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Pourquoi Juppé sera probablement élu Président en 2017

Publié le 28 Août 2016 par Loueckhote Simon in Politique

Par Elie Arié, chevènementiste et cardiologue dans Marianne
Ayant longtemps pensé que personne ne pourrait empêcher la réélection de
Sarkozy en 2017, j’ai changé d’avis après avoir regardé hier soir Alain Juppé sur France 2, dans l’émission «  Des paroles et des actes » qu’on peut voir ou revoir 
.

J'ai le sentiment  qu’il a su remarquablement bien positionner son image par rapport à celles de Sarkozy et de Fillon  : de même que Fillon, par la brutalité inquiétante  de ses mesures annoncées, sert de faire-valoir à Sarkozy, Juppé manœuvre très bien pour  que Sarkozy, à son tour, lui serve aussi  de faire-valoir .
Précisons que nous ne parlons ici que d’image : les trois candidats potentiels de l’ UMP à la Présidence de la République ( Fillon, Sarkozy, Juppé)  appliqueront à peu près le même programme.
Comment Juppé a-t-il construit cette « image comparative » qui lui est si favorable ?

  •  Il s’est positionné en «  homme d’expérience » , retournant ainsi en sa faveur l’argument de son trop grand âge , notamment en mettant en avant sa réussite indiscutable en tant que maire de Bordeaux, en particulier dans le domaine social  ( ce dont Sarkozy peut difficilement se prévaloir  pour son action à Neuilly…) ;

 

  •  Il est apparu calme et ayant un cap très clair pour la totalité de son quinquennat, contrastant ainsi avec les images stressantes  aussi bien d’un « Sarkozy agité du bocal » dont on se demandait chaque jour de quelle nouvelle fantaisie il allait s’enticher  pour l’oublier le lendemain,  que d’un Hollande irrésolu ayant erré pendant deux ans pour définir enfin sa ligne ; cette image à la fois déterminée et rassurante me semble capitale dans la période si anxiogène et pessimiste que les Français vivent actuellement ;

 

  •  Il a fait preuve de beaucoup d’humour , y inclus à son propre égard, très différent des « petites blagues » de Hollande ; or,  l’humour , dont Sarkozy et Fillon sont totalement incapables ,  est toujours un signe de sérénité, et, aussi, un élément contribuant à la dédramatisation ; même son sourire était chaleureux, bien différent du sourire carnassier de Sarkozy, ou de l’absence de tout sourire d’un Fillon donnant l’impression que, s’il venait à être élu, nous n’allions pas rigoler ;

 

  • Politiquement, il s’est très nettement adressé à  l’électorat centriste, voire à celui des déçus du hollandisme, tournant le dos à celui du Front National, dont les succès actuels ne reposent que sur un sentiment fragile, négatif  et facilement réversible pour peu qu’on lui oppose une ligne jugée crédible :  celui du désespoir ;

 

  •  Il s’est humanisé (cassant son image de « technocrate froid») ,  admettant très  clairement et sans se chercher d’excuses certaines  erreurs qu’il avait commises dans le passé en tant que Premier Ministre ( d’où, à nouveau, l’atout  de l’expérience : «  c’est en tirant les leçons de nos erreurs que nous nous améliorons ») , ce dont sont incapables aussi bien Sarkozy ( « si j’ai commis des erreurs, c’est parce que je voulais trop bien faire » - on aurait donc mauvaise grâce à les lui reprocher) que Fillon ( «  j’ai été cinq ans Premier Ministre de Sarkozy, mais les erreurs, c’est lui, ce n’est pas moi ! En fait, j’étais antisarkozyste… » ;

 

  •  Il a eu l’intelligence de parler le premier, avant que cette critique ne lui soit lancée,  de sacondamnation par les tribunaux en tant que trésorier de l’ UMP (dont personne ne lui tient rigueur, car tous les trésoriers des partis politiques ont subi les mêmes condamnations et ont porté le chapeau pour l’ensemble du parti : Emmanuelli pour le PS, Thomas pour l’ UDF), alors que Sarkozy s’enferre dans le si peu crédible «  Je n’avais jamais entendu parler de Bygmalion, qui a illégalement financé ma campagne électorale » .

 

En résumé : une image d’assurance, de détermination, de projet clair , de réformes nécessaires mais étalées sur cinq ans pour ne pas être douloureuses, d’un homme ayant fait ses preuves, à la fois humain , très compétent, et sans faiblesses envers le Front National : bien plus efficace que celle de l’imprévisible Sarkozy, ou de l’austère  Fillon, sorte de Calvin  qui entend nous punir de nos erreurs passées.

Je répète que je ne parle ici que d’image , pas de programme : mais il est difficile de minimiser le rôle important (et sans doute, même, déterminant) que joue  l’image dans l’élection du Président de la République au suffrage universel direct. Et, si on pense qui ni un socialiste ni Marine Le Pen ne seront élus en 2017, Juppé me semble aujourd’hui le mieux placé pour l’emporter.

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