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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Ce Mardi 18 Juin 2013, naissance de "L'Autre voix (e)", son préambule, ses principes, ses valeurs

Publié le 17 Juin 2013 par Loueckhote Simon in Politique

Préambule

La cause de la communauté Kanak a été trop souvent confondue avec la revendication portée par certains dans des mouvements politiques favorables à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie.

 Nous, Kanaks, partisans du maintien  de la Nouvelle-Calédonie dans la France, même si nous sommes tout aussi attachés aux valeurs et aux principes qui fondent notre société et que nous ont légués nos pères, avons été trop longtemps marginalisés voire ignorés confirmant ainsi ce constat.

De plus, très fortement inspirés et très attachés à la leçon d'humanisme  que nous enseigne l'Accord de Nouméa : la reconnaissance de notre identité tout en affirmant la légitimité de la présence de toutes les autres communautés qui composent la société calédonienne, nous nous sommes au fil du temps et assez paradoxalement, exclus du jeu politique.

C’est fort de ce constat unanimement partagé, de la nécessité de faire entendre notre voix et de montrer une autre voie que nous, soussignés, ici appelés « Kanak non indépendantiste» nous sommes retrouvés ce Mardi 18 Juin 2013, au pied de la Croix de Lorraine pour échanger et construire ensemble une grande case que nous appelons « L’Autre voix (e) », pour qu’ensemble nous puissions concrétiser la devise de notre pays, « Terre de parole, Terre de partage ».

 

L’Autre voix(e)

 Elle est constituée de femmes et d’hommes libres, engagés, indépendants, attachés à la France et aux idéaux qu’elle véhicule, à leur identité, qui partagent des mêmes valeurs et ont une vision commune de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie pleinement émancipée au sein de la République Française. 

Forts de leur histoire, de leur expérience, de leurs origines, ces femmes et ces hommes ont décidé de se rassembler dans le respect de leurs différences, pour dialoguer, susciter des convergences, bâtir des positions communes sur les chantiers et les grands défis des années à venir.
A la fois soucieux de leur unité et de la richesse que constitue la diversité de leurs familles politiques respectives, les femmes et les hommes de cette grande case veilleront à rester rassemblés, gage de solidité de leur case, tout en encourageant l’expression de l’ensemble des sensibilités qui les caractérisent : gaulliste, libérale, progressiste ……

En acceptant de bâtir ensemble cette grande case, ils réaffirment leur attachement à des valeurs et des  principes qui leur paraissent essentielles au sein d’une démocratie moderne, apaisée et sereine

Ses principes 

  • l’attachement à la justice et à la cohésion sociale, à une société de confiance favorisant l’égalité des chances et l’enrichissement par la diversité dans le respect des valeurs de chacun.
  • l’attachement au développement économique et à l’entreprenariat, à la maîtrise des dépenses publiques, principaux moyens de préserver sa cohésion, de maîtriser son destin et de continuer à définir ses priorités et orientations stratégiques.
  • l’attachement à un climat social apaisé gage d’une situation économique sereine et dynamique qui assurera la pérennité de son modèle social auquel les bâtisseurs de cette grande case sont particulièrement vigilants.
  • l’attachement à des conditions sanitaires et sociales développées, à des politiques de prévention et de soins soutenues, pour garantir la bonne santé des populations.
  • l’attachement à la valorisation de l’effort, des talents, du mérite, grâce à la mobilisation de l’ensemble des forces vives du pays au service des jeunes, de leur réussite et de leur avenir, avec un effort particulier en direction de l'École, de l’alternance et de la formation professionnelle.
  • l’attachement à la diversité des communes, des provinces et des aires coutumières, à leur identité, à leur développement économique, social et culturel dans le respect des principes définis par l’Accord de Nouméa. La République, c’est l’égalité dans la diversité. C’est aussi la solidarité envers la brousse et les Îles, entre les quartiers, les communes.
  • l’attachement au développement d’une croissance respectueuse des femmes et des hommes, des écosystèmes et des ressources naturelles, fondée sur les technologies vertes, l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, la recherche et la valorisation des territoires.
  • l’attachement à la transparence et à la moralisation de la vie publique pour redonner de la confiance aux citoyens en leurs institutions et à la politique. L’efficacité de l’action publique et la réussite des politiques publiques seront d’autant mieux appréciées qu’elles auront été portées par des femmes et des hommes intègres.

Ses valeurs :

La société Kanak avait développé une civilisation propre, avec ses traditions, ses langues, la coutume qui organisait le champ social et politique.  Sa culture et  son imaginaire s'exprimaient dans diverses formes de création.

