le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

DISCOURS DE VŒUX POUR L’ANNEE 2009

Publié le 3 Février 2009 par Loueckhote Simon in Presse - Communiqués - Allocutions

 Chères adhérentes, Chers adhérents, Chers amis,

Je suis heureux que nous nous retrouvions tous ensemble ce soir pour célébrer cette nouvelle année.

2008 a été pour nous tous une année particulièrement intense.

Pour les membres du Mouvement de la Diversité, 2008 a été une année de créativité, d’innovation et d’action.

En mars, la liste « Nouméa, la Diversité en Mouvement » a porté notre candidature aux élections municipales. Nous avons écouté les préoccupations des Calédoniens. Nous avons su leur proposer des réponses correspondant à leurs attentes, aux besoins de la ville et, d’une façon générale, à ceux de tous les citoyens.

Les votes en notre faveur ont témoigné d’un soutien certain de la part de la population et cela nous a encouragé, naturellement, à poursuivre notre engagement.       

Grâce à vous, grâce aux femmes et aux hommes qui ont mené cette campagne à nos cotés, grâce à toutes les adhésions que nous avons fédérées à cette occasion, nous avons décidé de créer le parti qui mettrait en avant nos propositions et défendrait nos idées.        

Nos convictions, vous les connaissez.

Nos convictions, ce sont celles d’une Nouvelle-Calédonie plus juste, plus équitable, plus moderne. Il est temps de parler vrai, de regarder les défis auxquels nous devons faire face avec clairvoyance.

Nous voulons aborder toutes les problématiques avec discernement et impartialité, nous voulons appliquer les solutions qui s’imposent avec courage et abnégation.

Il est temps de susciter de vrais débats autour de sujets qui ont trop longtemps été occultés en Nouvelle-Calédonie. Partout ailleurs, dans les pays développés, les thématiques telles que l’environnement, le social ou l’emploi sont au cœur des projets politiques. Ces sujets sont encore ici marginaux et trop souvent négligés.

Alors que nous avançons dans le troisième millénaire, il faut redonner à la politique en Nouvelle-Calédonie toutes ses lettres de noblesse. Elle doit s’inscrire dans la modernité et être prête pour les grands rendez-vous qui nous attendent. Il faut instaurer un véritable débat démocratique concernant les enjeux de notre société.

Cela signifie, par exemple, que les sujets d’avenir, tels que l’écologie, la protection des plus vulnérables, ou encore la formation et le système scolaire, doivent être au centre de nos réflexions.

Cela signifie que nous devons savoir établir des priorités, définir les vraies préoccupations des Calédoniens. Nous devons pouvoir leur apporter notre vision et nos solutions.

Nous devons favoriser le débat citoyen, libérer l’expression, pour que chaque Calédonien puisse contribuer aux choix déterminants pour son avenir. La démocratie ne s’exercera jamais si une seule voix se fait entendre. Il est impératif que plusieurs courants de pensée participent aux débats, exposent leurs points de vue sur la société.

Il est indispensable que des alternatives soient possibles dans une société qui se construit et qui, chaque jour, effectue des choix décisifs.

Nous connaissons bien, ici particulièrement, les possibles dérives engendrées par les monopoles quels qu’ils soient, économiques, ou, plus encore, politiques…

Vous le savez, ces derniers jours au Sénat, j’ai voté contre le projet de loi relatif à la communication audiovisuelle. Un article de cette loi reconduit les autorisations actuellement délivrées aux radios en Nouvelle-Calédonie. Elle interdit par conséquent l’ouverture de nouvelles radios et ce, jusqu’en 2011.

Je n’admets pas que l’on puisse enfreindre des droits essentiels à la démocratie tels que la Liberté d’Expression, la Liberté d’Opinion et la Liberté d’Information. Nous ne pouvons pas vivre dans une société de censure où l’on multiplie les interdits.

Une Nouvelle-Calédonie moderne, c’est une Nouvelle-Calédonie où la diversité peut s’exprimer. Je crois profondément que la liberté d’expression participe à la démocratie et je continuerai à me battre pour qu’elle puisse s’exercer.

