le blog de Simon Loueckhote

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Comité des Signataires, 6ème du nom

Publié le 29 Décembre 2007 par Loueckhote Simon in Politique

 
« J’écoutais la radio, il y a quelques instants, et j’ai retenu trois informations qui montrent que le monde bouge et combien il est impératif, pour nous, de sans cesse nous adapter à son évolution.
La première, c’est l’ouverture des frontières de l’Europe, de nouveaux pays entrant dans l’espace SCHENGEN. Ce sont ainsi 400 millions d’hommes et de femmes qui vont pouvoir se déplacer de la Grande Bretagne à l’Ukraine, de la Lituanie au Portugal, sans contrôle. La page du rideau de fer est définitivement tournée.
La deuxième information - et elle n’est pas anodine - c’est le rachat, par une banque chinoise, de 10% du capital de la plus grande banque américaine.
Et, enfin, la troisième et c’est plutôt une surprise pour moi, qui suis un passionné de course automobile, c’est le rachat de la firme Jaguar par un groupe Indien.»
 
Cette mise en scène est de François FILLON, Premier Ministre, en préambule à la clôture de la réunion du Comité des Signataires, le jeudi 20 décembre dernier, à l’Hôtel Matignon.
 
Le Premier Ministre, en débutant ainsi son intervention, voulait justifier la position de l’Etat sur sa lecture de l’Accord de Nouméa. Il sait qu’il a devant lui des partenaires calédoniens divisés sur l’évolution institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie.
 
Moi-même, Sénateur UMP et les Députés, tous deux UMP, n’avons pas toujours eu la même lecture de l’Accord que les indépendantistes.
Or, nous sommes ses amis, nous faisons partie de la majorité nationale dont il est le chef. Nous partageons avec lui les valeurs du gaullisme, comme l’a rappelé Michèle ALLIOT-MARIE, Ministre de l’Intérieur et des Collectivités Locales, présente à ses côtés. Il sait qu’il aura besoin de nous en d’autres circonstances. Il doit donc donner satisfaction à tout le monde, sans froisser personne. C’était le prix à payer pour réussir ce 6ème Comité des Signataires, qu’il a décidé de réunir lui-même. 
 
Son charisme naturel, son autorité de Premier Ministre suffiront-ils pour nous permettre de régler nos points de désaccord ?
Il devait donc faire preuve de beaucoup de pédagogie pour nous convaincre.
 
Je partage totalement la préoccupation du Premier Ministre sur la nécessité de nous adapter à l’évolution du monde, dont il parle sans cesse et d’essayer d’instaurer le changement dans notre pays, La France, ce qu’il fait avec plus ou moins de réussite d’ailleurs. Il y a cependant une chose que l’on ne peut pas lui reprocher, c’est de manquer de volonté et de courage, tant le pays est sclérosé après tant d’années d’inertie, d’auto contemplation et d’autosatisfaction.
S’adressant aux Maires d’Outre-mer, lors du congrès des Maires de France, il les a appelés à plus de volontarisme, à innover, à inventer, à oser car le monde change et c’est tellement vrai dans nos territoires lointains.
 
Sur les transferts de compétences, qui était le dossier le plus sensible, nos lectures divergent. J’affirme que c’est la majorité des trois cinquièmes du Congrès qui les demandera. C’est ce que j’ai signé.
 
Les indépendantistes considèrent, quant à eux, que les compétences doivent nécessairement être transférées, prétendant que c’est ce à quoi nous nous sommes tous engagés et que c’est ce que nous avons signé. D’ailleurs, expliquent-ils, s’ils ont signé l’Accord, c’est parce que nous avons accepté certaines de leurs exigences, celle-ci en fait partie.
Et l’Etat donne raison à cette lecture.
 
Le Premier Ministre propose qu’une mission d’appui soit mise en place. Elle viendra assister les groupes de travail qui seront créés localement. Le Haut-commissaire sera responsable et coordonnateur du dossier. L’Etat apportera, en tant que de besoin, toute l’assistance technique et ses conseils.
Il est prévu que les groupes de travail se réunissent au plus vite, les compétences pouvant être transférées au cours du mandat débutant en 2009.
 
J’ai eu l’étrange sentiment de faire partie d’une bande d’enfants gâtés, venus demander toujours plus à l’Etat et qui a quasiment tout obtenu, sans trop de peine.
 
Sur le volet de la coopération régionale, par exemple, Paul NEAOUTYINE a demandé à l’Etat, d’aider davantage les pays de la région, au nom de la reconnaissance du FLNKS, pour le soutien qu’ils lui ont toujours apporté.
Le chef de file de la délégation indépendantiste s’est par ailleurs exprimé sur tous les sujets. Il avait un avis sur tout et il donnait même l’impression d’avoir été entendu.
 
Il est vrai que des rencontres préparatoires à la tenue du comité ont été organisées pour tenter de trouver un compromis, à défaut d’obtenir un accord sur des points de divergence.
C’est ainsi que nous étions conviés, les deux députés et moi-même, à déjeuner, le mardi 18 décembre à l’Hôtel Matignon, par le Conseiller pour les Affaires Intérieures et de l’Outre-mer du Premier Ministre, le Conseiller Outre-mer du Président de la République et le Haut-commissaire. Parallèlement le FLNKS était, quant à lui, reçu à dîner au Ministère de l’Outre-mer.
 
Je n’ai pas assisté au déjeuner, mais au vu de l’ambiance et du climat plutôt consensuel qui a régné tout au long de la réunion, présidée par le Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, ces préalables ont montré, une fois de plus, leur nécessité et leur efficacité car même les résolutions étaient déjà toutes prêtes et n’ont fait l’objet d’aucune réécriture.
 
Je me rends finalement compte que tous les Comités des Signataires, même s’ils ne se suivent pas à un rythme régulier, se ressemblent cependant.
Et le résultat est rarement à notre avantage.
  
 
  
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