L'identité kanak était fondée sur le lien particulier à la terre. Chaque individu, chaque clan se définissait par un rapport spécifique avec une vallée, une colline, la mer, une embouchure de rivière, et gardait la mémoire de l'accueil d'autres familles. Les noms que la tradition donnait à chaque élément du paysage, les tabous marquant certains d'entre eux, les chemins coutumiers structuraient l'espace et les échanges

Dès le 18° siècle, un vent venu des Océans a porté des paroles sacrées inondant les montagnes, les vallées, les îles constituant la Nouvelle-Calédonie. Les femmes et les hommes qui l’habitaient, se sont laissé convaincre. Ainsi du pays où jadis les cailloux, les arbres, les serpents, les oiseaux étaient vénérés, naquit une Nouvelle-Calédonie pieuse et croyante.

La peur et la haine de l’autre ne peuvent être tolérées sur notre sol. Cette terre est partie intégrante du territoire de la République. Les bâtisseurs de cette grande case veilleront à garantir les libertés individuelles et mettrons tout en œuvre, pour garantir la devise de la Nouvelle-Calédonie, « Terre de parole, Terre de partage », dans la continuité de celle de la République Française, «  Liberté, Egalité, Fraternité », garante du respect de notre cohésion, condition première de notre réussite et de celle du pays.

La Nouvelle-Calédonie est une terre d’accueil.

Parce que la République est une, indivisible et laïque, le communautarisme doit être combattu sans faiblesse.

Les femmes et les hommes de cette grande case considèrent que le lien puissant et constant entre la citoyenneté et la nationalité est un acquis républicain majeur de l’Accord de Nouméa. Enfin, parce qu’ils souhaitent le maintien de la Nouvelle-Calédonie au sein de la République Française, ils veilleront à la bonne application de l’Accord de Nouméa.

Le respect, le partage, la solidarité, la fraternité et la loyauté sont des principes directement issus de cet héritage qui fondent aujourd’hui notre vision de notre société en construction.

Le respect :

  • Mieux prendre en compte l'identité des Kanak, dont la présence, au regard du peuplement du Pacifique insulaire est la plus ancienne, ne signifie en aucun cas leur reconnaître une prééminence sur les Européens, Polynésiens, Wallisiens, Indonésiens, Vietnamiens et sur toutes les autres ethnies vivant en Nouvelle-Calédonie
  • L’identité et les aspirations de chacune et de chacun doivent être respectées pour construire ensemble un  destin commun et fraternel

Le partage :

  • Il n'est nullement question de bâtir une société inégalitaire, d'introduire la ségrégation en Nouvelle-Calédonie et dans la France des droits de l'Homme
  • La diversité culturelle de la société calédonienne est perçue comme une authentique richesse. La Constitution Française et l'Accord de Nouméa ont donné à notre société en construction  un nouveau concept, la citoyenneté calédonienne, le fondement de sa construction, l'argument de sa cohésion

La solidarité : « Celui qui a, doit aller vers celui qui n’a pas. Celui qui sait, doit aller vers celui qui ne sait pas » Jacques LAFLEUR, (Ce que je crois)

  • L’organisation des sociétés océaniennes dont la société Kanak, enrichie au fil du temps par l’apport des femmes et des hommes de culture, des prêtres et des pasteurs notamment, a tissé, forgé et affermi la culture de la solidarité qu’il nous faut aujourd’hui préserver et  entretenir

La fraternité : « Si je peux aujourd’hui partager avec un non-Kanak de ce pays ce que je possède de culture française, il lui est impossible de partager avec moi la part d’universel contenue dans ma culture. » J.M.Tjibaou, (La présence Kanak. Pourquoi un festival mélanésien ?)

  •  La fraternité ne va pas de soi. Elle est une composante de la vie, d’un être. Elle se construit. Elle s’entretient. Elle est la résultante de plusieurs rencontres
  • L’école doit être au cœur de la société fraternelle en devenir            

 La loyauté :

  • Dans la continuité de la poignée de mains entre Jacques LAFLEUR et Jean-Marie TJIBAOU et du processus prévu par les Accords de Matignon et de Nouméa, poursuivre les démarches pour se reconnaître, s’accepter les uns les autres et construire ensemble un avenir de paix
  • Faire de cette œuvre, un devoir de mémoire pour les générations futures et la Nouvelle-Calédonie pour ne pas avoir à revivre les drames et les douleurs du passé

Ses objectifs : 

  • Faire entendre une autre voix, celle des Kanak non indépendantistes
  • Tracer une autre voie, celle du maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France dans le respect de son identité propre, de sa personnalité et de sa diversité comme l’ont voulu nos pères
  • Participer aux discussions sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie
  • Rechercher en toute transparence les conditions qui donnent à chacun la possibilité de développer ses talents et de réaliser ses rêves et ses ambitions
  • Participer à la recherche et proposer des solutions au règlement des conflits qui gangrènent la société kanak
  • Participer activement à l’élaboration du socle commun des valeurs et à l’évolution des autorités et des institutions coutumières

 

 

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