C’est pour cela, pour toutes ces raisons, et parce qu’il est urgent de se saisir de problèmes propres à notre époque et à notre histoire, que le 14 Juin dernier, nous avons créé le Mouvement de la Diversité.

Nous avons voulu un parti ouvert, tolérant, un espace d’échanges et de réflexions. La diversité de notre Mouvement constitue une de ses premières richesses. Elle est une garantie de la pluralité des expressions, essentielle à tout groupe politique, mais elle est aussi surtout une image de la société calédonienne, plurielle et composite.

La vocation de notre Mouvement est de faire vivre cette diversité en l’exprimant dans un projet commun, pour un destin commun.

Ce destin commun nous l’imaginons dans un lien renouvelé à la France.

Le Mouvement de la Diversité est un parti attaché à la France, à ses valeurs républicaines.

C’est un parti de progrès, tourné vers l’avenir. Et l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, nous le savons, est inscrit dans l’Accord de Nouméa. 

2008 a été l’année des commémorations. Les accords de Matignon ont célébré leurs vingt ans. L’Accord de Nouméa s’est conclu il y a 10 ans.

On ne peut pas célébrer cet héritage sans s’interroger sur le chemin parcouru. Et, bien sûr, sur celui qui reste à parcourir.

Nous savons, depuis le Comité des Signataires de décembre 2007, et cela a été répété de nombreuses fois, que l’Etat garantira l’application de l’Accord de Nouméa et que nous irons jusqu’au bout de cet Accord.

L’avenir de la Nouvelle-Calédonie doit donc s’écrire dans cette perspective. Les années à venir, particulièrement à partir de 2014 perçue par beaucoup comme une date butoir à cause de la possibilité d’un référendum, focalisent les craintes et les appréhensions.

Mais, jetons un regard sur notre passé récent. Je me souviens que chaque étape de nos changements récents a été perçue et anticipée comme une difficulté insurmontable. En réalité, ces difficultés ont souvent été très exagérées. Les prévisions pessimistes ne se sont pas réalisées.

Au contraire, la Nouvelle-Calédonie n’a cessé de croître, de prospérer et de se développer.

C’est vrai qu’un cadre est fixé et qu’il nous faut imaginer l’avenir dans un certain schéma. Mais les décisions fondamentales nous reviennent et les modalités d’application également. Nous avons le temps de choisir nos futurs décideurs, et, à travers eux, l’avenir que nous voulons.

Je suis convaincu que les possibilités sont plus nombreuses que les obstacles. Car nous sommes actuellement en mesure de prendre notre destin en main. Nous nous construisons, et, comme l’a dit le Président Barack Obama, « partout où nous regardons, il y a du travail à faire… Mais c’est aussi le temps où l’on peut écrire les meilleurs pages de notre histoire. »

La Nouvelle-Calédonie doit changer. Elle ne peut plus vivre comme par le passé. Le bilan incontournable de l’année 2008 est d’admettre que le monde a été bouleversé.

Du fait de la crise, l’économie mondiale doit retrouver un équilibre et, pour cela sans doute, édicter de nouvelles règles.

La France, dans ce contexte, doit aussi se réorganiser. Nous assistons à l’heure actuelle à un nombre impressionnant de réformes engagées par le Président Nicolas Sarkozy. Ce sont des changements nécessaires, profonds, structurels. Et qui nous affectent.

C’est vrai, je le rappelle souvent, la France a changé.

Le regard de la France sur la Nouvelle-Calédonie n’est plus le même. La nouvelle génération d’hommes politiques qui nous gouvernent ne raisonne plus selon des références gaulliennes.

Ce que nous attendions de la France, celle-ci n’est plus et ne sera plus en mesure de nous le donner. Si l’Outre-mer apparait encore parfois comme un atout, présenté comme le « porte-avions économique » de la France, nous devons néanmoins, avant tout aujourd’hui, compter sur nous-mêmes.

J’affirme haut et fort que je ne souhaite pas que l’on se sépare de la France.

Mais nous nous trouvons à 20 000 km d’elle. Et notre attachement à la France n’y changera rien.

