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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Transferts de compétences

Publié le 29 Décembre 2007 par Loueckhote Simon in Politique

 
Ce devait être le point d’achoppement du dernier Comité des Signataires.
 
Le transfert de la compétence en matière d’enseignement secondaire, en particulier, aurait dû diviser les invités du Premier Ministre. Mais, c’était sans compter sur le savoir faire du Haut-commissaire, des conseillers de Matignon et de la rue Oudinot, pour trouver les voies et les moyens afin de parvenir à une solution convenable.
 
C’est ainsi que tous les participants ont admis que le transfert de cette compétence pourrait être envisagé, dès la mandature commençant en 2009. Dans cette attente, des groupes de travail seront constitués, localement, pour étudier les modalités du transfert.
L’Etat s’est engagé à envoyer une mission d’appui, pour les assister. Le Haut-commissaire en sera le responsable.
 
Je suggère même que des missions parlementaires soient associées à ces réflexions, pour que le moment venu, le Parlement, saisi par le Gouvernement, se prononce sur le transfert, en connaissance de cause.
 
Cette question est devenue tellement politique, que les calédoniens en ont peur. Les premières évaluations dans l’enseignement primaire, après son transfert en 2000, sont plutôt mauvaises. Elles confirment donc l’idée que ce transfert a été fait dans la précipitation, a été mal préparé et était inopportun. En clair, nous n’étions pas prêts à l’assumer.
 
Le transfert de l’enseignement secondaire paraît ainsi compromis, car irresponsable, voire suicidaire. Et pourtant « la raison d’Etat » l’a emporté. Et tout sera fait pour qu’il puisse être envisagé, dès 2009.
 
J’évoque volontairement « la raison d’Etat », car comment expliquer le virage à 360° du Rassemblement UMP sur cette question aussi sensible, alors qu’il a promis, pendant les élections législatives, de se battre pour s’y opposer. Son silence complice en dit long sur son incapacité à se faire entendre. Il s’explique également par le rappel à l’ordre de Paris. Son consensus forcé découle aussi de sa volonté de ne pas aller contre le Gouvernement, soucieux de ménager les indépendantistes et donc adepte du « pas de vagues ». Un Rassemblement UMP tenant ses promesses de campagne courait le risque de ne plus être l’interlocuteur privilégié du FLNKS et de Paris.
 
Triste sort réservé aux calédoniens.
 
Je suis pour ma part favorable à un transfert de la compétence pour les personnels de service, les ATOS, la construction et l’entretien des lycées comme pour les collèges.
 
Je rappelle que c’est déjà le cas, pour les Départements et les Régions qui se sont vu transférer ces compétences, sans discussion.
 
Je souhaite, en revanche, que les compétences sur le plan pédagogique,  en matière de contenu des programmes, de recrutement et de formation des personnels enseignants et d’encadrement, d’organisation des examens, de délivrance des diplômes, restent à l’Etat mais que la Nouvelle-Calédonie soit associée à leur exercice.
 
Je considère, pour ma part, que la définition des contenus des programmes pédagogiques, des programmes de formation des personnels d’encadrement et d’enseignement doit être ouverte au monde du travail.
 
En Métropole et dans les autres collectivités d’Outre-mer, cette démarche n’a rien de choquant puisqu’elle s’inscrit dans le processus de décentralisation. Elle a atteint une acuité toute particulière, en Nouvelle-Calédonie, car elle répond à une logique d’émancipation, résultat d’une revendication politique donc synonyme, pour beaucoup, de marche inéluctable vers l’indépendance.
 
Et pourtant, peut-on affirmer que les collectivités, en Métropole et en Outre-mer, à qui ces compétences ont été transférées, s’acheminent vers l’indépendance ? La réponse est non.
 
Nous devons être conscients de la nécessaire adaptation de nos outils de production et de formation à ce monde qui change autour de nous, pour être des acteurs et non des spectateurs de notre destin.
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Bruno MINNITI 12/03/2009 05:48

Le transfert de compétences Etat / Provinces peut engendrer  des conséquences désastreuses pour certains citoyens calédoniens ayant choisi d’investir dans le secteur touristique de leur pays.
 
Un exemple avec la société M’s Water Ski Center créée en 1993 :
La Province-Sud a décidé d’augmenter par 12 le loyer du terrain accueillant notre Faré de 50 m² sur l’îlot Ste-Marie, construit en 1994. Mais faute de trésorerie nous n’avons pas pu faire face à cette nouvelle pression financière Provinciale. Ne pouvant payer et n’ayant pas obtenu de revenir au loyer initial mis en place par l’Etat, nous avons demandé à pouvoir revendre nos infrastructures (à la Province ou à une autre société touristique).
Mais la Province-Sud a décidé, « après une étude approfondie » (sic courrier), de ne pas renouveler notre titre d’occupation N° 18622 et de nous expulser, en mai 2008, sans aucun dédommagement, comme le prévoit la loi. Nous ne pouvons donc plus accueillir de touristes et nous démarquer de la concurrence déloyale.
 
Il paraît qu’il existe une crise mondiale et que les slogans « Halte à la vie chère » font recette.

Le transfert de compétences n’a donc pas été un atout pour notre société touristique.

 De plus amples info sur le site : www.noumeawakeboard.com