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La Nouvelle-Calédonie peut-elle raisonnablement continuer à avoir deux aéroports ?

Publié le 6 Octobre 2006 par loueckhote simon in Economie - Fiscalité

Le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Nouvelle-Calédonie est actuellement en Métropole pour présenter le dossier en défiscalisation de l’aéroport international de Nouméa-La Tontouta. C’est un investissement important : 9,5 milliards de FCFP (80 millions d’Euros). Il m’a sollicité pour l’accompagner dans ses différentes démarches. Le soutien des parlementaires de la Nouvelle-Calédonie est capital dans ce dossier, ô combien important pour le développement de notre archipel ! 

Ce projet pose une nouvelle fois la question de l’intérêt d’avoir deux aérodromes, distants de 40 km. J’avais déjà proposé, il y a quelques années, qu’une réflexion soit conduite à ce sujet. J’ai suggéré que l’aérodrome de Magenta soit fermé et que toutes ses activités soient transférées sur l’aéroport international de la Tontouta.

Plusieurs arguments militent en faveur d’un seul aérodrome.

L’activité de l’aérodrome domestique de Magenta est bien supérieure à celle de l’aéroport international. Les personnels des deux centres ont un point commun : ils ont fait les mêmes études sanctionnées par les mêmes diplômes, ils sont tous ingénieurs de l’Aviation Civile. Ceux qui travaillent à Tontouta sont des agents de l’Etat, donc bien rémunérés. Ceux de Magenta le sont moins car ce sont des fonctionnaires territoriaux. D’où la traditionnelle revendication de l’homologie par rapport à leurs collègues de l’Etat. L’exigence de sécurité oblige les pouvoirs publics à équiper de façon identique les deux aéroports en matériels performants donc coûteux. La compagnie domestique s’équipe d’appareils de nouvelle génération  (ATR 42/500 et ATR 72). Seulement, la longueur de la piste de Magenta ne permet pas à ces avions d’être utilisés à leur pleine capacité. Outre les pistes des Iles Loyauté, de l’Ile des Pins, de Touho et de Koné, il faut aussi rallonger celle de Magenta. Et il manque cruellement de foncier pour ce faire. Par ailleurs, les riverains commencent à se manifester pour demander qu’on respecte leur tranquillité. Les nuisances dues à l’activité de l’aérodrome sont en effet de plus en plus insupportables.

De plus, la fermeture de l’aérodrome de Magenta donnerait à la ville de Nouméa, une assiette foncière, véritable bouffée d’oxygène et elle en a bien besoin.  

L’ouverture de deux voies supplémentaires entre Nouméa et la Tontouta réduira considérablement les temps de  trajet entre les deux centres. A ceux qui trouvent anti-économique de faire 20 minutes pour aller prendre l’avion puis 30 minutes pour aller dans les Iles Loyauté et 20 minutes pour aller à l’Ile des Pins, je rappellerai que c’est le quotidien de celui qui habite Mou, dans le sud de Lifou ou Wabao dans le sud de Maré, lorsque le premier veut se rendre à Wanaham, l’aérodrome de Lifou et le second, à La Roche , l’aérodrome de Maré. 

 

A compter de la fin de l’année, les touristes, notamment japonais, pourront se rendre directement depuis la Tontouta , aux îles Loyauté et à l’Ile des Pins sans passer par Nouméa, avec la compagnie Air Calédonie. 

 

Il est maintenant grand temps d’ouvrir ce débat. La Nouvelle-Calédonie ne peut pas se payer le luxe de faire fonctionner deux aéroports. Elle n’en a pas les moyens et elle ne les aura pas davantage à l’avenir. Cela participe du bon sens. 

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