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Copé et Fillon se disputent les centristes UMP

Publié le 2 Octobre 2012 par Loueckhote Simon in Politique

Chacun des deux candidats à la présidence de l'UMP cherche à s'attirer les faveurs des anciens UDF.

Qui, de François Fillon ou de Jean-François Copé, est le plus «centro-compatible»? L'enjeu est de taille. Si l'ex-premier ministre écrase toujours son rival dans les sondages sur la présidence de l'UMP, réalisés auprès des sympathisants, l'écart entre les deux protagonistes pourrait être beaucoup plus serré lors du scrutin, réservé aux seuls militants. D'où la nécessité pour chacun de s'attirer les faveurs de la famille centriste, la plus importante numériquement après celle des ex-RPR.

Mais le centrisme étant, par nature, un objet politique complexe, il est travaillé par des logiques contradictoires. «Certains d'entre nous font des choix de proximité idéologique et d'autres, des choix stratégiques», résume Jean Leonetti. Le député des Alpes-Maritimes, qui se revendique de la première catégorie, est l'atout centriste de François Fillon. «Son discours correspond à l'évidence bien mieux à notre sensibilité, humaniste, sociale et rassembleuse, que la“droite décomplexée”de Jean-François Copé, explique Leonetti. Pour autant, Fillon n'est pas le candidat centriste à la présidence de l'UMP. Il réalise la diversité par le rassemblement. C'est sa dimension gaulliste sociale.»

Organiser les sensibilités

En bon gaulliste, l'ex-premier ministre a maintes fois exprimé ses réticences vis-à-vis des «mouvements», ces structures visant à organiser les sensibilités au sein du parti. Peu importe pour Jean Leonetti: «Si François Fillon parvient à rassembler autour de lui des gens aussi différents que moi et Éric Ciotti, assure le député maire d'Antibes, c'est justement parce qu'il ne réduit pas la diversité à des chapelles, des petites organisations anciennes et souvent dépassées.» Le profil de Ciotti, député des Alpes-Maritimes, qui s'est fait une spécialité des questions liées à la sécurité et à l'immigration, est effectivement assez éloigné des critères de l'«humanisme».

Combien de centristes François Fillon a-t-il réussi à attirer? Selon Jean Leonetti, «c'est très difficile à dire. Beaucoup de députés européens centristes sont pour lui - ce qui peut paraître paradoxal étant donné ses origines séguinistes. Les radicaux, qui croient à la République sociale, sont également majoritairement fillonistes. Les libéraux se sont séparés entre Longuet, qui a choisi Fillon, et Novelli, qui est avec Copé. Quant aux ex-CDS, ils sont plutôt copéistes.»

Le député du Nord Marc-Philippe Daubresse, fervent soutien de Jean-François Copé, fait un calcul beaucoup plus tranché: «80% de la centaine de signataires de la motion“la France moderne et humaniste”sont pour Copé, 20% pour Fillon», affirme-t-il. Cette motion FMH a été lancée à l'origine par Jean-Pierre Raffarin pour créer un «pôle central» à l'UMP. Si Jean Leonetti et quelques autres fillonistes l'ont rallié, le sénateur de la Vienne et la plupart des cofondateurs de ce futur mouvement sont copéistes, comme l'«humaniste» Marc Laffineur et les libéraux Jean-Claude Gaudin, Luc Chatel et Michèle Tabarot. Ces deux derniers figurent d'ailleurs sur le ticket de Jean-François Copé pour la présidence de l'UMP. 

Copé «favorable aux mouvements»

François Fillon, lui, a pris sur son ticket Laurent Wauquiez, successeur du très centriste Jacques Barrot dans sa circonscription de Haute-Loire. Mais pour Marc-Philippe Daubresse, ce n'est «pas de la diversité». «Si Laurent Wauquiez est centriste, moi, je suis archevêque» ironise-t-il, en rappelant que le leader de la Droite sociale est «l'auteur de la formule“le cancer de l'assistanat”, plus chargée de sens que le “racisme anti-Blancs” de Copé.»

«Le mieux-disant en matière de diversité, c'est Copé, parce qu'il est favorable aux mouvements», assure Marc-Philippe Daubresse. Qui verrait un autre avantage à la victoire du secrétaire général: «Nous aurons plus de place au sein de l'UMP et nous pourrons nous exprimer davantage avec un représentant de la“droite décomplexée” qu'avec un gaulliste social qui va manger dans notre gamelle.»

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