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Le Congrès fondateur du RPC le 14 avril 2007

Publié le 16 Avril 2007 par Loueckhote Simon in Politique

 
allocution
 
 
de Simon LOUECKHOTE
Sénateur de la Nouvelle-Calédonie
 
Président du RPC
 
A l’occasion du Congrès fondateur du RPC
du
14 avril 2007
 
 
Chers amis,
 
Aujourd’hui est un grand jour pour nous tous et je vous remercie d’être venus si nombreux participer à la création officielle de notre parti, le RPC.
 
Nous avons choisi cette date symbolique du 14 avril, parce qu’il y a 30 ans, Jacques LAFLEUR a réuni plusieurs milliers de personnes au Stade Brunelet, pour créer le RPC.
Certains d’entre vous ont vécu ce grand moment de l’histoire de notre famille politique et je suis heureux, aujourd’hui, de partager avec vous ces émotions intenses qui ont animé les pères fondateurs de notre parti.
 
Aujourd’hui, c’est la renaissance du RPC, parce qu’il nous faut revenir à l’esprit fondateur de notre mouvement, celui qui a fait de la Nouvelle-Calédonie ce qu’elle est devenue, une terre de paix et de prospérité.
 
Alors, vous le savez, nos détracteurs disent que le RPC est un parti du passé, que c’est une idée réchauffée.
 
Mais, en réalité, où en est-il le parti que Jacques LAFLEUR a créé et dont il a été exclu ?
 
Ce parti a perdu le sens des valeurs du RPC, je veux notamment parler de cet esprit de cohésion, du respect entre toutes les communautés, qui faisaient la force de notre mouvement.
 
Si Jacques n’avait pas réussi à imposer cet état d’esprit là, il n’y aurait pas eu les Accords de Matignon ni l’Accord de Nouméa.
 
Aujourd’hui, vous constatez que la Nouvelle-Calédonie s’enfonce à nouveau dans le communautarisme et si nous les laissons faire, notre terre à tous, continuera d’aller à la dérive.
 
Je refuse cette fatalité.
Nous refusons cette fatalité.
 
Comme ce fut le cas il y a 30 ans, nous refusons que le destin de notre pays soit laissé entre les mains d’irresponsables.
 
Tu as souvent affirmé, Jacques, que tu voulais te retirer de la scène politique, mais nous sommes très nombreux à ne pas avoir accepté la façon dont tu as été trahi et maltraité, en juillet 2005, par ceux qui ont prétendu prendre ta succession.
 
Le résultat est celui que chacun constate un peu plus chaque jour, l’implosion de la grande famille politique que tu as créée.
 
Alors, il nous faut aujourd’hui recoller les morceaux, avec les personnes qui t’ont soutenu et qui sont soulagées de te voir à nouveau sur la scène politique.
 
Il nous faut recomposer notre mouvement avec celles et ceux qui sont prêts à servir les intérêts de la Nouvelle-Calédonie.
 
Et nous avons encore besoin de toi, Jacques, pour atteindre cet objectif.
Il y a aujourd’hui, autour de nous, un grand nombre de jeunes qui ont compris que tu as un message à leur transmettre, que tu peux leur montrer la voie. C’est cela la force de notre mouvement.
 
Mes chers amis, le RPC est le parti de l’avenir, à l’image de tous ces jeunes qui sont aujourd’hui présents et qui croient en notre capacité à maintenir la prospérité en Nouvelle-Calédonie, à créer les conditions pour qu’ils aient une formation, un emploi, un logement, bref à tout mettre en œuvre pour leur préparer un destin heureux.
 
Beaucoup d’entre vous, avez toujours connu la paix sur cette terre mais nombreux sont ceux qui savent qu’elle a été acquise dans la douleur.
 
Mes chers amis, nous avons choisi aujourd’hui de créer le RPC, avec vous tous, parce que la situation de la Nouvelle-Calédonie le requiert, parce que notre avenir s’est assombri et que nous voulons le voir à nouveau inondé de la lumière de l’espoir.
 
Vous avez pu observer que les indépendantistes ont décidé de s’engager, cette année, dans les élections présidentielles. Ils le font car ils comptent sur la gauche pour leur donner l’indépendance, à laquelle ils n’ont jamais renoncé.
 
