le blog de Simon Loueckhote

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Quid de l’Euro en Nouvelle-Calédonie ?

Publié le 1 Janvier 2008 par Loueckhote Simon in Economie - Fiscalité

 
A compter du mois de juillet 2008 et pour un an, la France présidera l’Union Européenne.
Le Président de la République saisira-t-il cette opportunité pour accélérer le processus de passage à l’Euro, dans les collectivités françaises du Pacifique ?
Rien n’est moins sûr, car les partenaires calédoniens ne se sont toujours pas mis d’accord sur son adoption.
 
Cette question n’a pas été inscrite à l’ordre du jour de ce 6° Comité des Signataires. Elle l’a pourtant été, lors des précédentes réunions.
La raison en est connue. Les indépendantistes ne sont pas convaincus de son intérêt. La Nouvelle-Calédonie n’est donc pas prête à abandonner le Franc des Colonies Françaises du Pacifique (F CFP).
La Polynésie Française et Wallis et Futuna sont pourtant d’accord pour passer à l’Euro.
 
Personne, mieux que le Président de la République, ne pourra donner une nouvelle impulsion à ce dossier.
 
Une question s’impose alors : l’introduction simultanée de l’Euro, dans tous les archipels français du Pacifique, est-elle une obligation absolue, une règle imposée par les directives européennes ?
Par ailleurs, j’ignore si une étude précise a été conduite sur cette question, car à défaut et sans connaître l’impact de son introduction dans les îles françaises du Pacifique, je doute du bien-fondé de cette réforme.
 
Car d’autres questions méritent aussi des réponses.
Pourquoi l’Euro ?
Quels sont ses avantages ?
A qui va-t-il bénéficier le plus ?
Ne va-t-il pas participer à créer de l’inflation dans nos îles, où le coût de la vie est devenu insupportable ?
Pour rendre nos marchés plus compétitifs, la solution ne serait-elle pas plutôt de permettre à notre monnaie d’être fluctuante ?
Dès lors, y aurait-il un risque pour notre économie ?
 
Et si nous allions voir ce qui se passe en Nouvelle-Zélande, pays de  4 000 000 d’habitants pour tenter d’apporter un début de réponse.
La monnaie de ce pays, le dollar néo-zélandais, ne vaut pratiquement rien. Il suffit, pour s’en convaincre, de l’utiliser à l’étranger, en France, par exemple. Le sous-sol de ce pays n’est pas aussi riche que le nôtre ou celui de l’Australie.
Et pourtant, tous les outils statistiques montrent que la Nouvelle-Zélande affiche plutôt une bonne santé économique : quasiment pas de chômage, un bon système scolaire, une bonne couverture médicale, la production du pays est très compétitive sur le marché international.
Alors l’Euro, monnaie forte : atout ou inconvénient pour nos économies insulaires ?
 
A moins que cette question ne soit renvoyée aux calendes grecques ?
En attendant, je suggère qu’une mission d’étude calédonienne se rende en Nouvelle-Zélande, pour étudier et recueillir le maximum d’informations sur le fonctionnement de ce pays et de son économie.
 
 
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