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La politique bride la bande FM

Publié le 21 Août 2008 par Loueckhote Simon in Presse - Communiqués - Allocutions

Aujourd’hui, tous les partis politiques, sauf le Rassemblement, réclament le déverrouillage des ondes radio. Mais la prochaine loi sur l’Outre-Mer prévoit de prolonger le gel jusqu’en 2012. Si la loi ne change pas, seul le CSA pourrait prendre cette décision, qu’il repousse depuis 1988. Les enjeux de l’ouverture de la bande FM sont d’abord politiques.

Est-il possible de faire de la radio, et rien que de la radio, en Nouvelle-Calédonie ?
Non, vient de répondre le gouvernement français, dans son projet de loi pour le développement économique de l’Outre-Mer (1), présenté au conseil des ministres, fin juillet. Le ministère a pris le soin d’y glisser trois lignes figeant la bande FM jusqu’en 2012, alors qu’un appel à candidatures était prévu l’an prochain. Il motive sa décision par « la perspective des élections provinciales de 2009 », estimant que de nouvelles fréquences pourraient être utilisées politiquement.
Jusqu’à récemment, les signataires de l’accord de Nouméa étaient sur la même longueur d’onde. Le FLNKS et le Rassemblement considéraient que de nouvelles voix menaceraient l’équilibre des forces, malgré l’éclatement successif des deux camps. Ils l’ont affirmé à chaque comité des signataires, y compris en décembre 2007 : la radio, c’est d’abord de la politique.
Mais la donne a changé. Le 25 juin, au Congrès, le front indépendantiste a rejoint la coalition des « pro-ouverture » (Avenir ensemble, FN, RPC). Un avis a été officiellement adressé au CSA, la seule autorité en la matière, pour lui en faire part.
« Même si la question de l’équilibre politique se pose toujours, nous sommes pour la liberté d’expression », explique l’élu provincial Charles Pidjot. Du coup, le Rassemblement se trouve désormais seul à défendre ouvertement l’héritage audiovisuel des accords de 1988.

Philippe Michel : « L’excuse de l’équilibre politique n’existe plus »

« Nous ne sommes pas défavorables à la liberté d’expression, précise le secrétaire général du parti, Éric Gay. Mais c’est un autre débat. Notre position, c’est que le comité des signataires a décidé, à l’unanimité, de figer le paysage jusqu’en 2012, pour maintenir l’équilibre. On se posera la question après. »
Sauf qu’avant, il y aura les provinciales. Et que les autres partis, des deux côtés de l’échiquier, estiment ne pas avoir un libre accès aux ondes. Pour l’Avenir ensemble ou encore le Mouvement de la diversité, de Simon Loueckhote, la bande FM est clairement un terrain de propagande politique.
« Je sais de quoi je vous parle, assure le sénateur. Lorsque le parti a un message à faire passer, la radio va le relayer, encore et encore, quitte à faire du matraquage, je dirais même du lavage de cerveau. Autrefois, le contexte s’y prêtait. Aujourd’hui, le citoyen a besoin d’informations variées pour faire ses choix. »
« L’excuse de l’équilibre politique n’existe plus : si le FLNKS et le Rassemblement étaient les deux seules institutions représentatives, l’Avenir Ensemble n’aurait pas gagné les élections de 2004 », renchérit Philippe Michel, élu Avenir ensemble.
Si les parlementaires ne retouchent pas la loi-programme avant son vote définitif, prévu au printemps austral, seul le CSA (2) pourra prendre l’initiative d’ouvrir les ondes. Mais il pourrait être tenté de s’en laver les mains en attendant le transfert de la compétence, possible dès 2009 (3). Le Congrès nouvellement élu pourrait alors fixer ses propres règles et critères.
Vous avez dit politique ?

Article Les Nouvelles Calédoniennes du 18-08-2008

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