le blog de Simon Loueckhote

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Le câble sous-marin, un investissement confisqué

Publié le 20 Octobre 2006 par loueckhote simon in Divers

 

On en parlait depuis quelque temps. Il était attendu par tous. Le câble sous-marin va révolutionner la vie des Calédoniens pour les 50 prochaines années. Il va réduire les distances et les délais entre notre archipel et le reste du monde.
 
Pourtant ce projet soulève aujourd’hui de nombreuses interrogations.
 
Cet investissement va-t-il profiter à tous les Calédoniens ?
J’avais pu obtenir du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, que la connexion des Iles Loyauté et de l’ensemble de la Grande-Terre se fasse en même temps que Nouméa. Mais dans quelles conditions ? Nous n’en savons rien.
 
Je me demande, par ailleurs, si un projet de cette nature, réalisé par un établissement public, pour le compte de la Nouvelle-Calédonie, ne relève pas d’une concession de service public. Le gouvernement local a en effet décidé d’en confier la réalisation à l’Office des Postes et Télécommunications de la Nouvelle-Calédonie. Or, cette opération aurait pu obtenir une aide substantielle, au titre de la défiscalisation instituée par la Loi Girardin. Cependant, les exigences de l’Etat ne s’accommodent pas du secret entretenu autour de ce projet. Qu’à cela ne tienne, les 8 milliards de FCFP (66 millions d’Euros) seront financés en partie sur fonds propres et en partie par un emprunt.
Mais c’est bien l’usager calédonien, qui va finalement payer la facture et il ne sait pas à quel prix !
 
Le câble sous-marin est l’exemple même de ce qu’il ne faut pas accepter. C’est un dossier confisqué par l’Office des Postes avec la complicité du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
La Nouvelle-Calédonie étant en effet compétente en matière de concession de service public selon les dispositions de la Loi organique de mars 1999, le Congrès de la Nouvelle-Calédonie aurait dû en être saisi et les conditions de réalisation de cette opération, portées à la connaissance de ses membres.
La première assemblée de la Nouvelle-Calédonie ne doit pas être considérée comme une boîte aux lettres. Ses membres sont les représentants des Calédoniens et le Parlement leur a donné la compétence d’attribuer les concessions de service public. Un débat dans l’hémicycle du Boulevard Vauban aurait certainement permis de mieux éclairer les élus et de leur faire prendre leur responsabilité.
Alors pourquoi à tout prix éviter un débat public sur ce dossier ?
 
Trop de zones d’ombre planent sur cette affaire.
La qualité du signal sera-t-elle identique sur l’ensemble du territoire ?
L’internaute de Koumac, de Belep ou encore d’Ouvéa paiera-t-il le même prix à la connexion que celui de Nouméa ?
Pourquoi l’île de Maré n’est-t-elle pas reliée par le câble ? La solution retenue pour cette île lui offrira-t-elle la même qualité de service ?
Dans quel délai la Nouvelle-Calédonie sera-t-elle complètement reliée ?
 
Autant de questions qui sont, à ce jour, sans réponse.
 
 
             
             
 
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