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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Municipales 2008: Simon LOUECKHOTE répond à vos préoccupations

Publié le 28 Février 2008 par Loueckhote Simon in Politique

  • A l’image de nombreuses grandes villes, les rues du centre de Nouméa ont vu s’installer des SDF tout au long de ces dernières années. Quelles réponses faut-il apporter à cette situation relativement nouvelle pour nous ?
 
L’effectif de la population de personnes sans domicile fixe sur la commune de Nouméa est en hausse constante et s’élève actuellement à près de 300 individus ; on observe également un phénomène de regroupement des jeunes en situation de déshérence, tant au Quartier Latin que rue Galliéni.
Les SDF, les mal logés, les jeunes marginaux, peu importe au fond la sémantique, ne sont pas différents de nous. Ils ne vivent pas dans un autre monde. Ils ont conscience qu’un loyer, ça se paie, qu’un appartement, ça s’entretient. Il faut leur proposer des solutions durables de logement et de réinsertion sociale et professionnelle. En un mot, un accompagnement social adapté, à la hauteur des enjeux et qui leur donne envie de retrouver une place dans la société.
Le traitement de ce problème doit se faire selon deux axes :
  • la réponse d’urgence, notamment quand il y a trouble à l’ordre public et danger sanitaire, avec la mise en place d’une unité de type SAMU social en liaison avec la police municipale, les services sociaux et la Croix Rouge ;
  • à plus long terme, une politique ambitieuse de prise en charge de cette population. Pour traiter ce problème spécifique, il faut des moyens spécifiques. Il faut progressivement resocialiser ces personnes, leur donner accès à l’emploi, à une couverture sociale, à un logement. Leur réinsertion peut nécessiter une prise en charge dans des structures adaptées en dehors de la ville.
L’ensemble des acteurs institutionnels doit être sensibilisé à ce phénomène et à la définition des mesures appropriées.
 
 
  • La petite délinquance de type vols à la tire, dégradations en tous genres, tapages nocturnes, ivrognerie touche plus ou moins l’ensemble des quartiers. Faut-il éduquer ou réprimer ?
 
Le développement des incivilités m’interpelle particulièrement, car la qualité de vie est au cœur de la démarche de notre liste. Prenons le phénomène des tags, véritable lèpre urbaine dans certains quartiers. C’est la manifestation d’un rejet, une forme de révolte. Le tag est le marquage d’un territoire, d’une zone par un individu ou plus souvent par une bande.
Nous devons ouvrir le dialogue avec les jeunes qui se sentent marginalisés et leur donner la possibilité de trouver leur voie.
Nous devons davantage nous appuyer sur les associations qui existent pour mieux les approcher et mieux les comprendre. Ces associations doivent être considérées comme des partenaires à part entière.
Les hommes et les femmes qui s’occupent de ces associations sont des bénévoles. Je propose de créer un statut spécifique pour ces personnes, qui se verraient ainsi reconnues et valorisées.
D’autres types d’incivilités dans la rue, dans les lieux publics, au sein des cités, pourraient être gérés, à terme, par des agents de proximité tels que des agents de citoyenneté, des correspondants de quartier, des médiateurs.
Mais la lutte contre la petite délinquance exige une volonté politique bien affirmée et des moyens adéquats. La ville doit renforcer les effectifs de la Police Municipale et veiller à sa réorganisation afin de la rendre plus opérationnelle. Je propose également que Nouméa soit équipée de caméras de surveillance afin de faciliter le contrôle des lieux publics et des quartiers sensibles.
 
  • En 2007, une série de mouvements sociaux a gravement perturbé l’enlèvement des ordures ménagères et à chaque fois, une somme forfaitaire infime a été défalquée des factures trimestrielles des abonnés. Quelle est la marge de manœuvre de la ville pour obliger le prestataire à assumer ses responsabilités ?
 
La grève est un droit et la salubrité publique un devoir, pour la mairie. Je propose que des agents municipaux, recrutés sur la base du volontariat au sein des services municipaux, soient affectés au ramassage des ordures. « Un appel citoyen » pourrait aussi être lancé aux Nouméens, lorsque les circonstances l’exigeront, pour le ramassage des ordures. Enfin, le Maire a un pouvoir de réquisition. Je propose que dans certaines circonstances, il en use. Les horaires de ramassage sont aussi à revoir. Dans la journée, il engendre des perturbations non négligeables pour la circulation alors qu’un ramassage de nuit, en vigueur dans la plupart des grandes villes, contribuerait sans conteste à l’amélioration du trafic, notamment au centre ville.
 
 
  • Les squats semblent avoir encore de beaux jours devant eux malgré les séries de promesses et les belles paroles dont nous ont gratifié les responsables politiques.
 