L’appel massif des indépendantistes à voter pour la candidate socialiste est sans équivoque : ils annoncent qu’un Président de gauche donnera toutes les compétences à la Nouvelle-Calédonie, dès 2009, en prétendant que la France s’engagera à transférer les moyens financiers pour les assumer.
 
Tout ceci est irréaliste, nous le savons bien.
 
Qui peut croire que la France continuera de financer les charges de la Nouvelle-Calédonie, après la rupture de nos liens ?
 
Nous le savons d’autant plus, que nous ne cessons de nous battre, Jacques et moi, au Parlement, pour que la France ne réduise pas le soutien qu’elle apporte au développement de la Nouvelle-Calédonie, alors qu’elle est, elle-même, dans une totale impasse budgétaire.
 
Le gel du corps électoral, qui nous a été récemment imposé par le Parlement, est un sérieux avertissement pour nous tous.
 
Jamais cette réforme constitutionnelle ne se serait faite contre la volonté du RPCR, signataire de l’Accord de Nouméa, du temps où il était conduit par Jacques LAFLEUR.
 
Il a suffi aux indépendantistes de brandir la menace d’un retour aux troubles, pour que cette réforme constitutionnelle soit adoptée, en Métropole.
 
Vous avez pu constater que l’Avenir Ensemble, le parti de la compromission, a apporté sa caution au gel du corps électoral, parce qu’il a besoin de ses partenaires indépendantistes pour son maintien au pouvoir.
 
Dès le début de l’année 2006, j’ai demandé au Président du Congrès, d’organiser un débat sur le gel du corps électoral. Il l’a refusé car il n’ose pas tenir tête aux indépendantistes. Il a besoin de leurs voix pour se maintenir au pouvoir.
 
De plus, l’éviction de Didier LEROUX, par Philippe GOMES, fragilise davantage la majorité bancale qu’ils ont installée, avec l’aide des indépendantistes. Didier LEROUX est désormais complètement marginalisé, il en parlait lui-même hier dans la presse. Il faut s’attendre à une recomposition du gouvernement dans quelques semaines.
 
Ne nous y trompons pas, l’Avenir Ensemble, ce parti des affaires, fera demain de plus grosses concessions pour préserver les petits privilèges des uns et les intérêts des autres.
 
Mes chers amis, il nous faut donc reprendre le chemin de la résistance.
 
Il nous faut, une fois encore, nous mobiliser pour notre maintien dans la République et nous y parviendrons, à condition que le RPC redevienne, grâce à vous, le puissant parti qu’il a été.
 
Lorsque tu as créé le RPC, Jacques, le 17 avril 1977, la Nouvelle-Calédonie avait une assemblée territoriale de 35 membres et 14 partis politiques la composaient.
 
Aujourd’hui, l’Avenir Ensemble, ce parti assoiffé de pouvoir, gère des majorités de circonstances, tant avec le Front National qu’avec les indépendantistes.
 
Parallèlement, ceux qui prétendent avoir pris ta succession divisent, un peu plus, ce que fut notre grande famille et n’en finissent plus d’écarter les indésirables, au nom de ce qu’ils ont appelé la refondation.
 
En peu de temps, depuis 2004, on est parvenu à un paysage politique similaire, à une balkanisation des partis politiques et c’est cette division qui laisse le champ libre aux indépendantistes.
 
C’est pourquoi nous avons besoin d’un parti fort pour barrer la route à ceux qui bradent les intérêts de la Nouvelle-Calédonie.
 
Pensez-vous que l’avenir de nos enfants sera préservé avec l’équipe qui est actuellement aux commandes ?
 
Voulez-vous que le destin de nos enfants soit confié à ceux qui seront prêts demain à toutes les compromissions, pour se maintenir au pouvoir ?
 
Mes chers amis, deux ans après sa création, le RPC s’est imposé comme le plus grand parti politique du Territoire avec 15 sièges et il a poursuivi son ascension jusqu’aux événements de 1984.
 
C’est grâce à la force du RPC devenu RPCR, que Jacques LAFLEUR a pu résister face à certaines volontés politiciennes, à Paris notamment, qui visaient à diviser la Nouvelle-Calédonie et à rompre ses liens avec la France.
 
Aujourd’hui, nous avons un nouveau défi à relever, Jacques et moi, et avec vous tous.
 
Dans deux ans, aux élections provinciales de 2009, nous serons la principale force politique avec laquelle il faudra compter.
 

Voilà notre ambition !

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