L’évolution statutaire de la Nouvelle-Calédonie et les grands bouleversements mondiaux et planétaires commandent que nous imaginions de nouvelles relations avec la France. Nous constituons avec elle une communauté de partage de valeurs et d’une certaine culture, mais le lien qui nous unissait à elle va fatalement changer.

Ne pas être dans la France, mais avec la France, est forcément plus compliqué. Cela signifie que l’on décide et que l’on décidera de moins en moins à notre place. Cela nous oblige, nous, Calédoniens, à prendre notre destin en main.

C’est une contrainte, cela exige de nous une très grande maturité.

Face aux difficultés, c’est, dès aujourd’hui, à nous de trouver les réponses. C’est à nous de nous donner les moyens d’être réactifs, pertinents, efficaces.

La Nouvelle-Calédonie, à tous les niveaux institutionnels et dans toutes ses composantes, doit être organisée de façon à assurer au mieux l’étendue de ses fonctions.

La Nouvelle-Calédonie est en mesure de relever ces défis. Pour cela, elle doit, avant tout, instaurer la meilleure gouvernance possible.  Nous devons être capables de faire face aux situations les plus exigeantes.

La Nouvelle-Calédonie n’échappera pas à la nécessité de réformer en profondeur ses structures.

Les transferts de compétence en cours et ceux à venir nous imposent de grandes responsabilités. Mais en même temps, cela nous ouvre de grandes perspectives. Il ne faut pas les redouter, il ne faut pas en avoir peur.

La tâche qui nous attend est lourde. Mais il n’y a aucune raison de croire que nous ne saurons pas la mener à bien car nous avons conscience des enjeux.

Et je suis convaincu que choisir ensemble la société que l’on veut est une immense chance.

 

Nous sommes dans une région particulière, au cœur du Pacifique, dans un environnement principalement anglo-saxon. Nous avons à notre portée différentes façons de pensée, d’aborder les problèmes. Nous pouvons bénéficier d’une ouverture sur le monde que notre environnement géographique et notre histoire nous permettent.

Tout cela constitue des atouts certains et nous offre une liberté que des pays plus anciens, plus enclavés ne connaissent pas.

Notre position géographique, notre situation économique, notre histoire et le fait que nous soyons des représentants de la France dans le Pacifique nous offrent la possibilité de tenir un rôle particulier dans cette région du monde. C’est à nous d’être le moteur d’une réflexion globale sur l’intégration régionale dans le Pacifique. Notre ambition ne s’arrête pas aux limites de notre archipel. Nous devons être à l’origine des initiatives régionales, nous pouvons être un modèle.

Car les choix que nous allons avoir à faire sur des sujets toujours plus importants nous donnent l’opportunité sans précédent de créer une société fondée sur des principes plus justes. Nous sommes à un moment précis de notre histoire où tout est possible. Je le sais. Je le dis, je le répète. Et vous devez en être convaincu : TOUT EST POSSIBLE.

J’observe par exemple que le modèle social de la France est une référence, beaucoup de pays tentent de s’en inspirer.

Pourquoi n’y aurait-il pas un modèle social calédonien, qui ne soit pas nécessairement la copie d’un autre mais qui s’appuie sur nos propres valeurs, nos idéaux, nos priorités et nos particularités ?

J’ai souvent évoqué la question du handicap, qui, pendant longtemps n’a pas reçu les réponses qu’elle méritait.

Il y a plus d’un an, j’ai salué la tenue des premiers Etats Généraux du Handicap. Je me réjouis que ce sujet est enfin été pris en compte, que des mesures concrètes soient enfin mises en œuvre.

Mais tout cela reste insuffisant, ce ne sont que les prémices de ce que devrait être une véritable politique sociale. Cela est vrai pour le handicap, mais cela est vrai aussi pour beaucoup d’autres problématiques, aux niveaux économique et social, qui doivent trouver des réponses de façon urgente.

Ces problématiques font parties des priorités du projet que nous défendons.

Ces problématiques reflètent les priorités d’une politique moderne et j’y accorde toute mon attention.

Grâce à mon activité parlementaire, en tant que Sénateur,  j’ai soutenu un projet de développement durable conduit par le Lycée agricole de Pouembout.

