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Tué au combat en Afghanistan

Publié le 21 Août 2008 par Loueckhote Simon in Divers


Mélam et sa tante Madame Loueckhote


Un jeune Calédonien, originaire d’Ouvéa, fait partie des dix soldats français tués au cours d’une embuscade en Afghanistan. Un hommage national aux dix jeunes gens doit avoir lieu ce soir à Paris. Ensuite, la dépouille de Melam Baouma sera rapatriée en Calédonie puis à Ouvéa. Il était jeune, il rêvait d’aventure. Il a troqué le look rasta contre la coupe soldat. Pour Maurice Melam Baouma, 22 ans, originaire de la tribu de Banutr à Ouvéa, le voyage s’est terminé brutalement. Dans un pays d’enfer où, vingt ans après les Soviétiques, c’est l’Occident qui tente de répandre ses valeurs, de lutter contre le terrorisme et l’obscurantisme des Talibans. Melam Baouma fait partie des dix soldats français tués lundi et mardi lors d’une embuscade au détour d’une route de montagne à 2000 mètres d’altitude en Afghanistan. « Mort au champ d’honneur » comme le veut l’expression. Il aura droit à un hommage national, sans doute aujourd’hui aux Invalides, à Paris. Puis sa dépouille sera rapatriée à Nouméa d’abord, à Ouvéa ensuite, selon le vœu de la famille. Le père de Melam, Banabas Baouma, est un collaborateur et un proche parent du sénateur Simon Loueckhote. Hier à Ouvéa, lui et son épouse cherchaient un avion pour rejoindre leurs quatre autres enfants, tous étudiants ou travaillant à Nouméa, et se serrer les uns contre les autres. Que faire d’autre quand l’injustice et la douleur frappent aussi brutalement une famille et une fratrie ? Ils n’ont pu partir que ce matin. Mais hier, tout le clan s’est rassemblé autour du couple pour le soutenir. « Melam est resté à Ouvéa jusqu’à la fin de sa troisième », raconte son père d’une voix éteinte. « Puis il est allé à Nouméa, au lycée Jules-Garnier, suivre un BEP de mécanique. Ensuite, il est revenu sur son île et a fait différents petits boulots, jusqu’à ce qu’il s’engage en septembre dernier dans l’armée. » Après une série de tests effectués aux FANC, le jeune Melam est très vite affecté au Régiment de marche du Tchad, à Noyon en région parisienne. « Il nous a dit qu’il ne fallait plus qu’on l’appelle, parce qu’il partait en mission » « C’était sa première année d’armée. L’Afghanistan était sa première mission. J’ai du mal à comprendre qu’on envoie des soldats aussi peu expérimentés dans des zones aussi dangereuses », déplore Simon, son frère aîné. « Quand il s’est engagé, c’était pour faire de la mécanique. On était loin d’imaginer qu’il y laisserait la vie onze mois plus tard. La dernière fois qu’il a appelé, c’était ce week-end, pour l’un de nos frères qui partait faire ses études au Canada. Il voulait l’encourager. Il nous a dit qu’il ne fallait plus qu’on l’appelle, parce qu’il partait en mission. Il disait qu’il allait bien. Il parlait de sa vie là-bas, des coups de fusil qu’il entendait. Il disait que le plus dur était de quitter la base pour faire des rondes. Avec tout ce monde dans les rues, difficile de distinguer des terroristes. » Aujourd’hui, son oncle Freddy se reproche de l’avoir encouragé à s’engager. « On est tous un peu responsables. » Un autre oncle, Simon Loueckhote, l’avait également encouragé. « Pour nombre de jeunes Calédoniens qui n’ont pas encore fait de choix de vie, l’armée est le seul moyen de sortir de leur île et de découvrir le monde. Ils sont très nombreux à le faire, et en reviennent le plus souvent riches d’expérience et de compétence. Et ils ont servi la France. Malheureusement, sur les théâtres d’opérations, il y a des risques. » Contrairement aux neuf autres victimes de cette attaque, Melam Baouma est mort à la fin de l’embuscade. Pendant que l’on portait secours aux blessés. La petite route de montagne, malmenée par la bataille, s’est effondrée sous les roues de son véhicule qui s’est retourné. On ignorait encore hier quand la dépouille du jeune soldat serait rapatriée en Calédonie. Un hommage militaire lui sera évidemment rendu, au moins au pied de l’avion. Pour le reste, l’armée et les autorités se conformeront aux souhaits de la famille. Intimité ou solennité ? « Ce sera leur décision, confie le général de Braquilanges, commandant supérieur des FANC. Nous ne voulons en aucun cas qu’une famille se sente dépossédée du dernier adieu à l’un des siens. » Philippe Frédière Mélam Baouma était dans l’armée depuis un an et l’Afghanistan était sa première mission. Il appelait régulièrement sa famille à Ouvéa.

Nouvelles Calédoniennes Article du 21.08.2008

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