Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

[ Suite ] Interview de Jacques LAFLEUR à Radio Océane, le vendredi 24 novembre 2006

Publié le 26 Novembre 2006 par Loueckhote Simon in Politique

Véronique LOISEL : vous en parliez il y a un instant, les projets miniers. Quel est votre regard sur les différentes discussions....
 
Jacques LAFLEUR : il faut bien reconnaître que ceux qui ont la charge de ce dossier, n'ont aucune compétence. Vouloir s'attribuer les compétences dans ce domaine là et éliminer l'Etat, est une erreur énorme. D'abord, quelques soient les projets, ils vont avoir besoin d'une défiscalisation de l'ordre du milliard d'Euros. Si l'Etat ne donne pas ce milliard d'Euros, il n'y aura de projet, ni dans le Sud ni dans le Nord. On assiste à des échanges qui peuvent donner de l'optimisme à la Nouvelle-Calédonie mais pour le moment on n'a rien vu. On parle beaucoup de l'OPA des Brésiliens sur l'International Nickel, on parle de la venue de Xstrata qui aurait acheté Falconbridge mais rien encore ne s'est réalisé. On oublie l'essentiel, c'est souvent ce que l'on fait en Calédonie. On oublie qu'il y a une société qui fait du métal, qui a été au bout de son programme, qui investit, qui gagne beaucoup d'argent, qui le redistribue en partie au pays parce que dans nos négociations de l'époque, le Territoire était associé à Eramet-SLN. Et c'est la seule société qui fasse du métal. Certains dirigeants, pas Paul NEAOUTYINE, de la Province Nord, de la Sofinor et de la SMSP, vivent sur l'illusion ou imaginent qu'on peut faire de l'argent plus rapidement et exploiter le Koniambo comme ils ont exploité les gisements que je leur ai laissés dans la SMSP. A cet égard, je voudrais d'ailleurs leur dire et dire à la Nouvelle-Calédonie que depuis que j'ai donné la SMSP, ils ont enlevé onze millions de tonnes de minerai et qu'ils ont gagné beaucoup d'argent et beaucoup plus d'argent que moi.
 
Véronique LOISEL: donc selon vous, l'usine du Nord un peu utopique... réaliste ?
 
Jacques LAFLEUR : et c'est dommage parce que les prix des matières premières concernées ont atteint des sommets. Il y a des demandes énormes de l'Inde, la Chine, tous ces pays émergents et j'espère qu'on ne laissera pas passer cette occasion. La Nouvelle-Calédonie a beau être la plus grande réserve mondiale de nickel, il y en a ailleurs. Le Brésilien, quand il a acheté Inco, il a aussi acheté un procédé. Un procédé de traitement par l'acide sulfurique, c'est beaucoup plus économique que de faire des fours électriques.
 
Véronique LOISEL : changeons de domaine, venons-en à la politique. L'investiture du candidat du Rassemblement pour les législatives, a été le déclencheur d'une fracture supplémentaire au sein de votre ancien parti. Cela vous a-t-il surpris ?
 
Jacques LAFLEUR : non car vous savez, qui a bu boira si je puis dire. Pierre MARESCA est aujourd'hui à Paris en train de se plaindre de ce que lui a fait FROGIER, ce n'est pas une bonne image que l'on donne. Les gens m'ont mis dehors grâce à des procurations et celui qui le comprend le mieux aujourd'hui, c'est ce pauvre MARESCA. Il a été mis à la porte à coup de procurations. Il y avait 500 personnes dans la salle, je dis 500 pour leur faire plaisir parce qu'ils étaient moins, et il y a eu 3 000 votants...
 
Véronique LOISEL : ... donc énormément de procurations...
 
Jacques LAFLEUR : ... le reste, ce sont des procurations. On a clairement dit à tous ceux qui venaient voter. On, c'est en général le club du Mont Dore. Le club du Mont Dore, ce sont des gens qui sont au service de FROGIER depuis longtemps, et qui ont donné comme instruction à ceux qui venaient voter, de voter pour YANNO et pas pour MARESCA. MARESCA, c'était le rêve de sa vie, il est tombé sur le menton et il a été en quelque sorte, l'arroseur arrosé puisqu'il avait déjà fait ça pour me mettre à la porte.
 
