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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Forum des Iles du Pacifique: Fidji toujours suspendue

Publié le 1 Septembre 2012 par Loueckhote Simon in Politique

RAROTONGA, vendredi 31 août 2012 (Flash d’Océanie) –

Les dirigeants du Forum des Îles du Pacifique (FIP), réunis cette semaine au sommet aux îles Cook, ont clairement fait entendre jeudi que la mesure de suspension des îles Fidji de leur statut de membre plein, mise en vigueur en mai 2009, devrait être maintenue.
Cette décision avait été imposée pur cause de non retour rapide à la démocratie, après le putsch du 5 décembre 2006 qui a précédé l’installation d’un gouvernement dirigé par le Contre-amiral Franck Bainimarama.
Alors que les débats concernant une éventuelle réintégration de Fidji au sein du Forum ont été prééminents, en coulisses, depuis le début de ce sommet, c’est une nouvelle fois lors de la traditionnelle « retraite » des dirigeants océaniens, sur l’île de Tapuae Tai, près d’ Aitutaki (Sud de l’archipel) que les débats ont fait ressortir un semblant de consensus qui devrait se refléter dans le communiqué final de ce 43ème sommet.
Depuis le début du sommet, les dirigeants des deux pays les plus influents au sein du FIP, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ont fait front commun en estimant que malgré un réchauffement récemment annoncé avec Fidji en matière de relations diplomatiques, et des mesures fidjiennes perçues positivement par la communauté régionale et internationale (lancement d’un processus d’inscription sur les listes électorales et consultations en vue de l’élaboration d’une nouvelle Constitution, avant des élections annoncée pour septembre 2014), le temps n’était pas encore venu de réintégrer Fidji en tant que membre plein du FIP.
Mais la question de Fidji a pourtant, ces derniers jours, divisé une fois de plus les membres du FIP entre ceux partisans de la fermeté et du scepticisme quant au retour de Fidji à la démocratie et ceux qui estiment que d’ores et déjà, des mesures tangibles ont été prises, montrant une sincérité en matière de volonté de retour à la démocratie.
Les plus « compréhensifs », en la matière, sont les pays du bloc mélanésien, qui possèdent aussi leur propre sous-groupement, le Groupe Mélanésien Fer de Lance (Fidji, Vanuatu, Papouasie-Nouvelle-Guinée, îles Salomon et mouvement indépendantiste FLNKS de Nouvelle-Calédonie).
En cela, ils sont aussi rejoints par d’autres petits pays régionaux, comme Nauru, Kiribati ou Tuvalu.
De l’autre côté, alignés sur la position australo-néo-zélandaise : des pays essentiellement polynésiens, comme Tonga ou Samoa.
Bien que le statut de membre plein de Fidji demeure suspendu, les dirigeants océaniens, dans leur communiqué final, pourraient aussi reconnaître les progrès et avancées positives réalisés ces derniers mois et, en corollaire, autoriser la participation de Fidji à des réunions régionales satellites du Forum.
Prochaine occasion : un sommet réunissant les pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique) prévu en Papouasie-Nouvelle-Guinée en octobre 2012.

Du côté de Fidji, ces dernières semaines aussi, le gouvernement du Contre-amiral a convié une nouvelle fois une réunion internationale autour du thème « S’engager pour le Pacifique », pour la troisième fois en trois ans, et comme à chaque fois quelques jours avant la tenue du sommet annuel du Forum.
Cette semaine, en plain Forum, auquel Fidji n’est toujours pas convié, l’archipel faisait son entrée en fanfare et participait à son premier sommet des pays des non-alignés à Téhéran (Iran) et annonçait simultanément l’établissement de relations diplomatiques avec la Corée du Nord et possiblement avec l’Iran.
Ratu Inoke Kubuabola, ministre fidjien des affaires étrangères, n’hésitait pas à déclarer la semaine dernière que de son point de vue, le Forum « n’est plus pertinent ».
Depuis le putsch de 2006, Fidji a significativement étoffé ses relations avec des pays comme la Chine, qui ne condamnent pas le putsch et le régime mis en place depuis.

Cette année, après avoir annoncé ces trois dernières années un réengagement des États-Unis dans le Pacifique, en réponse à cette montée en puissance de Pékin dans ce bassin, c’est Hillary Clinton, la secrétaire d’État américaine, qui est attendue jeudi soir (mercredi heure de Rarotonga, GMT-10) aux îles Cook, où elle devrait mener une imposante délégation de hauts-responsables américains dans le cadre du traditionnel « dialogue post-Forum ».

Concernant Fidji, la position américaine tranche singulièrement avec celle de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande : Washington parle de « partenariat » et d’ « engagement » avec Suva, laissant ainsi entendre, en creux, que les postures australiennes et néo-zélandaises n’ont fait que « pousser Fidji dans les bras de la Chine ».
Cette position est aussi partagée par un certain nombre de groupes d’analyse et de réflexion australiens, qui ont, à intervalles réguliers, livré la même analyse.

Entre-temps, au cours de ce sommet du FIP, cette semaine, le Vice-premier ministre de Vanuatu, Ham Lini, a jeté un pavé dans la mare en demandant que des groupements subrégionaux tels que le GMFL puissent aussi recevoir des fonds jusqu’ici d’aide internationale au développement jusqu’ici gérés par le FIP.
Argument avancé : des groupements comme le GMFL (dont le siège se trouve à Port-Vila et dont la construction a été financée par la Chine) ont désormais fait la preuve de leur capacité à mettre en œuvre des projets d’ampleur régionale.

pad

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