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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Un nouveau parti politique, une idée qui séduit.

Publié le 9 Octobre 2006 par loueckhote simon in Politique

Les élections provinciales du 9 mai 2004 ont profondément modifié le paysage politique calédonien mais également déstabilisé les institutions de la Nouvelle-Calédonie, l’Avenir Ensemble ayant conquis sa position majoritaire au prix d’une alliance avec le Front National et les indépendantistes.
Pour autant, le parti au pouvoir n’a pas su profiter de son hégémonie, pour asseoir une politique durable.
Les Calédoniens ont très vite déchanté. La Nouvelle-Calédonie est exposée à tous les risques car elle n’est plus dirigée. La majorité au pouvoir connaît des tensions internes, qui l’empêchent de parler d’une seule voix. L’euphorie de la victoire n’est plus qu’un lointain souvenir. Beaucoup d’observateurs comparent aujourd’hui la Nouvelle-Calédonie à un navire voguant sur l’eau, au gré des courants et du vent, sans capitaine. L’équipe actuelle a montré ses limites. La gestion est catastrophique, car elle est au service d’intérêts particuliers, électoralistes et se traduit par des dépenses sans limite. Le Calédonien considère que ce qu’il vit aujourd’hui est pire que ce qui a été dénoncé hier. Des pratiques inacceptables sont constatées voire même officialisées.
Je me suis toujours demandé comment Marie-Noëlle THEMEREAU, Présidente du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, Harold MARTIN, Président du Congrès et Président de l’Avenir Ensemble, Philippe GOMES, Président de l’Assemblée de la Province Sud et Didier LEROUX, membre du Gouvernement, peuvent s’entendre. Ces personnes ont certes un point commun. Ils proviennent du même moule politique. Ils ont par la suite quitté le Rassemblement à des dates différentes et pour des raisons diverses : Harold MARTIN, fils spirituel de Jacques LAFLEUR comme Pierre FROGIER, Président du Rassemblement-UMP, sont à l’origine du départ de Didier LEROUX. Ce dernier, candidat malheureux aux dernières législatives, a conditionné sa participation à la liste commune pour les élections provinciales de mai 2004, par le soutien de ses nouveaux amis à sa candidature aux législatives de 2007. Mais comment l’Avenir Ensemble, qui se réclame de l’UMP, pourra-t-il soutenir un candidat UDF ? Quant à Marie-Noëlle THEMEREAU, elle avait abandonné la politique, usée par les coups que lui portaient entre autres, Philippe GOMES et accessoirement Harold MARTIN, lorsqu’elle a suggéré la mise en place du RUAMM (Régime Unifié d’Assurance Maladie, Maternité).

Le Rassemblement-UMP, au pouvoir pendant 20 ans, s’est retrouvé dans l’opposition, situation qu’il n’a jamais connue auparavant et qu’il a eu beaucoup de mal à assumer.
Des dissensions internes vont très vite voir le jour et la première fracture va se produire, elle n’est pas la plus anodine : le départ de Jacques LAFLEUR, son Président charismatique.

Ce départ sera suivi de celui de Françoise SAGNET, élue à la Province Sud et au Congrès. Quelques temps auparavant c’est Suzie VIGOUROUX, sa colistière qui, au cours de l’élection des membres du Gouvernement, s’était trompée dans ses votes attirant sur elle, les foudres du Rassemblement. La suspicion qui planait sur elle, l’obligea à démissionner. Mais, elle en fut dissuadée par les responsables du parti au pouvoir. Elle se rétracta, au dernier moment et le Président du Congrès refusa sa démission. Le Rassemblement intenta une action en justice. Le Tribunal Administratif fut saisi, puis le Conseil d’Etat. Le Rassemblement fut débouté.
Une information judiciaire fut même ouverte et plusieurs personnes entendues par la Police. Cette démarche traduit également la difficulté du Rassemblement à s’organiser.

Désormais, le Rassemblement va user de tous les moyens pour essayer de retrouver la place qu’il a perdue sur la scène politique. Mais les mois qui vont suivre seront mouvementés pour le parti, partenaire de l’Etat et du FLNKS, dans les « Accords de Matignon » et l’ « Accord de Nouméa ».

Cette nouvelle donne politique m’a interpellé. La rupture de 2004 a installé la Nouvelle-Calédonie dans une période d’instabilité qui annonce des jours difficiles. N’oublions pas que nous devons envisager aujourd’hui la « sortie » de l’Accord de Nouméa et la question de l’avenir de ce pays reste entière.

Une longue période de réflexion s’est ouverte à moi. La nouvelle organisation imposée au sein du Rassemblement a mis à mal la cohésion qui a toujours fait sa force. Elle a abouti à l’exclusion d’élus et non des moindres et de nombreux militants, qui ont perdu confiance en leurs responsables.
Moi-même, depuis 2004, je n’ai jamais eu ma place au sein du parti, ma légitimité étant paradoxalement contestée au sein de ma propre famille politique.

Le temps de la réflexion est maintenant terminé, j’ai décidé de passer à l’acte.

Aujourd’hui, il est grand temps de retrouver les moyens de redonner confiance aux Calédoniens.
Depuis quelques semaines, j’ai pris la décision de créer un nouveau projet politique. Cette initiative, je la murissais depuis plusieurs mois. Je peux compter sur l’expérience de Jacques LAFLEUR qui est à l’origine de mon engagement.
Nous avons décidé d’appeler le nouveau parti, le RPC (Rassemblement Pour la Calédonie). C’est dans l’esprit de ce qui a prévalu le 21 avril 1977, lorsque, avec quelques anciens, il a lui-même créé, le RPC, qui deviendra, quelques mois plus tard, le RPCR (Rassemblement Pour la Calédonie dans la République), à la demande de Jacques CHIRAC, alors Président du RPR et Maire de Paris.

Mon initiative s’est répandue comme une traînée de poudre. Je constate un réel engouement des Calédoniens à l’idée d’adhérer à une nouvelle formation politique en Nouvelle-Calédonie. Je multiplie les réunions d’informations.
Cette adhésion est à mes yeux la traduction d’un raz le bol. Elle est aussi l’expression des craintes et des doutes quant à l’avenir.

Pour réussir, je veux pouvoir compter sur le soutien de personnalités du monde économique, associatif, sportif, culturel et religieux et j’aurai aussi besoin de votre soutien.

Les enseignements que je tire de cette initiative sont très positifs. Elle montre que beaucoup de Calédoniens ont la volonté de prendre en main leur destin.
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