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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

(FIN) Allocution à l'occasion de l'examen du projet de loi de finances pour 2008

Publié le 3 Décembre 2007 par Loueckhote Simon in Politique

La gestion autonome de nos collectivités repose sur deux piliers que sont la liberté d’action mais aussi des moyens suffisants pour mettre en œuvre nos politiques publiques, en faveur de nos populations.
 
On peut concevoir que nos collectivités ultramarines se soucient de la pérennité de leurs ressources dans le contexte d’un éventuel désengagement de l’Etat, eu égard aux contraintes qui pèsent sur le budget de la France.
 
Je voudrais, à cet égard, évoquer le cas de la Nouvelle-Calédonie, qui, comme vous le savez est engagée dans un processus d’autodétermination, qui se traduira par l’organisation d’une consultation locale à partir de 2014.
 
Le transfert de compétences est une étape supplémentaire dans le processus de décentralisation inclus dans l’Accord de Nouméa mais l’Etat - et il faut s’en féliciter - continue d’accompagner et de financer les politiques publiques des collectivités de Nouvelle-Calédonie, notamment par le biais des contrats de développement.
 
La stabilité politique actuelle qui est le fruit de la signature des accords de Matignon et de l’Accord de Nouméa nous permet de nous concentrer sur la question du développement économique de notre archipel.
 
Les grands projets de construction d’une usine de traitement du Nickel dans le Sud et d’une seconde, en province Nord nous font espérer un rythme de croissance soutenue, pendant quelques années.
 
Ainsi les perspectives qu’ouvre l’essor de l’activité Nickel confortent ceux qui pensent que la Nouvelle-Calédonie peut s’affranchir de la France et devenir indépendante.
 
Actuellement, l’idée dans l’air du temps est de faire payer une redevance aux opérateurs miniers, sur la tonne de minerai de Nickel extraite, de façon à accroître les ressources propres de notre collectivité, et ce, nous dit-on, dans un contexte de désengagement de l’Etat.
 
La forte autonomie dont bénéficient les Calédoniens ne doit pas nous faire oublier les handicaps structurels, que nous devons corriger pour asseoir le développement économique et social de notre archipel sur des fondements pérennes.
 
Depuis plusieurs décennies, nous misons notre développement économique sur l’essor de l’activité Nickel et nous avons de réelles difficultés à diversifier notre économie.
 
Bien entendu la construction de deux nouvelles usines de traitement du minerai de Nickel est une formidable opportunité pour l’essor de la Nouvelle-Calédonie. Mais les opérateurs miniers ne sont pas des bienfaiteurs, ils sont là pour réaliser des profits et il ne se substitueront pas à l’Etat, en cas de crise du Nickel.
 
Parallèlement, nous mesurons bien la difficulté de créer des zones d’activité durables sur l’ensemble de notre territoire, en dépit de la manne financière qui est injectée, maintenant depuis plus de vingt ans, par les provinces en Nouvelle-Calédonie.
 
En 2008, nous célébrerons les 20 ans des accords de Matignon.
Si nous sommes en mesure de faire un bilan politique, il est temps de dresser un bilan économique de l’introduction de la décentralisation en Nouvelle-Calédonie.
 
Je ne veux pas tomber dans la caricature de présentation des élus locaux comme étant de mauvais gestionnaires mais il faut avoir le courage politique de mettre en évidence les faiblesses du processus, de façon à les corriger et à tenir le langage de la réalité.
 
L’accroissement des ressources propres d’une collectivité permet certes l’exercice d’une gestion autonome mais il ne faut pas confondre cette logique qui s’applique à l’ensemble de l’outre-mer avec la croyance idéologique d’un désengagement de l’Etat, en Nouvelle-Calédonie et je pense que Monsieur le Ministre nous le confirmera.
 
Les véritables questions sont en effet l’équilibrage et la pérennité de notre activité économique et je crois que c’est une préoccupation qui est commune à l’ensemble des collectivités ultramarines.
 
Monsieur le Ministre, mes chers collègues, l’outre-mer doit s’inscrire dans le contexte actuel des grandes réformes qui sont conduites par le Président de la République et le Gouvernement.
Ce n’est pas par de simples mesures financières à la hausse ou à la baisse que nous permettrons à l’outre-mer de définir et d’occuper toute la place qui est la sienne.
 
C’est pourquoi nous sommes demandeurs d’un véritable projet pour l’outre-mer et souhaitons qu’il soit défini en pleine concertation avec les responsables des collectivités ultramarines.
Je vous remercie.
 
 
 
 
 
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