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Les fonctionnaires veulent sauver leurs retraites

Publié le 18 Novembre 2008 par Loueckhote Simon in Politique

Plus d’un millier de fonctionnaires d’Etat sont descendus dans les rues de Nouméa, hier matin, pour protester contre la réforme de l’indemnité temporaire de retraite (ITR). Une vingtaine d’entre eux ont été reçus par Yves Jégo, au haussariat. Le secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer leur a donné rendez-vous à Paris, jeudi, pour négocier certains points de la réforme, aux côtés des Polynésiens.

La manifestation d’hier matin avait des allures de cortège funéraire. Cercueil porté à bout de bras, les premiers manifestants ont pleuré la « mort de l’ITR » sur un air d’opéra. Mais sans perdre le sourire. Le sujet était grave, mais pas complètement désespéré. Les fonctionnaires ont misé sur la visite d’Yves Jégo en Calédonie pour sauver les retraites majorées de la fonction publique (lire ci-contre).
Après avoir scandé « Jégo t’es zéro, Jégo, t’es foutu, les Caldoches sont dans la rue », les manifestants se sont postés devant le haussariat pour demander une rencontre avec le secrétaire d’Etat. « Nous ne sommes pas contre la réforme. Nous savons qu’il y a des abus. Mais il faut prendre en compte la cherté de la vie », a estimé Yannick Lahaut. Pour le porte-parole de l’intersyndicale (1), le manque à gagner est « énorme ». D’un salaire indexé à une retraite non indexée, certains pourraient perdre « jusqu’à 70 % » de leurs revenus, présage le syndicaliste. « Le gouvernement a allumé un pétard outre-mer, mais il est encore temps de l’éteindre », a-t-il prévenu.

« L’ITR est un système bancal, qui amène à des excès et des injustices »

En fin de matinée, une délégation de l’intersyndicale (à laquelle s’est greffé le sénateur Simon Loueckhote) a été reçue, par le secrétaire d’Etat, dans la salle des Accords de Matignon. Les manifestants sont ressortis, une heure plus tard, avec des mines plus réjouies qu’à leur arrivée. Yves Jégo a invité une poignée d’entre eux à se rendre à Paris, jeudi, pour négocier certains points de la réforme, aux côtés de leurs voisins polynésiens. « Nous avons compris que le projet ne serait pas retiré mais que certains aspects pourraient être rediscutés comme le plafond et les absences du territoire », a déclaré le porte-parole de l’intersyndicale.
Le secrétaire d’Etat s’est dit « sensible », pour sa part, « au fait que le Pacifique se trouvait dans une situation particulière », mais a rappelé qu’il considérait l’ITR comme « un système bancal, qui amène à des excès et des injustices, puisque certains territoires n’en bénéficient pas. »
La solution d’Yves Jégo ? « Inventer un système qui remplacera l’ITR dans 20 ans ». Le secrétaire d’Etat a également relativisé l’impact de cette réforme sur l’économie locale : « Depuis 1990, il y a eu vingt rapports sur ce sujet. On joue sur des niveaux très faibles et la réforme se fera sur 20 ans. Il n’y aura pas d’impact sur l’économie locale », a-t-il assuré, avant de voler vers une nouvelle réunion.

(1) FO,S NOP, Fédération des fonctionnaires, Alliance, Synergie, Snes-FSU, APCM, UNSA, SNETAA et les associations des retraités.

Les Nouvelles calédoniennes. 15-11-2008

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