le blog de Simon Loueckhote

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La position géographique et les deux ouvertures sur la région de la Nouvelle-Calédonie

Publié le 1 Septembre 2009 par Loueckhote Simon in Réflexions sur la Nouvelle-Calédonie

A l’Ouest, un dynamisme économique à intégrer

A deux heures d’avion de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, à cinq heures des principaux pays asiatiques constituant les « Pays du dragon », à huit heures du Japon, la Nouvelle-Calédonie est aux portes d’un des plus grands marchés économiques de ce 21° siècle.

Pour autant, elle ne semble pas en profiter.

Le statut, issu de l’Accord de Nouméa, donne aux autorités de la Nouvelle-Calédonie, la faculté de négocier directement avec les voisins des accords de coopération dans des domaines jusque là réservés à l’Etat.

L’idée, trop longtemps, entretenue selon laquelle nous ne pouvons commercer, échanger avec nos voisins, parce que nous sommes trop petits, trop chers et pas suffisamment compétitifs relève désormais du passé.

La Nouvelle-Calédonie doit revoir sa stratégie de développement. Elle doit intégrer cette nouvelle donne. 


A l’Est, une région très étendue, peu peuplée, pauvre, parsemée d’îles où le poids des traditions ancestrales ne rime pas  toujours avec initiatives économiques

 

La Nouvelle-Calédonie sera sans conteste le pays qui comptera dans les prochaines décennies dans cette partie du globe.

                    
Sur un plan politique d’abord  
                     

Les pays de la région, l’Australie et la Nouvelle-Zélande en tête, ont ces trente dernières années, suivi avec beaucoup d’attention l’évolution politique de la Nouvelle-Calédonie. La France les a même très souvent rappelé à l’ordre tant leurs soutiens au mouvement indépendantiste ressemblaient à de l’ingérence.
Les accords successifs ont donné une légitimité à la Nouvelle-Calédonie mais ont également redonné à la France toute sa place dans la région.
La paix retrouvée, le développement économique attendu, le partage et l'exercice du pouvoir, le rééquilibrage affirmé entre les différentes parties mais aussi entre les différentes communautés du territoire, les transferts de compétence ont fait de la Nouvelle-Calédonie un terrain d'observation, d'expérimentation de la pratique de la démocratie sociale.
La Constitution de la France a été modifiée pour inscrire définitivement la volonté des signataires des Accords de Matignon et de Nouméa, notamment le gel du corps électoral appelé à voter aux élections provinciales et au Congrès mais également au scrutin d'autodétermination. Cette disposition devrait apaiser les inquiétudes des calédoniens en particulier les indépendantistes.
Le Forum du Pacifique, l'ONU de la région, nous envoie régulièrement une mission d'observation pour s'assurer de la bonne évolution et du respect de l'Accord de Nouméa.
Beaucoup de pays membres de cette organisation rêvent en cachette de pouvoir bénéficier un jour de cette formidable avancée institutionnelle et politique.
La Nouvelle-Calédonie devrait dans un proche avenir intégrer cette organisation. Elle a vocation dans deux à trois ans à acceuillir le Forum.

Sur le plan économique

Le formidable élan impulsé par la stabilité politique soutenu par l'Etat et les importants transferts (120 à 200 milliards/an) depuis la métropole, placent la Nouvelle-Calédonie juste derrière l'Australie et devant la Nouvelle-Zélande en termes de revenu par tête d'habitant.
L'économie de la Nouvelle-Calédonie ne s'est jamais aussi bien portée.
Les perspectives de développement portées par des cours du nickel qui ont atteints des niveaux exceptionnellement hauts ces dernières années, du fait de la très haute demande des pays émergents tels que la Chine et l'Inde notamment, nous donnent plus qu'une simple légitimité. 
Au droit naturel que nous avons désormais et qui nous est reconnu par tous, s'ajoute une obligation et une responsabilité à l'égard de toutes ces îles dépourvues et éparpillées dans ce vaste Océan Pacifique.
La Nouvelle-Calédonie peut consacrer 1% de son PIB pour les aider. Et c'est un début.
Cette stratégie lui permet d'asseoir une présence longtemps occupée par l'Australie et la Nouvelle-Zélande et depuis peu par la Chine et Taiwan.
La communauté que nous constituons avec les pays de la région nous donne un avantage certain, par rapport aux autres puissances économiques et nous permettra d'établir des relations économiques privilégiées avec eux.
Une des clés du développement passe par un apport de population supplémentaire. Notre capacité d'entreprendre et d'initiative est freinée par la faiblesse de notre consommation intérieure. La crainte d'une déstabilisation des élections par des personnes extérieures ne se poserait plus car la solution politique existe désormais.
L'endémicité de certaines espèces végétales et animales de la Nouvelle-Calédonie, associée à la présence d'instituts de recherches français, parmi les meilleurs dans le monde, donnent à ce petit bout de France du Pacifique, un espace supplémentaire d'expression et d'initiatives dans beaucoup de domaines et notamment de biodiversité.
De plus, le lancement de la construction du Médipôle de Koutio, le projet de réalisation d'un technopôle à Nouville, la création d'un CNRT (Centre National pour la Recherche Technologique) auquel ont adhéré les collectivités locales et les développements futurs de l'Université affichent clairement la nouvelle ambition du pays.

Conscientes de son isolement dans cette partie du monde, les autorités viennent d'acter la participation de la Nouvelle-Calédonie à un deuxième câble sous-marin, qui la relierait aux îles se situant sur toute la partie Est du Pacifique jusqu'aux Etats-Unis.
Toutes ces perspectives ouvrent de nouvelles voies de développement. Les jeunes talents, nombreux dans le pays, que je qualifierai de "dormants" car sans aucune possibilité de s'exprimer, constitueront les premiers, la ressource humaine nécessaire à ce nouveau défi.





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Pascal B 03/09/2009 09:12

Très cher Simon, je trouve ta réflexion très explicite et l' analyse très réaliste quand aux possibilités qui s' ouvrent à nous. Il est temps de " réveiller " nos jeunes talents somnolents.

Maurice Droin 03/09/2009 08:42

Magnifique ! Enfin un élu qui a une vision régionale du rôle de la NC. Pendant les années 85-95 je me suis battu avec l'appui de A.Daly et F.Guillemin pour que la NC soit présente à Fidji (Forum des Iles, etc.) dans les instances asiatiques (ASEAN et autres). J'ai expliqué aux ambassadeurs de France (Djakarta, Suva, Port Moresby, Brunei...) comment la voix de la Calédonie pouvait aussi servir les intérêts de la France dans la région parce que c'était une voix océanienne. C'était sans doute prématuré ? Mais aujourd'hui la réflexion de Simon me conforte dans l'idée qu'il faut lui apporter un soutien sans faille. C'est lui l'homme de l'avenir calédonien parce que sa vision politique va au-delà du récif. Bravo.