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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Invité de l'émission "Pour ou Contre" sur RRB ce matin à 7H30. Voici le mot à mot.

Publié le 24 Juillet 2013 par Loueckhote Simon in Presse - Communiqués - Allocutions

Journaliste : Simon Loueckhote, bonjour.

 Simon Loueckhote : Bonjour.

Journaliste : Merci d'avoir accepté cette invitation matinale. Alors, ça y est, la bataille du Congrès est lancée, c'est désormais traditionnel tous les ans, et hier, Gérard Poadja a annoncé qu'il était candidat à un second mandat, et vous, est-ce que vous êtes candidat ?

Simon Loueckhote : Il est fort probable. Et c'est pour éviter une double candidature de notre famille politique que j'ai adressé cette lettre ouverte à l'ensemble des élus et des formations politiques favorables au maintien de la Nouvelle-Calédonie à la France, pour que nous nous retrouvions et que nous arrêtions une position commune quant au renouvellement du bureau du Congrès.

Journaliste : Les partisans du maintien dans la France ont 31 sièges, les indépendantistes en ont 23, mais, les indépendantistes ont un candidat unique, et les partisans du maintien dans la France en ont deux. Est-ce que c'est inéluctable, est-ce qu'on peut sortir de cette situation ?

Simon Loueckhote : On pourrait en sortir, oui, effectivement, mais à une condition, c'est qu'on accepte de nous asseoir autour de la même table et de discuter. Et discuter des conditions de ce renouvellement, la répartition des responsabilités, la politique à mener pour les prochains mois, il en reste pas beaucoup avant le prochain renouvellement, et essayer de calmer les choses entre les uns et les autres, pour donner un peu plus de lisibilité quant à la suite à donner aux événements et à l'avenir de la Nouvelle-Calédonie, que chacun conçoit, que chacun veut défendre, pour lequel chacun a un projet. Et je souhaiterai que nous puissions nous mettre d'accord sur celui-ci.

Journaliste : C'est ce que vous proposez dans cette lettre ouverte, vous proposez de régler le problème avant, en interne, en rassemblant tous les élus non-indépendantistes du Congrès, comment est-ce que vous voyez les choses ?

Simon Loueckhote : Ben, oui, il vaut mieux que nous nous entendions avant que de devoir, demain, aller faire les casses-coups et puis courir le risque de voir un adversaire politique occuper cette responsabilité importante au niveau des institutions de la Nouvelle-Calédonie. Il est évident que c'est en discutant, en partageant, que l'on peut trouver une solution. Ça n'est certainement pas en engageant le bras de fer et puis à camper sur une position qui consisterait à dire, je suis arrivé en tête au premier et au second tour, il n'y a pas de raison que je me retire pour celui qui est arrivé en deuxième position seulement, comme j'ai dû le faire, lors du dernier renouvellement et qui a vu l'élection de Gérard Poadja à la présidence du Congrès.

Journaliste : Oui, alors, justement, à l'époque, vous étiez arrivé en tête au premier et au second tour, vous aviez décidé néanmoins de vous désister au troisième tour en faveur de Gérard Poadja qui, pourtant, avait moins de voix que vous. Pourquoi est-ce que vous l'aviez fait, déjà ?

Simon Loueckhote : C'était en conscience et en responsabilité parce que, précisément, j'avais annoncé préalablement que je ne souhaitais pas, alors que nous sommes majoritaires, que cette responsabilité puisse échoir à quelqu'un d'autre, quelqu'un de notre propre famille politique. J'ai donc mis en œuvre cette volonté, je me suis donc retiré. Alors que la logique eut été que ce soit lui qui se retira en ma faveur, j'ai bien senti que la volonté de Calédonie ensemble était d'engager le bras de fer et de prendre le risque de voir élire un indépendantiste, donc, je me suis retiré. Cette fois-ci, la donne risque, peut-être, de changer un peu, parce que le LMD, ce sont deux élus au Congrès. J'ai été soutenu par beaucoup d'autres de mes collègues de la même famille politique. Il se peut, cette fois-ci, que les choses changent et c'est pour ça que je veux que nous puissions nous entendre préalablement à l'élection.