De même, au niveau social, j’ai contribué à la réalisation d’un centre d’aide à la réinsertion des personnes en difficulté avec les Jardins de la Solidarité. Enfin, j’ai apporté mon aide à l’association Autism’Espoir et au projet de construction d’un centre d’accueil aux enfants autistes.

Si je l’ai fait, et surtout, si je vous en parle, c’est que ce sont de telles initiatives qui doivent être encouragées. Elles mettent en œuvre à une plus petite échelle ce que nous devons réaliser collectivement par notre politique.

Car une société civilisée doit rester juste à l’égard des plus faibles auxquels elle doit assistance et protection : une société “ avancée ” est une société qui sait se soucier de justice sociale et de solidarité.

J’ai souvent parlé de l’habitat social, de la nécessité d’une politique publique plus ambitieuse, cohérente avec les réalités calédoniennes. Ce sujet est un parfait exemple de comment nous pourrions innover en créant un système social unique et exemplaire, répondant pleinement aux besoins spécifiques de nos populations tout en instaurant une société plus équitable.

Un modèle social calédonien, c’est aussi se préoccuper de notre jeunesse, de l’avenir que nous leur proposons et donc du système scolaire, de la formation, et de l’emploi…  En ces matières, beaucoup de choses se mettent déjà en place.

Cela doit se poursuivre. Mais il faut garder pour objectif la volonté de créer une société « accueillante » au sens large. Je veux souligner par là l’importance que je donne au fait que chaque Calédonien puisse se projeter de façon positive et durable dans l’avenir.

Il faut avant tout donner aux jeunes Calédoniens la chance et l’opportunité de se former. C’est la meilleure garantie d’un accès à l’emploi et particulièrement aux emplois qualifiés. Il faut que notre système scolaire soit plus adapté et plus réaliste, qu’il prenne en compte les véritables besoins.

La Nouvelle-Calédonie doit bien sur veiller à la qualité de son enseignement. Cela signifie notamment que l’on doit accorder la même importance et les mêmes moyens aux secteurs public et privé. Car c’est bien ces deux systèmes, et notamment le secteur privé, qui permet d’assurer la mission de l’enseignement partout, en chaque localité de la Grande Terre et des Iles.

Le nouveau Président des Etats-Unis, Barack Obama, vient d’annoncer un grand plan de rénovation du système éducatif américain.

Il l’a rappelé, assurer l’avenir d’un pays, c’est garantir à sa jeunesse la meilleure formation possible.

C’est vrai. Une société ne peut rester unie que si l’école est à la hauteur des enjeux et si un système social efficace, qui n’oublie personne, garantit la solidarité.

J’ai été alerté, comme chacun d’entre vous, par les faits divers violents et sordides qui ont marqué l’année 2008. Je sais que cela suscite un sentiment d’insécurité et des peurs, et que le spectre du repli sur soi et de l’opposition entre communautés ressurgit facilement. Ces incidents sont heureusement minoritaires.

Je veux rappeler à quel point il est important que notre société reste unie. Objets de délinquance ou de racisme, ces crimes doivent être sévèrement condamnés et combattus. Mais racisme et délinquance naissent souvent du sentiment d’exclusion, et ce sentiment d’exclusion, on peut y remédier.

La valeur d’une civilisation doit se reconnaître à sa capacité à être décente et équitable, à sa capacité à s’occuper des plus fragiles et des plus démunis. C’est ainsi que l’on créé  une société où chacun peut trouver sa place en s’occupant de toutes les catégories de la population.

On dit que l’on « reconnaît le degré de la civilisation d’une société à la place qu’elle accorde à ses personnes âgées ».

Il est certain que cette question doit faire partie du projet social que l’on veut mettre en place. Car ce sujet est, lui aussi, très insuffisamment traité à l’heure actuelle. Assurer une vie matérielle et morale digne à nos anciens demande une réflexion globale sur l’organisation de notre société.

Tous ces problèmes, je souhaite qu’ils soient pris à bras le corps. Nous ne pouvons plus laisser de côté des pans entiers de notre société, abrités derrière le confort matériel général de la Nouvelle-Calédonie.

La fin de l’année 2008 a été difficile au point de vue international. La crise économique annoncée est à présent une réalité. Nous pouvons nous réjouir du fait que la Nouvelle-Calédonie ne soit pas, à l’heure actuelle, touchée de plein fouet.