Véronique LOISEL: et pourquoi selon vous, cette volonté d'éloigner MARESCA ?
 
Jacques LAFLEUR : règle générale : tous ceux qui ont une valeur provoque des jalousies. Et les insuffisants veulent les éliminer. C'est ce qu'ils ont fait avec moi.
 
Véronique LOISEL : quant à votre probable candidature. Lors d'une interview aux Nouvelles Calédoniennes, vous avez dit que votre décision dépendra de la situation politique en Métropole et ici. Qu'entendez-vous par là ?
 
Jacques LAFLEUR : ce que j'ai voulu dire, et ce que je vais vous dire là, c'est que je ne crois pas qu'on puisse s'improviser Député de la Nouvelle-Calédonie. Excusez ma prétention mais après mon passage pendant 29 ans au Parlement, j'ai un réseau de relations, j'ai un réseau de connaissances qui touche tous les partis politiques, y compris le Parti Communiste. Ils savent ce qui a été fait ici. Celui qui ira me remplacer va mettre combien d'années avant qu'on le connaisse, avant qu'il ait une influence quelconque ? Et puis je connais tous les Ministres passés, tous les Ministres en devenir. Par exemple, François FILLON est un ami et si SARKOZY était élu, il sera Premier Ministre. Donc ça aide or les autres ne le connaissent pas. Si François BAYROU faisait un accord avec Ségolène ROYAL? François BAYROU ne fait que 6% des voix mais ces 6%, c'est ce qui va manquer à Ségolène ROYAL pour battre SARKOZY. Alors quels sont les accords qui seront faits? Nous en Nouvelle-Calédonie, on a besoin de parfaire notre culture politique et savoir tout ça. Je crois qu'il n'y en a pas beaucoup qui sont capables de rappeler les mérites locaux, nationaux et internationaux de la Nouvelle-Calédonie...
 
Véronique LOISEL : ... vous pensez donc être le candidat sans vouloir vous flatter...
 
Jacques LAFLEUR : (rires) je ne dis pas cela. Je crois que celui qui sera élu aura besoin de moi. Et la Nouvelle-Calédonie aura besoin de moi. D'ailleurs vous savez, je crois que tout le monde le sait aujourd'hui.
 
Véronique LOISEL : cette division même au sein des personnes qui se disent de l'UMP, n'est-elle pas le reflet de la situation politique actuelle de la Nouvelle-Calédonie ?
 
Jacques LAFLEUR : on ne compte plus les membres ou les partis, membres de l'UMP. Il y en a cinq aujourd'hui je crois. Tout le monde est à Paris pour avoir l'investiture de l'UMP. Curieusement, l'UMP ne répond pas. Elle ne sait pas trop quoi faire. Il faut savoir qu'en plus de MARESCA, YANNO, FROGIER, vous avez MARTIN, GOMES qui sont à l'UMP. Le seul qui ne soit pas à l'UMP, c'est LEROUX. Qui va se recommander de quoi ? Ma formule à moi est un petit peu différente, j'aurais préféré désigner un candidat à ma place que j'aurais aidé. Mai si la Nouvelle-Calédonie a besoin de moi, et je reprend votre formule, il est probable que je sois candidat.
 
Véronique LOISEL : je terminerai cet entretien, Monsieur le Député, en vous demandant si vous revenez sur la scène politique calédonienne aigri, déçu ou confiant ? En fait, gardez-vous une rancoeur envers ceux qui ne vous sont pas restés fidèles ?
 
Jacques LAFLEUR : je vais vous citer la phrase de Machiavel. Il dit : "en politique, il n'y a ni sentiment ni ressentiment". Je suis comme ça, je n'ai pas de ressentiment.
 
Véronique LOISEL : Jacques LAFLEUR, un très grand merci. Au revoir.
 
 
 
Commenter cet article