Journaliste : Mais à l'époque, ou depuis, est-ce que vous avez regretté d'avoir fait ce geste, ou, est-ce que finalement vous vous dites, j'ai eu raison, il y a un an, de le faire ?

Simon Loueckhote : Premièrement, non, je ne regrette pas, parce que je pense que c'est ce qu'il fallait faire. Néanmoins, maintenant, à l'usage, à la réflexion, et en observant ce qui se passe au Congrès, depuis un an, avec la présidence de Gérard Poadja, finalement, on se rend compte, et je ne suis pas le seul à le constater, qu'en réalité, il n'est que président par mandat, d'autres gèrent l'institution pour son compte. Combien de fois, on a vu, en séance publique, des questions qui étaient directement adressées au président du Congrès et que c'est quelqu'un d'autre, notamment Philippe Michel, le chef de groupe de Calédonie ensemble au Congrès, qui réponde en lieu et place de Gérard Poadja. Enfin, je trouve que cette façon de gérer l'institution n'est pas conforme à l'idée que l'on doit se faire de l'institution, l'idée que l'on doit se faire des hommes et j'ai, personnellement, regretté que les choses se passent ainsi. De plus, Calédonie ensemble a utilisé cette institution à son profit personnel, pour faire la politique qui convient à Calédonie ensemble, et c'est pour cela que je souhaite que nous puissions discuter préalablement à l'élection, des conditions que doivent assumer le président du Congrès, avec la formation politique dont il est issu, et puis les relations qu'il doit avoir entre ceux-ci et l'ensemble des autres formations politiques de la même famille d'abord, et puis des autres familles politiques qui siègent au Congrès.

Journaliste : Pour être clair, votre proposition, c'est de s'asseoir autour d'une table et essayer de trouver un candidat unique des non-indépendantistes, est-ce que vous pensez que c'est vraiment possible ?

Simon Loueckhote : Ça me paraît extrêmement difficile. Mais si par une quelconque volonté du Saint-Esprit, les uns et les autres acceptaient de mettre leur égo dans la poche et de côté, probablement qu'on pourrait y arriver. J'ai pensé utile et nécessaire d'informer les Calédoniens de cette initiative que j'ai prise, préalablement, bien entendu, j'ai écrit à chacune et à chacun des élus, mais également des formations politiques concernées, pour que nous trouvions rapidement le moment, le lieu, l'heure de cet entretien, et puis les conditions dans lesquelles nous devons procéder à cette élection.

Journaliste : Vous attendez notamment un geste, ou une réponse de Calédonie ensemble ?

Simon Loueckhote : J'attends beaucoup de Calédonie ensemble. Parce que, pour ne rien vous cacher, après avoir contacté les uns et les autres, il n'y a plus que Calédonie ensemble, aujourd'hui, de qui j'attends une réponse.

Journaliste : Mais, on va vous dire, l'an dernier, vous aviez fait un geste et vous vous étiez désisté, pourquoi est-ce que vous ne le referiez pas cette année, si c'était le même cas de figure?

Simon Loueckhote : Oui, mais, à condition que, préalablement, nous en ayons discuté. J'espère que ça va être le cas, parce que sinon, il n'y a aucune raison…, je le rappelais que le LMD, ce sont deux élus au Congrès, ce sont beaucoup d'autres élus qui vont me soutenir, qui me proposent de présenter de nouveau ma candidature, et si ceux-là ne me demandent pas de me retirer au troisième tour, par exemple, pour laisser quelqu'un d'autre être élu de la même famille politique, je maintiendrai ma candidature et le risque, ce serait de voir un indépendantiste être élu à la présidence du Congrès.

Journaliste : Votre démarche de rassembler tout le monde autour d'une table, de regroupement des non-indépendantistes, où est-ce que vous en êtes dans cette démarche ?

