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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Que sera la société calédonienne de demain ?

Publié le 19 Octobre 2006 par loueckhote simon in Politique

 
En 2004, les Calédoniens ont voulu le changement. Plus de deux ans après les élections du mois de mai et l’alternance qu’elle a entraînée, à la tête des institutions de la Nouvelle-Calédonie, chacun est déjà en mesure de tirer les enseignements de cette période de gestion par une majorité hétéroclite qui mène une politique électoraliste nous conduisant tout droit à la rupture de nos liens avec la France. La majorité actuelle n’est pas capable de parler d’une seule voix à nos partenaires indépendantistes. Comment pourrait-elle alors, dans une telle cacophonie, négocier la sortie de l’Accord de Nouméa, dans l’intérêt de tous les Calédoniens ?
 
         La défaite électorale du Rassemblement a été pour certains une jubilation. Mais somme toute, cette euphorie aura été de courte durée.
Le sentiment de revanche, sur lequel elle se fondait, n’a jamais été relayé par la définition d’un grand projet pour la société calédonienne, par un partage de valeurs. Bien au contraire, il a entraîné le repli des Calédoniens sur eux-mêmes.
 
         La réalité calédonienne d’aujourd’hui, 18 ans après la signature des Accords de Matignon, c’est l’échec de la politique de rééquilibrage de l’activité économique, une recrudescence de l’exode des populations vers Nouméa et le Grand Nouméa, avec, en corollaire, l’accroissement des inégalités. Car les conditions d’accueil très médiocres des plus défavorisés ne permettent pas leur ascension sociale et portent, en elles, les semences d’un mouvement révolutionnaire. Alors il sera à nouveau aisé de puiser dans la source intarissable de la frustration pour faire miroiter le mythe de l’indépendance comme solution à tous les problèmes.
 
         Ce terrain de la frustration est d’ores et déjà utilisé pour désigner, dans un grand élan de xénophobie, les fameux coupables : les « étrangers ». Tout le problème est que cette notion d’étrangers est à géométrie variable. Certains montrent du doigt les Philippins, qui participent à la construction de l’usine du Sud mais beaucoup vont plus loin et désignent comme la source de tous leurs problèmes certaines ethnies et bien sûr les « métros », qui viennent « prendre leurs emplois » parce qu’ils sont en situation d’échec, en France métropolitaine. A l’image d’Oscar TEMARU, qui veut débarrasser la Polynésie de tous ces « détritus », allons donc droit au but.
 
         Quoi de plus simple en effet que de renvoyer cette main d’œuvre envahissante, qualifiée, qui effectue ses heures de travail, investit en Nouvelle-Calédonie, paie ses impôts et que l’on ne voit pas souvent défiler derrière une banderole ?
 
         Assumons aussi, par la même occasion, toutes les compétences dont le transfert à la Nouvelle-Calédonie est prévu mais que nous n’avons pas encore souhaité obtenir (on se demande bien pourquoi ?).
 
         Soyons enfin autonomes et libérés de tous ceux qui nous volent nos richesses.
 
         L’Etat doit résorber un tel déficit budgétaire qu’il ne pourra que se féliciter de se désengager et de réduire son soutien financier à la Nouvelle-Calédonie, qui représente, chaque année, plus de 120 Milliards de F.CFP, soit autant que les recettes fiscales de notre territoire.
 
         Accordons donc la priorité à l’emploi local, une bonne fois pour toutes.
        
         On réfléchira … mais demain, à des questions telles que le maintien de la gratuité de l’accès à l’enseignement pour nos enfants, la qualité de cet enseignement, le financement des formations qualifiantes pour nos jeunes, la création d’activités économiques qui offrent des emplois, le financement de nos retraites, la sécurité …
 
         Et au moins, on sera entre nous, les CALÉDONIENS !!!
 
         Mais encore faut-il savoir qui est Calédonien !
 
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