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Vente de Rafale à l’Inde : la France vers une nouvelle année de records de ventes d’armement

Publié le 23 Septembre 2016 par Loueckhote Simon in Industrie, défense

Après une année 2015 déjà florissante pour l’industrie française, New Delhi a signé vendredi un contrat pour l’achat de 36 avions de combat, pour un montant de 8 milliards d’euros.

LE MONDE | 23.09.2016


Un Rafale atterrit sur le porte-avions « Charles-de-Gaulle », le 23 novembre 2015.
ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP


Les négociations duraient depuis la signature, le 25 janvier, d’un accord politique entre l’Inde et la France.

Vendredi 23 septembre, l’Inde a finalement officialisé l’achat de trente-six Rafale à la France, pour environ 8 milliards d’euros.

Un succès pour Dassault Aviation, mais aussi pour la France, dont le solde commercial vis-à-vis de l’Inde devient excédentaire grâce à ce contrat.

Il s’agit du plus cher contrat jamais décroché par l’aéronautique militaire française, annonçant une année florissante pour l’industrie de l’armement.


2016, une année record pour les exportations d’armes françaises ?

En avril, la décision de l’Australie de commander douze sous-marins au français DCNS avait déjà été qualifiée de « choix historique » par François Hollande.

Le contrat, estimé à 34,3 milliards d’euros, était le plus important contrat de défense jamais signé avec l’Australie.

Sur ces 34,3 milliards d’euros, la part destinée aux industriels français était du même ordre de grandeur que celui passé avec l’Inde vendredi (8 milliards d’euros, l’autre partie étant réinvestie en Australie).

Bien que l’année 2016 ne soit pas encore arrivée à son terme, la valeur de ces deux contrats atteint presque la valeur totale des contrats signés en 2015 (16,92 milliards d’euros), une année déjà record pour l’industrie de l’armement en France.



Les bons chiffres de l’année 2015 soutenus par les ventes de Rafale à des pays du Proche et du Moyen-Orient

Si l’année 2016 est marquée par des exportations d’armes à destination de l’Asie, l’année 2015 le fut par une écrasante majorité (75 %) d’exportations à destination du Proche-Orient et du Moyen-Orient.

Prises de commande en 2015 en millions d'euros pour les quinze plus gros acheteurs d'armement français :



Une croissance principalement liée au Rafale, dont le premier contrat à l’export a été signé en février 2015.

L’Egypte avait alors acheté vingt-quatre Rafale, une frégate et des missiles de courte et de moyenne portée pour 5,2 milliards d’euros.

En mai 2015, c’était au tour du Qatar de commander vingt-quatre Rafale, pour 6,3 milliards d’euros.

Un contrat controversé, l’émirat ayant mis comme condition à la signature du contrat l’obtention de droits de trafic supplémentaires vers la France pour Qatar Airways.

La contrepartie, démentie par François Hollande, avait suscité beaucoup d’inquiétude à Air France.

Le Syndicat national de pilotes de ligne d’Air France, avait ainsi dénoncé « la concurrence déloyale des compagnies du Golfe, qui touchent de la part de leur gouvernement des subventions colossales, estimées à plus de 40 milliards de dollars ces dernières années ».


Des armes françaises des deux côtés de la ligne de front

En 2015, certaines ventes concernaient des belligérants s’opposant ouvertement.

La France a ainsi vendu pour 412 millions d’euros des armes à l’Inde et pour 83,3 millions d’euros d’armes au Pakistan, deux pays qui se disputent le Cachemire depuis leur indépendance, en 1947.

La signature du contrat vendredi entre Paris et New Delhi se fait d’ailleurs alors qu’une base militaire indienne à la frontière du Pakistan a subi le 18 septembre l’une des attaques les plus meurtrières depuis des années.

Si les ventes d’armes à la Russie ont significativement baissé depuis l’invasion de la Crimée, Paris déclare tout de même 1,2 million d’euros d’armements vendus à Moscou en 2015, malgré l’embargo européen sur la vente d’armes, décidé en juillet 2014.


La majorité des armes destinées à l’armée libanaise, elle, n’ira pas rejoindre le front syrien.

L’Arabie saoudite, qui avait signé le 4 novembre 2014 un contrat de livraison d’armes françaises de 2,8 milliards d’euros au profit du Liban, a décidé en mars de récupérer le reste de l’équipement militaire destiné à Beyrouth.

Laura Motet
Journaliste au Monde

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