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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Fonction publique et société

Publié le 9 Août 2009 par Loueckhote Simon in Social

Responsable de la Fonction Publique au Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie depuis le 5 Juin dernier, j'ai beaucoup écouté et beaucoup appris lors des multiples rencontres et visites que j'ai faites à des personnes qui ont pratiqué et qui ont par conséquent une certaine idée du métier.

Après ces quelques semaines de responsabilité, j'en ai tiré quelques conclusions qui ne sont certes pas exhaustives mais elles m'ont tout au moins permis de mieux approcher "ce vieux serpent de mer" qui en a fait voir à beaucoup et coûté à certains.

Je ne rentrerai pas dans les détails de mes réflexions dans cet article. Je le ferai dans un autre, en préparation actuellement.

Je traiterai dans celui-ci et pour tenter de répondre aux nombreuses questions que se posent beaucoup de compatriotes et néanmoins amies ou amis du "pourquoi" des violences en Nouvelle-Calédonie.

En installant hier en fin d'après-midi le "groupe projet" que j'ai souhaité pour préparer les conditions dans lesquelles la réflexion sur la modernisation de la Fonction Publique doit se faire, une des questions posées par les membres du groupe portait sur le périmètre de la commande (le service public, les moyens humains, l'organisation administrative, les administrations, les collectivités, l'économie etc. ...). Les premiers échanges me sont apparus comme une pelote de laine qui se déroule sans fin.

Car parler de la Fonction Publique, c'est aussi parler de l'avenir de la Nouvelle-Calédonie, c'est aussi parler d'économie, c'est aussi parler de social, c'est aussi parler de répartition (de richesse, de service à la population...), c'est aussi parler d'aménagement du territoire et c'est une heureuse coïncidence que d'avoir également hérité du suivi du schéma d'aménagement et de développement de la Nouvelle-Calédonie.

La transversalité de cette question est telle, que l'empiétement sur les autres secteurs m'obligent à une grande vigilance et à une très étroite concertation avec mes autres collègues du Gouvernement.

J'ai suggéré au groupe de ne pas restreindre le périmètre de notre réflexion. Car les évènements de ces derniers jours nous rappellent que rien n'est définitivement acquis.

La Paix sociale ne s'obtient pas  seulement par la force mais aussi et surtout par le dialogue. La force doit être l'ultime recours, le dialogue étant notre fil conducteur au quotidien.

L'embrasement inattendu de ce conflit montre que couve dans le pays un malaise social que nous avons du mal à apprécier ou que nous faisons semblant d'ignorer.

Une des idées que je défends, c'est que pendant toute la période de concertation, probablement 6 mois à 1 an, il y ait une pause dans l'évolution des statuts et des régimes indemnitaires des agents de la fonction publique.

Mais je suis conscient que ma proposition ne peut avoir d'échos que si parallèlement, une pause dans l'évolution des prix à la consommation était observée. Que le pouvoir d'achat du plus nombre d'entre nous et des plus fragiles en particulier ne se dégrade pas encore plus.

Car pourquoi certains devraient-ils faire cet effort et pas d'autres?

Devons-nous rester sourds et aveugles à ces signaux qui traduisent la désespérance humaine d'une partie de notre société? "On ne descend pas dans la rue, le ventre plein", nous le savons bien. Les foyers de violence  identifiés sont là pour confirmer cette expression.

Je ressens comme une très grande responsabilité que d'assumer cette mission.

Pour moi, rester insensible à cette situation ne m'honorera pas.

Ne pas oser et ne rien faire, c'est alimenter les plus extrémistes, c'est entretenir la violence, c'est garder les braises du malaise social allumées encore pendant longtemps.

Je mesure la tâche que nous devons accomplir ensemble. Car il faut convaincre, convaincre et convaincre encore.

Me permettrais-je cette réflexion? "C'est quand la tablette de chocolat a été équitablement partagée entre des enfants que leurs sourires plutôt que leurs pleurs et leur chagrin sont les plus beaux à voir et les plus radieux, ceux qui participent à leur développement personnel,  à leur émancipation, ceux qui leur apprendront à aimer, à partager avec les autres".

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