire, nous pourrions ainsi résoudre le problème du chômage européen. Et en le réduisant encore de 5 heures, nous pourrions encore créer près de 3,5 millions d’emplois pour d’éventuels réfugiés ou migrants.

Amis lecteurs qui allez peut-être partir bientôt en vacances, vous avez compris la bonne nouvelle. Ne revenez pas, restez définitivement en villégiature. Vous contribuerez ainsi à supprimer le chômage.

Continuez cependant à vous informer auprès de l’IREF. Nos chercheurs ont, en effet, décidé de continuer à travailler afin de faire des propositions, sérieuses celles-ci, pour une véritable prospérité économique.

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