le blog de Simon Loueckhote

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Simon Loueckhote prend la tête du nouveau parti de Jacques Lafleur

Publié le 31 Octobre 2006 par loueckhote simon in Presse - Communiqués - Allocutions

Le Sénateur Loueckhote avait promis de ne rien dire jusqu’au 14 octobre. Maintenant, c’est officiel : c’est lui qui dirige le mouvement de Jacques Lafleur.

La rumeur courait depuis quelque temps que Simon Loueckhote pourrait prendre la présidence du Rassemblement pour la Calédonie, le nouveau parti fondé par Jacques Lafleur. C’est chose faite.
 
Les Nouvelles calédoniennes : Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à rejoindre le nouveau parti fondé par Jacques Lafleur ?

Simon Loueckhote : C’est une vieille histoire qui remonte aux élections du président du Rassemblement. Je n’étais pas du tout favorable à ces élections. Poussés par la modernité et l’exemple de l’UMP en France, nous avons voulu faire comme ce parti. C’est-à-dire laisser une grande part à la démocratie interne. Mais en Nouvelle-Calédonie, on ne réagit pas de la même façon. C’est pourquoi j’étais contre ces élections. Je savais que ça laisserait des traces. Je suis même intervenu auprès de Frogier pour le dissuader. Mes craintes se sont révélées exactes. Le départ de Jacques Lafleur, personnalité charismatique, a mis le doute dans la tête de nombreuses personnes. Le Rassemblement tenait grâce à lui. De plus, au fil du temps, j’ai fait le constat que le rassemblement UMP avait perdu son esprit de départ. Quand Jacques Lafleur a fondé le RPC en 1977, son idée était celle d’une grande case dans laquelle chacun devait se sentir bien. C’était véritablement l’idée de rassemblement et non d’exclusion. Aujourd’hui, certains ne veulent pas laisser la place aux autres. On est là dans l’exclusion. Et quand on voit le climat social actuel, on constate que les acteurs ne sont plus là. Il y a un vide rempli par les syndicats et les associations. On n’est plus du tout dans l’esprit des accords de Nouméa. Je crois que le Rassemblement n’a plus la capacité de donner de l’espoir aux Calédoniens.

LNC : Pourquoi avez-vous mis autant de temps à officialiser votre départ du Rassemblement ?
S. L. : J’avais fait une promesse. Celle de ne rien dire officiellement jusqu’au 14 octobre. J’ai tenu ma promesse. Bien sûr, j’ai fait de nombreuses réunions durant ce temps. Mon départ était un secret de Polichinelle. Mais je n’ai fait aucune annonce publique avant le 14 octobre comme je m’y étais engagé.

LNC : Allez-vous accepter, comme vous le demande Jacques Lafleur, de prendre la présidence du RPC ?
S. L. : C’est fait. J’ai accepté d’être à la tête du bureau provisoire du Rassemblement pour la Calédonie. Lorsque nous aurons rallié tout le monde, nous ferons une grande assemblée et installerons le bureau définitif. Mais pour l’instant, nous n’avons pas défini de date.

LNC : Est-il vrai que les adhésions au RPC augmentent depuis les primaires du Rassemblement ?
S. L. : Et c’est normal. Pierre Maresca a été battu à la suite d’une campagne de dénigrement. Il a été battu à cause de son âge et de ses origines. C’est inadmissible. Mais effectivement, nous avons beaucoup de personnes déçues qui se tournent vers nous. Les déçus du congrès du Rassemblement nous rejoignent. D’autres nous rejoindront. Il y a une attente forte de la part des personnes.

LNC : N’avez-vous pas l’impression que les gens se tournent vers vous par défaut ?
S. L. : En partie. Mais c’est à nous de créer les conditions pour que ce ne soit pas que par défaut mais pour notre politique. Nous devons retrouver l’esprit de 1977. La confiscation du pouvoir par certains risque de nous conduire à recréer les conditions qui ont conduit la Nouvelle-Calédonie à des événements dramatiques. Il faut veiller à ne pas recommencer. Nous avons déjà plus de 1000 adhérents. Je dis aux militants du Rassemblement qui démissionnent qu’ils ont raison de le faire. Ça mûrit doucement et il est possible que d’ici quelques jours, il puisse se passer quelque chose...

LNC : Depuis ses primaires, Pierre Maresca a pris du recul avec le Rassemblement. Avez-vous des contacts avec lui ?
S. L. : Avec lui et avec d’autres. J’ai des contacts avec Jean Lèques, Marianne Devaux, Pierre Bretegnier... Je leur ai clairement dit que j’avais besoin d’eux.

LNC : Jacques Lafleur laisse entendre que son parti sera présent aux législatives. Sera-t-il candidat ?
S. L. : Ce n’est pas impossible. Il en a l’ambition mais on est encore à huit mois des législatives.

Propos recueillis par Patricia Calonne 

 Source : les Nouvelles-Calédoniennes / Politique

 
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