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Armée française : le cauchemar d’un scénario à l’anglaise

Publié le 27 Décembre 2016 par Loueckhote Simon in Géopolitique et défense

Les craintes de décrochage exprimées mercredi 21 décembre par le chef d’état-major sont étayées par la grave crise que connaît la défense britannique.

LE MONDE | 22.12.2016

« Cela ne fera aucun bruit, nous allons connaître le même effondrement que l’armée britannique ces dernières années », assurent les généraux français.

Derrière la vitrine, avec un effort qui atteint les 2 % du PIB requis par l’OTAN, la défense du Royaume-Uni peine à se relever d’une grave crise.

Après avoir été salué pour son pragmatisme en matière militaire, le meilleur allié de la France fait office de repoussoir.

Pour tenir son engagement très intense en Irak et en Afghanistan, entre 2003 et 2008, l’armée britannique a épuisé ses hommes et ses matériels.

Les sévères coupes budgétaires qui ont suivi l’ont terrassée : abandon des porte-avions pendant dix ans, renoncement à toute capacité de patrouille maritime (ce qui oblige le pays à solliciter ses alliés pour protéger ses côtes des sous-marins russes), réduction des flottes de frégates et de bombardiers…

Les conservateurs au gouvernement ont aussi assumé un arrêt brutal du recrutement : « Un suicide », commente-t-on à Paris.

Des centaines de techniciens américains ont été appelées en renfort pour achever les nouveaux sous-marins de la flotte.

Et des mécaniciens français comblent des postes vacants sur des frégates anglaises.
 

« Cynisme politique »

« Ni le territoire du Royaume-Uni ni une force déployée ne pourraient être protégés d’un effort aérien russe concerté », a déploré Sir Richard Barrons, tout juste retraité de l’état-major, dans le Financial Times le 16 septembre.

Même constat à terre, et en mer, où « des moyens-clés comme les radars ou les stocks de missiles sont déficients ».

Des officiers français évoquent à ce sujet « un cynisme politique qui consiste à consommer un capital sans souci du lendemain ».

Retrouver ses forces prend plusieurs décennies.

Incapacité de mener de front interventions extérieures et protection du territoire national, problèmes d’entretien et accidents en cascade, poids devenu exorbitant des grands programmes, nucléaire et porte-avions : tel est le cauchemar partagé des deux côtés de la Manche.

Nathalie Guibert
Correspondante défense

 
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