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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Simon LOUECKHOTE 

Publié le 11 Janvier 2007 par Loueckhote Simon in Politique

Un Sénateur sur tous les fronts

Le président du RPC est, en ce moment, un peu de toutes les batailles. Anti-hégémonique d'abord : son parti politique sera en effet bien présent dans chacune des deux circonscriptions, et ce malgré l'investiture accordée par l'UMP aux candidats du Rassemblement. Contre le gel du corps électoral ensuite, avec examen du texte au Sénat, le 16 janvier.

Le sénateur Loueckhote reste serein. Fort des quelque 1 500 adhérents que compte son parti, le RPC, il balaie d'un revers de main un peu méprisant, l'investiture accordée par l'UMP aux candidats du Rassemblement, Pierre Frogier et Gaël Yanno. « Si c'est une victoire, celle-ci sera dans quelque temps bien lourde à porter ».

«  Bien sûr, cela donne un caractère officiel à leur candidature ; c'est un petit plus » , concède-t-il, regrettant surtout que cela « prête à confusion dans l'esprit des Calédoniens : c'est la première fois qu'on assiste ici à une telle désignation, et de nombreuses personnes m'ont déjà accosté pour me demander si d'autres candidatures allaient être possibles ».

Jacques Lafleur à nouveau partant

La réponse, elle, ne laisse place à aucun doute : « Le RPC affiche clairement les ambitions et les objectifs propres à toute formation politique. C'est pourquoi nous présenterons un candidat dans chacune des deux circonscriptions ». On sait déjà que Jacques Lafleur est à nouveau partant dans la première – « il ne s'en est guère caché ces derniers temps ». Quid de la deuxième ? « Nous sommes encore à la recherche du meilleur d'entre nous », sourit le président du RPC. Vendredi dernier, un communiqué émanant du parti semblait critiquer à mi-mot la décision de « cantonner les Calédoniens qui soutiennent l'UMP, à un choix unique ». Simon Loueckhote persiste et signe : « Ce n'est pas parce que l'UMP a choisi Gaël Yanno et Pierre Frogier, qu'il s'agit des meilleurs candidats pour la Calédonie   ; ce n'est pas Paris qui va choisir nos candidats, encore moins les élire. Ce sont les Calédoniens. Ils sont suffisamment mûrs et vaccinés pour ça ». (exergue)

Préserver le maintien des équilibres politiques

Sur le projet politique de son parti, le président du RPC est disert et enthousiaste. Explique que « d'une certaine façon à mon grand dam, car je n'ai jamais considéré mon appartenance ethnique comme un alibi, le fait d'être un Mélanésien à la tête d'un parti loyaliste m'attire la confiance des Européens - en plus bien sûr de celle des Mélanésiens ». Se fait le relais des craintes qu'il semble rencontrer sur le terrain, comme le laxisme apparent de l'Etat, ou la place des métropolitains en Calédonie. Défend son projet de parti, qui n'existe pas « contre le Rassemblement de Pierre Frogier » . Mais « pour défendre des idées, des convictions » . Le premier cheval de bataille du sénateur Loueckhote, c'est « le maintien des équilibres politiques, mais pas par le biais d'artifices comme le gel du corps électoral. Il existe d'autres solutions, plus harmonieuses » . Mais là, on touche au programme électoral. Et « il n'est pas encore l'heure d'en parler ».

Gel du corps électoral

« Il fallait consulter les Calédoniens »

« L'Accord de Nouméa prévoyait un corps électoral glissant pour les Provinciales, figé pour le Referendum », martèle Simon Loueckhote.

« Mais ce que je condamne, c'est que le gouvernement français n'ait pas consulté à nouveau les Calédoniens pour leur expliquer que la donne avait changé » . L'accord secret passé entre le chef de l'Etat Jacques Chirac, Jacques Lafleur et Paul Néaoutyine, maintes fois évoqué ces dernières semaines ? « Jacques Lafleur nie son existence », affirme Simon Louekhote. Le combat de la dernière heure mené par son parti et surtout par le Rassemblement, qui tend à accentuer les communautarismes et les clivages de la société calédonienne ?

« Au contraire, il faut confronter nos opinions, arrêter de chacun asséner des vérités dans notre coin, en croyant qu'il s'agit de la seule vérité » .

« L'indépendance ici pourrait bien un jour être blanche ».

Le risque d'une reprise des événements ? « Chantage ! Comment savoir si les jeunes mélanésiens sont accrochés au gel du corps électoral, sans les avoir consultés ? Croyez-moi, l'indépendance ici pourrait bien un jour être blanche ». Concrètement, si 75 parlementaires ont signé la motion déposée par Simon Loueckhote et Charles Pasqua, « seule une trentaine d'entre eux s'est pour l'instant portée à la connaissance de la séance. Le Président de la République Jacques Chirac m'a appelé lui-même à plusieurs reprises pour me demander de laisser faire. Je lui ai répondu que je ne pouvais pas changer mon fusil d'épaule ; par contre , je lui ai garanti que je n'adopterai pas au Sénat, l'attitude qu'a adoptée Pierre Frogier à l'Assemblée. En revanche, j'utiliserai toutes les procédures possibles » . (exergue) Premier round, dès mercredi, avec la participation de Simon Loueckhote à l'examen du texte en Commission des Lois. Dernier round – en tout cas pour le sénateur – le 16 janvier avec l'examen du texte par la haute assemblée. Rappelons que le président du RPC avait annoncé sa démission de l'UMP si sa majorité venait à voter le texte au Sénat : « Mais Jacques Chirac m'a aussi demandé de ne pas démissionner »…

 

Source : « 20 Francs » N° 13 – 29 décembre 2006

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La Nouvelle Calédonie dans la France ! 10/01/2007 12:44

Continuez votre combat législative, et surtout ne baissez pas les bras !
Pourquoi vous ne lancez pas un REFERENDUM D'INITIATIVE POPULAIRE sur ce sujet en Nouvelle Calédonie pour que le Peuple Calédonien puisse s'exprimer ?
Jacques CHIRAC nous déçoit beaucoup sur ce sujet, car il a toujours pu compter sur la loyauté des Calédoniens en sa faveur, et à l'aube de son mandat, il crée un précédent unique dans la République Française : interdire à des français qui paient leurs impôts en Nouvelle Calédonie, ou qui viennent participer au développement de ce beau pays, qui n'est pas un Territoire d'Outre Mer assisté comme le sont quasiment tous les autres, de voter!
 
Et on veut mettre le droit de vote pour les étrangers en France : il y  a vraiment quelque chose qui ne va plus dans notre REPUBLIQUE !
Bonne chance en ce début 2007 et espérons que les parlementaires prendront conscience du risque de faire adopter ce texte, en contradiction avec le Conseil Constitutionnel de 1998 !