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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Interview de Jacques LAFLEUR à Radio Océane, le vendredi 24 novembre 2006

Publié le 27 Novembre 2006 par Loueckhote Simon in Politique

 

Véronique LOISEL : aujourd'hui dans nos studios, un invité connu et reconnu, Monsieur Jacques LAFLEUR, Député de la 1ère circonscription. Monsieur le Député, Bonjour. Merci de nous accorder un peu de votre temps, alors au cours de cette entretien, nous parlerons bien sûr de votre probable candidature aux législatives, mais dans un premier temps, il me paraît intéressant de faire un point sur ces quelques mois dans l'ombre. Ce temps passé, vous a sûrement permis, étant donné l'homme que vous êtes, de prendre du recul. Quelles réflexions vous êtes-vous fait ?
 
Jacques LAFLEUR : non, je ne crois pas que j'ai été dans l'ombre parce que ce qui m'intéresse, c'est l'action. Cette période a servi à expliquer aux Calédoniens, la situation dans laquelle, ils risquent de se trouver avec cette série d'élections qui a lieu en Métropole à savoir les présidentielles, ce sera l'un ou l'autre, les législatives, la formation du Gouvernement. J'en viens à ce qui est essentiel, c'est que la situation de la France va être extrêmement difficile. Ceux qui vont gouverner la France, vont devoir entamer une foule de réformes. Notamment faire des économies, relancer la croissance pour l'emploi et rembourser la dette qui est monstrueuse. Ceux qui vont avoir en charge ces réformes, j'en ai vu beaucoup pendant mon séjour à Paris il y a quelque temps, aiment bien la Nouvelle-Calédonie. Ils sont généreux à son égard parce que la Nouvelle-Calédonie a fait un certain nombre de choses qui ont été remarquables. Elle l'a fait avant l'Afrique du Sud et le monde entier en a parlé. La réconciliation avec nos voisins, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, a fait que la France a été agréablement surprise par ce que nous avions été capables de faire. La poignée de mains entre Jean-Marie TJIBAOU et moi-même a donné une image progressiste de la Nouvelle-Calédonie. Par conséquent, sachant ce que les Français vont subir, je me suis dit que les difficultés qu'ils vont être obligés de payer, ils voudraient bien en payer une partie pour la Nouvelle-Calédonie. A condition que celle-ci n'apparaisse pas comme un pays peuplé de bourgeois retardataires, ce que l'on voit aujourd'hui. C'est-à-dire que ce sont seulement des Européens qui dirigent ce pays, que ce soit l'Avenir Ensemble ou le Rassemblement, et toutes les autres ethnies ont disparu de la direction. Si on donne cette image là, il ne faut pas attendre de la France qu'elle soit très généreuse avec nous. Et si elle n'est pas généreuse, vous allez sans doute me parler des projets miniers, ça ne se bouscule pas, ça vient mais rien ne se fait, et bien la France ne nous fera pas trop de cadeaux. Je crois que si elle ne nous fait pas de cadeaux, on aura une crise sociale. Et dans une crise économique et sociale, les premiers pénalisés sont les Mélanésiens. 
 
Véronique LOISEL : vous parlez de, peut-être, crise économique ou sociale, vous en tant qu'acteur durant de nombreuses années, du développement de la Nouvelle-Calédonie, que pensez-vous de cette situation actuelle ?
 
Jacques LAFLEUR : pardonnez-moi de vous reprendre, je ne dis pas peut-être, je dis, c'est certain. Vous savez, il y a dix-huit mois le petit FROGIER, je dis petit FROGIER car il n'arrive pas à être grand dans ses idées, m'a mis en congé. On a monté un coup avec des procurations et on m'a renvoyé chez moi. J'étais convaincu d'une chose. C'est que lorsque les gens seraient conscients qu'il y avait des problèmes, ils s'interrogeraient, ils constateraient et ils reviendraient me voir. Ce qu'ils ont fait. Je vous ai entendu interroger Simon LOUECKHOTE. Simon LOUECKHOTE fait un gros travail au Sénat, il est extrêmement loyal à l'égard de nos idées qui sont de rassembler tout le monde sur l'essentiel et d'entretenir un dialogue. Aujourd'hui, ce dialogue n'existe plus. Sous peine de le rétablir, la Nouvelle-Calédonie va connaître de gros problèmes. Je n'ai plus de responsabilité, si les Calédoniens veulent que j'en ai, il faut qu'ils nous aident Simon LOUECKHOTE et moi.

 

 

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