Simon Loueckhote : Ça s'achemine avec les difficultés que cela représente bien entendu, avec le temps qui manque pour certains, absents, ils sont partis en mission en métropole, ou ailleurs, ils ont besoin de contacter, d'obtenir des réponses, d'obtenir des assurances, bon, il faut compter avec l'ensemble de ces difficultés. Je ne me faisais d'ailleurs pas d'illusion, au moment où j'ai lancé cette idée, d'ailleurs, j'avais pris deux dates, la fin du mois de juin et, au plus tard, la fin du mois de juillet. Je ne pensais pas si bien dire, puisque nous sommes quasiment en fin juillet et, à part des accords verbaux, nous n'avons toujours pas trouvé le temps pour que nous puissions nous mettre autour de la table et puis signer ce document. Mais, la volonté existe, et puis les termes de cette plateforme sont quasiment tous, aujourd'hui, arrêtés par les uns et par les autres.

Journaliste : On imagine que ce regroupement est, peut-être, l'aboutissement ou la conclusion de votre lettre ouverte et cette demande de retrouver tout le monde autour de la table, ça se réglera après la visite de Jean-Marc Ayrault, je suppose que vous allez tous laisser passer la visite du Premier ministre ?

Simon Loueckhote : Mais absolument, parce que tout le monde va être un peu sur les chapeaux de roues, si je puis dire. Le Premier ministre a prévu de se déplacer dans le Nord et dans les îles Loyauté. Il emmène avec lui, dans ses bagages, un certain nombre d'entre nous, et donc, on laisse passer cette visite ministérielle, y compris le temps de commenter, de tirer les conclusions de la visite, et puis, on trouvera toujours le temps de signer ce document. Que les Calédoniens se rassurent néanmoins, il y a une volonté très, très forte de la part de certains, les autres prendront la responsabilité de n'avoir pas voulu y participer, ou d'être à côté, ou de faire cavalier seul, mais, la volonté de certains, elle est clairement affichée, de nous retrouver pour parler de l'avenir des Calédoniens ensemble.

Journaliste : Concernant la candidature pour la présidence du Congrès, il faudra aller vite, parce que le 8 août, c'est bientôt.

Simon Loueckhote : Ça vient très, très vite, c'est pour ça que dans cette lettre, j'ai souhaité que nous nous réunissions très rapidement, et aux uns et aux autres, j'ai d'ores et déjà proposé qu'immédiatement qu'après la visite du Premier ministre, dans le courant de la semaine prochaine, nous trouvions une heure, voire deux, voire davantage, pour discuter de cette possibilité.

Journaliste : Le Premier ministre arrive demain en Calédonie, vous-même, qu'est-ce que vous attendez de cette visite ?

Simon Loueckhote : Écoutez, je vais peut-être un peu surprendre, mais, c'est pas souvent qu'on reçoit une personnalité de ce niveau de notre gouvernement, c'est quand même le Premier ministre de la France, je le rappelle. S'il avait fini son mandat et qu'il ne soit pas venu en Nouvelle-Calédonie, que n'aurait-on pensé, ici ? Oui, c'est le regard un peu marginal qu'il a de ces Français du bout du monde…, je rappelle quand même qu'il part quatre jours, ou cinq jours, à l'étranger. Il passe une journée en Corée, une journée en Malaisie de ce que j'ai cru comprendre, mais trois jours en Nouvelle-Calédonie, de quoi se plaint-on ? Et le Premier ministre va certainement confirmer un certain nombre d'annonces qui ont déjà été faites, concernant notamment la Nouvelle-Calédonie, c'est la loi organique qui est en discussion, aujourd'hui, au Sénat, les modifications. Ce sont les engagements de l'État à l'égard de la Nouvelle-Calédonie, la construction du lycée du Mont-Dore, avec un deuxième lycée, c'est la loi de défiscalisation, concernant notamment les collectivités qui ont une fiscalité propre, notamment la Nouvelle-Calédonie, l'aide au logement, etc., enfin il y a tout un tas de bonnes raisons pour que nous puissions accueillir le Premier ministre de notre pays, quand même.

Journaliste : Simon Loueckhote, merci. 

 

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