L’habitat précaire : voilà le type de problème complexe qui ne pourra être résolu qu’en fédérant toutes les énergies et toutes les bonnes volontés ; il y a fort à parier, d’ailleurs, qu’il y aura demain autant de squats à la périphérie de la zone de développement VKP créée par l’usine du nord qu’à Nouméa.
L’occupation du sol dans la ville, strictement dictée par la recherche du profit maximum, est devenue insupportable. La pression démographique soutient la demande, favorise l’offre et suscite la spéculation qui fait le bonheur des promoteurs mais s’oppose aux projets de logement des jeunes et des foyers les plus modestes.
La solution passe par un transfert de population. Mais ce transfert doit être rendu attractif par toute une série de mesures incitatives, faute de quoi il restera lettre morte.
Il faut également convenir que la politique de logements aidés aboutit à mettre sur le marché des appartements qui ne sont pas du tout adaptés au mode de vie océanien : ils semblent davantage conçus pour donner bonne conscience aux responsables de ces programmes que pour aider à résorber l’habitat précaire.
Je propose de déclarer le logement « priorité territoriale ». Que des moyens conséquents et adaptés lui soient consacrés. Que la politique du chiffre laisse la place à une vraie politique du logement basée sur la solidarité et la prise en compte des réalités des populations concernées.
 
 
  • Quels sont vos engagements en matière de protection de l’environnement ?
 
La prise de conscience de nos compatriotes en matière environnementale est récente mais bien réelle et, en Nouvelle-Calédonie, les « vérités qui dérangent » ne manquent pas : poussières de nickel dans lesquelles baigne la ville dès qu’il y a du vent d’ouest, schéma d’assainissement qui a pris un retard considérable, sans parler des différents projets industriels qui auront forcément un impact sur la ville et ses habitants.
Le projet de classement du récif au patrimoine mondial de l’humanité va dans le bon sens, mais cet acte symbolique, ce message positif qu’on envoie à la fois en direction de la population et des visiteurs, doit trouver un écho dans la protection de notre île et de son environnement au quotidien.
La ville de Nouméa doit devenir rapidement une référence en matière environnementale et engager, à titre prioritaire, un vaste programme prenant en compte tous les quartiers : celui-ci comprendra la mise en place du tri sélectif, un assainissement digne de ce nom, l’entretien régulier des plages et autres lieux publics, la sensibilisation et l’éducation des plus jeunes à la lutte contre le gaspillage et la pollution et le suivi de la qualité de l’air respiré par les Nouméens.
 
  • L’amélioration de la circulation et du stationnement, le développement des transports en commun, l’ouverture de nouvelles pistes cyclables, toutes ces idées vous semblent-elles possibles à mettre en œuvre dans une ville comme Nouméa ?
 
La densité de la circulation routière en ville est devenue problématique et aucune des initiatives prises jusqu’à présent pour son amélioration n’est convaincante.
Les aménagements effectués dans certains quartiers pour faciliter la fluidité du trafic tout en préservant la sécurité des automobilistes ne tiennent pas compte de la dimension des bus.
Je propose de privilégier des bus écologiques, respectueux de l’environnement, de plus petite taille et d’augmenter leur nombre, afin de satisfaire les besoins des usagers.
Je propose que la Ville de Nouméa équipe son parc automobile de véhicules propres. Elle donnera ainsi l’exemple.
Je propose de réaliser davantage de pistes cyclables et de promouvoir l’usage des deux roues.
 
 
  • Quels sont vos projets pour la zone industrielle de Ducos ?
 
La zone industrielle de Ducos est le poumon économique de la ville de Nouméa. Elle est une enclave qui n’appartient pas à la ville mais à la Province sud : elle en a la responsabilité, la jouissance et la propriété.
J’estime que dans le cadre d’un plan vertueux de développement économique, la ville devrait, avant toute chose, clarifier le statut de Ducos, notamment la propriété de ses différentes rues et axes routiers et entamer un programme pluriannuel de mise aux normes des rejets provenant des activités artisanales et industrielles. L’assainissement de toute cette zone serait l’une de nos priorités pour la mandature 2008-2014.
 
 
  • Un commentaire sur la ZAC Ferry ?
 
Le projet actuel d’aménagement du front de mer, du Vallon du Gaz jusqu’à Nouville, ne porte aucune marque identitaire qui puisse l’ancrer de façon forte dans son environnement Pacifique. Ce cordon côtier devrait pourtant être un lieu de vie convivial et propice aux échanges interculturels. Tournée vers le large, cette façade maritime devrait symboliser l’ouverture de la ville et du pays vers les autres, car Nouméa a toujours été une terre d’accueil.
La ZAC Ferry doit intégrer l’ouverture vers la mer du centre ville.
Je propose qu’une touche océanienne soit donnée à cet ensemble et que des activités artisanales soient mises en place pour faire vivre ce lieu.
 
 
  • Quelle place réservez-vous à la culture et à la vie associative dans votre projet politique pour Nouméa ?
 
Nouméa, la capitale française du Pacifique attire de plus en plus d’intellectuels, de chercheurs, d’artistes d’horizons divers. Elle est devenue « Ville des lumières ». Je propose que la Mairie se dote d’une vraie politique culturelle qui favorisera l’émergence et la promotion de jeunes talents. Pour l’accueil de manifestations d’envergure, de portée internationale, la réalisation d’un Palais des Congrès moderne s’impose.
 
