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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Ils veulent priver les citoyens du droit à l’information.

Publié le 30 Décembre 2007 par Loueckhote Simon in Politique

 
Au lendemain du Comité des Signataires que réunissait le Premier Ministre à Matignon, se sont tenues au Ministère de l’Outre-mer des réunions, au cours desquelles des sujets techniques, à caractère pourtant politique, ont été évoqués.
C’est ainsi que la question des droits d’émission radiophonique a, de nouveau, été abordée. Et, bien sûr, comme on devait s’y attendre, le statu quo a, une fois de plus, été retenu et ce jusqu’en 2012.
 
Quasiment au même moment, à Nouméa, « Reporters sans frontières » publiait un nouvel album photos, le vingt-cinquième, pour la liberté de la presse signé de Yann ARTHUS-BERTRAND.
 
On ne peut pas dire que la presse soit muselée en Nouvelle-Calédonie, mais ne pas ouvrir le paysage radiophonique n’est pas conforme à l’idée d’une société plus juste et équilibrée, que nous souhaitons pour notre pays. L’information à laquelle peuvent légitimement prétendre les calédoniens, quel que soit l’endroit du territoire où ils se trouvent, est un droit. L’information radiophonique est loin d’être plurielle sur le « Caillou ».
 
Cinq radios se partagent le paysage radiophonique :  RFO, chaîne publique, financée en grande partie par les impôts du contribuable français, RRB, Radio DJIIDO et Radio Océane, radios privées, mais qui bénéficient aussi de subventions de collectivités publiques et NRJ, seule radio à ne pas recevoir d’aide publique.
RFO, RRB et Radio DJIIDO sont les seules à diffuser sur l’ensemble de l’archipel. Les deux radios privées y sont autorisées, sous le prétexte qu’elles sont proches des signataires historiques des Accords de Matignon, le Rassemblement UMP et le FLNKS.
Depuis quelques années, Radio Océane sollicite une autorisation d’émettre au-delà de son signal actuel, tandis que d’autres demandent à s’installer, mais en vain, suscitant l’embarras du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel.
La raison en est connue.
 
RRB, la radio du Rassemblement UMP ne souffre pas la concurrence sur les ondes. Outil de propagande politique, elle participe à un véritable matraquage médiatique, qui s’apparente parfois à du bourrage de crâne ou à du lavage de cerveau, lorsque cela est nécessaire avec, il faut le reconnaître, un professionnalisme certain.
Radio DJIIDO s’accommode de la préoccupation intéressée de sa consoeur, du respect d’un « équilibre radiophonique » dont l’objectif caché est d’assurer aux partis qu’elles servent, leur place et une légitimité et ce, quel que soit le résultat des urnes.      
 
La Nouvelle-Calédonie souffre du manque de pluralisme de l’information.
Cette carence organisée profite toujours aux plus forts, aux classes les plus aisées, au détriment des plus faibles.
 
La presse écrite est, elle aussi, privée. Il existe bien la possibilité de réaliser son propre journal, son blog, mais le coût est tellement exorbitant et les contraintes sont si fortes, que seules de rares initiatives ont vu le jour. Oui, communiquer dans notre pays est désormais réservé à une certaine classe.
 
Communiquer, avec les outils modernes, est impossible, si on n’en a pas les moyens.
Être entendu du plus grand nombre paraît impossible, si on n’en a pas les moyens.
 
Je regrette que le Gouvernement, soucieux de ne pas faire de vagues et aveuglé par la relative bonne tenue de ce 6° Comité des Signataires, en ait oublié les principes élémentaires et fondamentaux nécessaires à l’expression du pluralisme, dont la Nouvelle-Calédonie a pourtant bien besoin.
 
 
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