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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Australie-immigration-Pacifique-Nauru-Papouasie: Camps de rétention du Pacifique : le ministre australien en visite sur place

Publié le 3 Octobre 2012 par Loueckhote Simon in Société

CANBERRA, mercredi 3 octobre 2012 (Flash d’Océanie) –

Chris Bowen, ministre australien de l’immigration et de la citoyenneté, a entamé mercredi une visite océanienne qui le conduira successivement à Nauru et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, les deux pays qui, pour le premier, ont commencé à héberger à nouveaux des boat-people interceptés alors qu’ils tentaient de se rendre illégalement en Australie.
Depuis le mois de septembre, le camp de Nauru, qui avait connu une première phase active entre 2002 et 2007, a commencé à accueillir environ 150 de ces pensionnaires, pour la plupart originaires du Moyen Orient (Irak, Iran, Afghanistan) et du Sri Lanka.
Pour le moment, les installations sont temporaires et fait de tentes aménagées.
En Papouasie-Nouvelle-Guinée, le camp de la petite île de Manus, lui aussi actif sous un précédent gouvernement conservateur et sa « Pacific Solution », est en cours de remise à niveau, avec l’appui d’équipes logistiques de l’armée australienne et des services gouvernementaux de l’immigration.
Au plan humanitaire, c’est l’Armée du Salut qui a été choisie pour ces camps, dont la gestion a été confiée à la société privée Wilson Security.

« Cette visite tombe à point nommé pour me permettre de me rendre compte et d’évaluer nos opérations régionales, mais aussi pour réaffirmer combien l’Australie apprécient à sa juste valeur l’engagement de Nauru et de la Papouasie-Nouvelle-Guinée en hébergeant ces centres », a déclaré M. Bowen juste avant son départ.
Il devrait notamment rencontrer le Président de Nauru, Sprent Dabwido et les membres de l’équipe militaire toujours déployée sur place.
En Papouasie-Nouvelle-Guinée, M. Bowen devrait rencontrer le Premier ministre Peter O’Neill et plusieurs membres de son gouvernement, mais ne devrait pas se rendre sur l’île de Manus, où les travaux de réhabilitation du « centre de traitement régional » sont encore en cours.
La stratégie du gouvernement australien, à majorité travailliste, a été, ces derniers mois, de remettre ces camps en activité afin de lancer un message fort et dissuasif aux filières d’immigration clandestines (qui opèrent pour la plupart au départ de l’Indonésie, toute proche des côtes Nord de l’Australie), selon lequel la traversée en bateau à destination de l’Australie peut se terminer sur l’une de ces deux îles océaniennes.
Cette nouvelle version de la « Pacific Solution » mise en œuvre à l’origine par le gouvernement du Premier ministre conservateur John Howard, jusqu’à fin 2007, figurait dans les recommandations d’un groupe d’experts nommé par le gouvernement de la Première ministre actuelle, Julia Gillard.
« L’Australie est déterminée à faire en sorte que ces arrangements fonctionnent via une collaboration étroite avec les gouvernements de Nauru et de la Papouasie-Nouvelle-Guinée », a souligné M. Bowen.
Le week-end dernier, le camp de Nauru a connu un début d’émeute, sous forme de bagarre générale entre pensionnaires.
Des dégâts ont été occasionnés au bloc cuisine, à plusieurs tentes ainsi qu’à du matériel s’y trouvant, selon le gouvernement australien
La rébellion, dont l’origine n’a pas encore été précisément déterminée, a depuis été maîtrisée et un groupe d’une demi-douzaine d’hommes placé en détention par la police locale, avant d’être relâchés lundi 1er octobre 2012.

À Manus, un collectif de coutumiers demande depuis septembre 2012 une somme d’environ quarante millions d’euros, faute de quoi ils menacent de faire obstacle au fonctionnement de ce camp.
Jusqu’ici, le gouvernement de Nauru a aussi exprimé quelques réserves quant à la capacité du camp de l’île, encore sommaire, à héberger des femmes et des enfants.
Ce point de vue semble aussi partagé par les équipes sur place de l’Armée du Salut.
Cette Pacific Solution 2.0 a aussi suscité de grandes réserves et de vifs commentaires de la part des organisations humanitaires, mais aussi du Haut-commissariat aux Réfugiés de l’ONU, qui insiste sur les dommages psychologiques potentiels pour des pensionnaires dont la durée de séjour n’est pas limitée dans le temps.

pad

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