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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Comme un homme marchant à reculons, un balai à la main, effaçant ses propres traces.

Publié le 24 Juillet 2012 par Loueckhote Simon in Politique

Huit ans après l’avènement de l‘alternance politique en Nouvelle-Calédonie, les héritiers de feu Jacques LAFLEUR continuent à s’entredéchirer sur le corps du « Caillou », un caillou malade mais que les belligérants n’ont cure de constater, leur appétit débordant les rendant aveugles.

Les leçons des dernières élections législatives n’ont pas été tirées parce que peut-être, pas ou mal comprises.

Chacun y est allé de sa propre analyse.

Pour certains, le RUMP est sonné, KO debout, terrassé et j’en passe. Il faut donc l’achever.

Pour d’autres, c’est désormais à Calédonie Ensemble que revient le leadership de la droite locale. Avec ses deux représentants à l’Assemblée Nationale, élus de fort belle manière, le Parti de Philippe GOMES peut espérer une reconnaissance nationale longtemps étouffée par l’hégémonique Rassemblement UMP de Pierre FROGIER.

Pour d’autres enfin, c’est l’extraordinaire capacité des indépendantistes à se mobiliser et à se rassembler lorsque qu’il le faut devant l’épreuve. Et c’est probablement sur ce dernier constat qu’il nous faut être attentif car de tout temps, il a été constant chez nos adversaires.
Rappelons-nous que les indépendantistes ne se sont décidés qu’à deux semaines du lancement de la campagne électorale à présenter des candidats uniques dans les deux circonscriptions. Leur affichage collective autour de Jean-Pierre DJAÏWE, dans la seconde circonscription au deuxième tour, après la défaite de Robert XOWIE,  dans la 1° et confirmée par une  très forte mobilisation montrent bien que malgré leur division interne, ils sont capables de se retrouver lorsque les circonstances le commandent.

Cette formidable discipline devrait appeler les partis non-indépendantistes à davantage de raison. D’autant que le contexte actuel et les enjeux à venir ne se prêtent pas à l’expression du « moi » mais bien au rassemblement de tous.

Dans un peu moins de deux ans s’ouvrira une nouvelle ère dans la mise en œuvre du processus d’évolution institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie comme le prévoit l’Accord de Nouméa. Dès 2014, débuteront des négociations avec les indépendantistes  sur la sortie. C’est dire si ce qui nous attend vaut bien une union.

Le renouvellement du bureau du Congrès peut-être l’amorce d’une solution vers cette union de la famille.

Rock WAMYTAN, l'actuel Président, est candidat à sa propre succession. Il pourra compter sur les 23 voix que comptent les indépendantistes dans l’assemblée.

Calédonie Ensemble par la voix de son chef a d’ores et déjà présenté son candidat. Le Parti du Député de la 2° circonscription, avec seulement 10 élus au Congrès, potentiellement 12, celles des 2 élues de l’UDC, sait que Gérard POADJA a peu de chance d’être élu.
Le Rassemblement UMP ne s’est pas encore prononcé. Mais il sait qu’un prétendant issu de ses rangs n’aura pas plus de chance avec seulement 13 élus et peut-être 16 avec le soutien de son partenaire, Avenir Ensemble.

J’ignore encore vers qui, pourrait aller la voix de Jean-Luc REGENT, autre élu non-indépendantiste. Cependant et quelque soit les reports de voix vers le candidat de Calédonie Ensemble, celui du RUMP restera en tête en nombre de voix. La logique voudra donc que Gérard POADJA se retire en faveur du candidat du RUMP.

Mais rien n’est moins sûr.

Car les élections législatives ont laissé des traces.

Le seul élu du Rassemblement Pour la Calédonie de Jacques LAFLEUR qui l’a remplacé dans l’hémicycle, Jean-Luc REGENT, a démissionné du Parti pour divergence profonde avec la présidente du RPC sur la conduite à tenir pour le second tour des législatives.

Les ténors du RUMP n’appelleront pas à voter pour quelqu’un de Calédonie Ensemble, ils reprochent notamment au Parti des deux Députés, les excès de la campagne (mensonges, caricatures, dénigrements …).

De même, et pour la raison que j’ai expliquée plus haut, Philippe GOMES veut en finir avec son adversaire le plus sérieux du moment. Il est donc hors de question pour lui de soutenir son candidat à cette élection.

Cette crise d’urticaire me rappelle cette citation de Victor HUGO : « On arrive à haïr ce qu’on aimait naguère ».

Et l’égo qui commande et qui dirige souvent nos actes, nos paroles, nos faits et gestes, risque fort de nous jouer des tours à l’avenir.

Cette bataille fratricide, par exemple, aura malheureusement comme conséquence l’élection du candidat indépendantiste. Puis affaibli par tant de haine nous risquons de tout perdre. Nous perdrions la confiance des Calédoniens, celle de nos partenaires. L’avenir de la Nouvelle-Calédonie sera incertain. Les formidables progrès, les acquis de l’Accord de Nouméa que nous avons patiemment bâti, vacilleront, prêts à s’effondrer tel un château de cartes.

Comme si nous marchions à reculons, un balai à la main, effaçant nos propres traces.

C’est ce risque que j’ai mesuré.

Les Calédoniens ne veulent plus de nos divisions. Ils veulent que nous soyons unis.

C’est l’une des nombreuses leçons que j’ai retenues des dernières élections législatives.

Malheureusement, ce que nous savons déjà n’augure rien de bon pour la suite.

En conséquence, je propose ma candidature au nom des partisans du maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France à la Présidence du Congrès.

Je veux être le candidat de l’union.

Nous devrions toutes et tous méditer cette citation du Général De GAULLE :

« Toujours, le chef est seul en face du mauvais destin ».

Evitons donc d’être seul, regroupons-nous, faisons bloc pour faire gagner notre camp. On est toujours plus fort qu’on est à plusieurs que quand on est seul.

 

 

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ARNASSON 15/08/2012 23:27


 Deux pas en arrières et un pas en avant, bousculer par les évènements, reste une reculade. Un pas en arrière et deux pas en avant, motiver par des convictions, manifeste une détermination.


 Prendre leçon d'un constat, et faire le constat de la leçon, pour enfin raisonner "raisonnablement".

BRIZARD Nathalie - Présidente de l' UDC 27/07/2012 07:06


la politique est semblable au système de l'univers : Il y a une force qui éloigne sans cesse du centre tous les corps, et une force de pesanteur qui les y ramène.


Simon Loueckhote à raison, nous sommes aujourd'hui dans cette force de pesanteur. La raison doit nous y conduire, notre devoir est de nous unir.


Nathalie BRIZARD - Présidente de l'UDC