Cela ne signifie pas que nous ne devons pas nous remettre en cause.

Notre économie s’appuie principalement sur une seule ressource. C’est souvent un atout. Cela l’a été ces dernières années et nous devons souhaiter que cela continue. Le nickel est le moteur de notre économie.

Cette dépendance est parfois une faiblesse, mais nous pouvons veiller à en faire notre force.

Quel que soit son cours, le nickel est notre principale richesse, d’où découle la bonne santé de notre économie entière. L’exploitation du minerai est dommageable d’un point de vue écologique, quelques soient les précautions prises… Et c’est une ressource épuisable.

Tout conduit à penser que les revenus du nickel doivent profiter à tous les Calédoniens et aux générations futures. Anticiper la fin de l’économie nickel en Nouvelle-Calédonie, c’est capitaliser les revenus d’aujourd’hui.

Il faudra bien que l’économie calédonienne reste prospère. Et cela, nous pouvons le prévoir aujourd’hui, tant que nous profitons encore de la manne du nickel.

La période actuelle n’est pas la plus favorable que nous ayons connue. Face au risque majeur de crise économique, nous devons tout faire pour favoriser l’initiative, l’entreprenariat. Il faut laisser la place à plus de créations d’activités, il faut encourager la témérité et l’innovation.

Je regrette qu’à l’occasion du Plan de relance de l’économie proposé par le Président Nicolas Sarkozy, nous n’ayons pas été assez réactifs.

Nous aurions pu y inscrire le projet de déplacement de l’usine de la S.L.N. Nous pouvions proposer l’installation d’une nouvelle usine, hors de la ville, près du massif de Prony qui vient précisément d’être attribué à la S.L.N.

La mise au point par ses ingénieurs, dans son Centre de recherches de Trappes, d’un nouveau procédé pour le traitement de minerai beaucoup moins riche en nickel et à des coûts énergétiques et de production plus faibles, justifie pleinement cette opération.

Un projet d’une telle importance, réalisé grâce au soutien de l’Etat comme celui de la reconstruction de l’usine S.L.N., aurait été un soutien considérable à l’activité économique calédonienne.

C’est à cause d’occasions manquées comme celle là que j’affirme que la Nouvelle-Calédonie doit se doter d’un exécutif, d’un gouvernement, prêt à traiter les sujets prioritaires avec toute la rapidité et l’efficacité nécessaires.

Les enjeux actuels et à venir sont trop importants pour que l’on puisse se permettre d’avoir des institutions en panne ou impuissantes.

Il faut être porteur de projet d’envergure, de projets susceptibles d’orienter et de soutenir toute notre économie.

Je suis favorable par exemple à ce que toutes les étapes d’exploitation et de transformation du nickel se fassent en Nouvelle-Calédonie. Il faut produire ici-même les produits à plus haute valeur ajoutée, issus des technologies les plus pointues. La création, en mai 2008, du Centre National de Recherche et de Technologie sur le Nickel, prouve que nous sommes à l’aube d’un formidable développement. Nous devons en faire notre secteur de pointe, être à l’avant-garde des recherches en ce domaine.

Cela générera évidemment de nombreux emplois qualifiés favorables au développement aussi bien économique que social.

Dans un contexte de crise, les projets économiques d’ampleur sont des soutiens à l’activité d’autant plus importants.

Qu’il s’agisse de projets touristiques ou commerciaux, ils doivent bien sur appeler toute notre vigilance. L’on doit s’assurer qu’ils contribueront en priorité à accroitre la richesse créée tout en renforçant le dynamisme et l’équilibre économique.

Dans cet esprit, bien sûr, les projets miniers sont primordiaux. L’usine du Nord et celle du Sud vont contribuer massivement au développement et au rééquilibrage économique.

Mais l’économie, ce n’est pas et ce ne doit pas être seulement le nickel. Tous les autres secteurs participent à son dynamisme, et je pense particulièrement aux artisans, aux commerçants, aux petits entrepreneurs et aux industries locales. Je salue leur esprit d’initiative, leur capacité d’innovation et leur savoir–faire.

