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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Intervention au Congrès lors du débat sur le minimum retraite et sur le minimum vieillesse

Publié le 10 Décembre 2011 par Loueckhote Simon in Politique

Monsieur le Président du Congrès

Monsieur le Président du Gouvernement

Monsieur le Sénateur,

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement

Mes Chers collègues

Mesdames et Messieurs,

 

Mon intervention, portera sur le projet de loi du pays portant modification du complément retraite de solidarité et le projet de délibération portant revalorisation de l’aide à domicile des personnes âgées

« Le degré de civilisation d’une société se mesure à sa capacité à prendre en charge les plus fragiles ».

Cette citation, nous l’avons déjà entendu quelques fois dans cet hémicycle.

L’histoire de l’humanité nous apprend par la richesse de ses diversités, que de tout temps, les sociétés aussi différentes, traditionnelles ou modernes, ont eu à prendre en charge, les plus fragiles. La forme de cette prise en charge n’étant pas toujours la même d’une société à une autre.

Les sociétés océaniennes et mélanésiennes, enrichies par celles qui se sont petit à petit constituées au gré de l’histoire pour n’en former qu’une, toutes héritières de traditions séculaires de voyageurs, depuis la nuit des temps, ont été naturellement et fortement  baignées dans ce concept. La rudesse souvent de la vie les y a contraints.

Est-ce à dire qu’elles ont atteint un degré de civilisation élevée pour bénéficier de ce label?

Qu’entend-on par degré de civilisation ? Comment le mesure-t-on ?

Dans le cas qui nous préoccupe, il s’agit de savoir si la répartition de la richesse du pays bénéficie ou peut aussi bénéficier à cette catégorie de personnes qu’on appelle « les plus fragiles ».

En ce cela, le préambule du document cadre qui engage les formations politiques du Congrès et l’Intersyndicale contre la « Vie Chère », y répond.

 Je n’en citerai que quelques extraits : « La Nouvelle-Calédonie est un pays riche. Classée au 25° rang mondial selon le FMI en matière de PIB par habitant, elle dépasse la Nouvelle-Zélande et suit de près  l’Australie».

« La Nouvelle-Calédonie connaît un fort développement depuis plusieurs décennies, tant grâce à sa richesse minière qu’à son tissu économique varié et ses services publics ».

« Les politiques menées par les pouvoirs publics depuis les Accords de Matignon y ont contribué en permettant une amélioration, encore insuffisante, du niveau de protection sociale, de santé publique ou d’enseignement (aides au logement, allocations familiales de solidarité, construction du Médipôle, exonérations sur les produits de première nécessité, etc. …) »

« Cependant, nul ne peut plus ignorer un autre constat. Malgré ces actions, les inégalités de richesse se sont accentuées et sont devenues intolérables. Ces inégalités chroniques, avérées par les statistiques économiques et cruellement ressenties par des pans entiers de notre population, constituent un obstacle majeur sur le chemin du destin commun ».

J’ajoute que d’après l’étude réalisée en 2008 par le Centre d’Etude et de Recherche sur l’Outre-Mer, le CEROM, 21% des calédoniens vivraient en dessous du seuil de pauvreté.

Je ne peux que me réjouir de ces projets que le gouvernement soumet aujourd’hui à notre examen. Ils viennent compléter la très longue liste de mesures qui existent déjà et mises en place par les pouvoirs publics en faveur d’une meilleure répartition de la richesse.

Permettrez-moi, cependant, de regretter que le Congrès n’ait pas jugé utile de retenir dans son agenda, l’examen par ses commissions, des propositions de loi du pays et de délibération de nos collègues et qui portent sur le même sujet.

Pour avoir occupé, votre fauteuil pendant plusieurs années, Monsieur le Président du Congrès, je ne peux que saluer la qualité des initiatives qui sont prises de part et d’autres de cet hémicycle, et la lecture des différents textes qu’ils soient d’origine Gouvernemental ou d’élu me fait dire qu’il est vraiment dommage que le bon sens n’ait pas été au cœur des choix du bureau du Congrès. Ces textes auraient gagné en qualité, pour le plus grand bénéfice de la collectivité mais aussi des futurs bénéficiaires, j’en suis intimement persuadé.

Enfin, le maintien à un niveau convenable voire élevé, du degré de civilisation de notre société ne pourra se faire qu’à la condition que notre capacité à créer de la richesse soit dynamique et forte.

Ce sont les femmes et les hommes, ce sont les jeunes, ce sont les entrepreneurs, celles et ceux qui savent et qui prennent des risques, qui en créent. Car contrairement à une idée reçue, le nickel ne serait rien d’autre qu’une roche, de la terre sans eux, le tissu économique varié existe bien parce qu’il y des femmes et des hommes qui croient en la Nouvelle-Calédonie et qui s’engagent, et sans les fonctionnaires, les agents des conventions collectives, les contractuels des services publics, que je tiens à saluer pour leur dévouement et leur sens des responsabilités, les services publics ne pourraient occuper une place aussi déterminante dans le développement du pays.

Malheureusement, aujourd’hui, beaucoup d’entre ces femmes et ces hommes, des Français pour la plupart, parfois des Calédoniens, se sentent comme des citoyens, à part.

Alors veillons aussi à ne pas tuer la poule aux œufs d’or.

 

 

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