L’espace et le temps sont deux éléments essentiels dans l’organisation de la vie des communautés océaniennes. La ville de Nouméa reflète la conception occidentale du mode de vie et, de fait, les communautés océaniennes doivent s’adapter à cette organisation qui n’est pas la leur et dans laquelle elles ont quelquefois du mal à trouver leur place.
Notre liste propose que la commune réalise un espace dédié aux cérémonies traditionnelles et aux grandes rencontres culturelles.
 
Quant aux associations sportives et culturelles, elles n’ont pas de lieu qui leur soit spécialement dédié pour y tenir leurs réunions ou tout simplement pour se rencontrer. Nous proposons de construire une maison des associations moderne et pratique qui soit un lieu d’échanges entre les bénévoles et un lieu de transmission du savoir. Le réseau associatif recèle de véritables pépites d’énergie et d’intelligence, nous devons savoir le valoriser et en faire profiter l’ensemble de la population.
Il est temps de reconnaître les femmes et les hommes qui travaillent et qui font vivre les associations souvent dans l’anonymat. Nous proposons de créer le statut du bénévole.
 
 
  • Le refus de l’exclusion est l’un des principes fondateurs du RPC, car l’exclusion est, dites-vous, synonyme de déséquilibre, de déchirure et de blessure. Comment ces nobles principes se traduiront-ils dans votre gestion de la ville ?
 
Quand je pense solidarité, je pense, entre autres, à nos vieux, aux jeunes couples qui essaient de surmonter les difficultés de l’existence et aux personnes qui souffrent d’un handicap.
Nos anciens méritent considération et respect et la ville se doit de leur offrir les meilleurs services possibles. Pour l’heure, les rares établissements pour personnes âgées sont privés et les prix qu’ils pratiquent sont prohibitifs. La commune doit favoriser la construction de centres d’accueil et de centres médicalisés afin que la population senior bénéficie de l’offre de service à laquelle elle a droit.
Côté crèches et garderies, Nouméa accuse un retard dont, une fois encore, les familles les plus modestes sont les victimes directes. La ville doit faciliter la création de structures d’accueil de qualité afin d’aider les jeunes couples à mener de front vie professionnelle et vie de famille.
L’accompagnement des personnes handicapées doit également faire l’objet d’une réflexion au niveau de la ville de Nouméa, quelques mois après la tenue des états généraux qui ont ouvert la voie à une évolution des mentalités et des pratiques. Parler du handicap, ce n’est pas faire appel à la pitié ou à la charité : le handicap est une manifestation ordinaire de notre condition humaine et la personne en situation de handicap appartient de plein droit à la cité.
Si chacun convient qu’il est temps de jeter ensemble les bases d’une société calédonienne de justice, de respect et de solidarité, comment la ville de Nouméa pourrait-elle ne pas être au cœur de ce grand défi ?
 
 
  • Pensez-vous que la ville de Nouméa aura les moyens de réaliser tous les projets dont vous avez parlé ?
 
C’est effectivement là que se situe le problème. La Ville de Nouméa n’a pas les moyens de sa politique. Savez-vous que le budget de la Commune de Nouméa est de 19 milliards pour 120 000 habitants, c'est-à-dire la moitié de la population de la Nouvelle-Calédonie, et que celui de la Province des Iles est de 17 milliards pour 22 000 habitants ? Il y a structurellement un déséquilibre.
La Ville de Nouméa doit faire de l’assainissement, assurer la sécurité de la population, construire des écoles, créer des parcs, des aires de jeux et des crèches pour les enfants, construire des centres pour personnes âgées et handicapées, organiser les transports en commun, entretenir les routes et veiller à la fluidité de la circulation … et c’est tout naturellement, que les citoyens exigent davantage d’elle car elle est là pour ça.
Pour autant, ses finances ne lui permettent pas de satisfaire toutes ses ambitions. Le mode de répartition des fonds de la Nouvelle-Calédonie n’est pas à son avantage. Sa vocation de capitale française du Pacifique lui donne une stature qui commande que lui soient attribués des moyens exceptionnels. Je m’engage à trouver des moyens supplémentaires pour la ville de Nouméa.
 
Dans quelques années, nous allons rentrer dans une période d’instabilité statutaire, faite d’incertitude et de doute. La ville de Nouméa, poumon économique de la Nouvelle-Calédonie, doit pouvoir intervenir dans les discussions à l’aune du poids démographique et économique qu’elle représente, à l’échelle de la Nouvelle-Calédonie.
Sur le plan institutionnel, elle doit être en mesure de peser sur les grandes décisions concernant le pays. Je propose qu’elle soit un partenaire incontournable des autres collectivités et qu’elle dispose d’un droit de s’opposer aux décisions concernant son territoire, qui seraient contraires à l’intérêt de ses administrés. C’est pour cela que je propose d’ouvrir une réflexion sur la possibilité de donner un autre statut à la ville de Nouméa. Cette évolution doit s’inscrire dans l’évolution statutaire de la Nouvelle-Calédonie.
 
 
 
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