Les services et les biens qu’ils fournissent alimentent un niveau de consommation soutenue, signe incontestable de la bonne santé de notre économie.

Mais, une fois encore, ces réalités ne doivent pas masquer le besoin d’une véritable politique concertée au niveau de l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie.

Nous ne pouvons pas observer le seul apport économique sans nous interroger, notamment, sur la question de l’énergie.

Le projet des trois usines métallurgiques de nickel de se doter chacune d’une centrale à charbon reflète l’absence de toute réelle réflexion quant aux besoins énergétiques en Nouvelle-Calédonie. Je suis d’ailleurs très surpris que l’on distingue à ce point les besoins en énergie des entreprises de ceux des particuliers.

Ces questions ne doivent-elles pas être traitées de façon globale ?

Peut-on, sans s’interroger, devenir le pays au plus fort taux d’émission de CO2 par habitant ?

Peut-on laisser faire cela alors que dans le monde entier nous diffusons l’image d’une terre à l’écosystème unique et précieux et que notre lagon vient d’être inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco?

Cette absence de cohérence risque de devenir rapidement préjudiciable et questionne notre crédibilité!

La bonne santé de l’économie calédonienne, les perspectives de croissance sont des éléments positifs. Mais ils ont peut-être contribué à nous détourner de questions essentielles.

Et le pouvoir tel qu’il est organisé aujourd’hui n’a pas su se consacrer suffisamment à des débats qui sont pourtant incontournables.

Des réponses partielles et insuffisantes sont apportées à des problèmes de fond.

Concernant le pouvoir d’achat des populations. On ne combat pas le coût de la vie uniquement en augmentant les revenus de quelques catégories de salariés. Les décisions prises dans la contrainte et l’urgence ne témoignent pas d’une bonne gouvernance.

Le fond du problème, nous le savons tous, est la cherté de la vie, qui, de plus s’accompagne d’inflation. Mais les réponses à cela demande courage indépendance et impartialité. Cela exige aussi des réformes en profondeur.

Le Mouvement de la Diversité s’engage à réaliser ces réformes.

Notre Mouvement a tiré les enseignements de 2008. La première leçon est sûrement celle d’un besoin accru de vigilance, de réflexion mais aussi d’action.

Il ne faut plus laisser les choses se faire sans y participer, sans élaborer une réflexion, sans aborder les sujets de façon globale, courageuse et dans le sens de l’intérêt général.

 Il est temps d’être constructif. Nous n’avons d’ailleurs pas le choix. Les échéances à venir sont décisives.

Dans quelques mois, les élections provinciales mettront au pouvoir ceux qui vont en grande partie dessiner l’avenir de la Nouvelle-Calédonie.

Il faut que ceux-là soient porteurs de projets forts, de convictions fortes.

 Il faut qu’ils aient conscience des enjeux et qu’ils s’engagent à choisir le courage plutôt que la facilité.

Il faut aussi qu’ils soient capables de fermeté dans leurs décisions et de souplesse dans le dialogue.

2008 n’a pas toujours été une année facile, mais cela nous montre une voie pour faire de l’année 2009, une réussite.

Le Mouvement de la Diversité est prêt à relever l’ensemble de ces défis, il est prêt à faire de l’année 2009, une réussite.

Je suis prêt à relever ces défis et je sais que vous l’êtes aussi. Nous pouvons, ensemble, élaborer la société que nous espérons pour nous-mêmes et pour nos enfants.

Vous pouvez compter sur ma volonté, mon engagement.  Je sais pouvoir compter sur votre fidélité et sur votre confiance.

Notre détermination est grande. Elle est essentielle pour mener à bien nos projets, qui valent la peine que l’on se batte pour eux.

Chères adhérentes, Chers adhérents, Mes très chers amis,

Notre avenir doit faire vibrer en nous toutes les cordes de l’espoir. Donnons-nous, en cette année 2009, les moyens d’atteindre nos objectifs et de satisfaire nos ambitions.

Mes très chers amis, je vous souhaite, à vous et à toutes celles et à tous ceux que vous aimez, une excellente année 2009, pleine de joie, de bonheur et de succès.

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