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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Je ne voterai pas Nicolas SARKOZY et je n’appellerai pas à voter pour lui.

Publié le 11 Mars 2012 par Loueckhote Simon in Politique

Cette précision n’est peut-être pas un scoop. Chacun se souvient en effet que depuis le mois de Juin 2011, j’avais démissionné de l’UMP.

L’UMP, ma famille politique depuis qu’elle existe, ne m’avait pas renouvelé sa confiance. Elle avait préféré donné l’investiture à Pierre FROGIER, Député de la 2° circonscription et Président de l’Assemblée de la Province Sud et à Hilarion VENDEGOU, Conseiller à l’Assemblée de la Province Sud et Membre du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, Maire et Grand chef de l’Île des Pins.
Je n’avais pas compris la décision de la Commission d’Investiture pourtant présidée par mon collègue Jean-Claude GAUDIN, Président du Groupe UMP du Sénat.

J’avais compris ce choix comme une défiance à mon égard. Pourtant, en déroulant le film de ma carrière politique depuis son origine, je n’ai pas trouvé une seule raison qui justifierait que je sois  ainsi sanctionné.

La décision de la Commission a été pour moi une trahison. J’ai personnellement payé de ma personne, mon attachement à certaines valeurs. Celles qui font de la France, le Pays des droits de l’Homme et du Citoyen, le combat pour que la Nouvelle-Calédonie reste Française.

C’est avec courage et conviction que j’ai consacré ma vie politique au service des Îles Loyauté dans des conditions peu enviables des politiques de salon.

Gagné la confiance d’une partie de la population des Îles puis être élu dans ce milieu majoritairement indépendantiste relève de la gageure. Et pourtant, je l’ai fait.

La décision de l’UMP est incompréhensible. J’avais pourtant rencontré les plus hautes instances du Parti, du Secrétaire Général au Président de la Commission d’Investiture en passant par le Président du Sénat et certains Conseillers tant du Président de la République, du Premier Ministre que de ses Ministres. Je leur ai annoncé ma candidature. Elle était légitime. Sénateur sortant, j’avais naturellement et prioritairement droit à l’investiture. Comme pour certains départements métropolitains, l’UMP aurait pu s’abstenir de trancher entre les candidats leur laissant  le soin au mieux, de s’arranger entre eux et au pire, de laisser aux électeurs le soin de choisir leurs élus. L'UMP n'a pas choisi cette option marquant ainsi sa préférence.

Pierre FROGIER et Gaël YANNO ont été plus convaincants. Je ne mérite plus la confiance du Parti du Président de la République, comme d'autres élus calédoniens d'ailleurs.

Dans ces conditions, j'avais décidé de quitter le mouvement.

Gaulliste dans l'âme, je suis un homme libre.

Homme libre comme je le suis depuis quelques années.

Homme libre comme Jacques LAFLEUR l'a toujours été, indépendant des instances parisiennes. Et c'est ce qui a fait sa force.

Mais je sais aussi que j’ai payé là, le prix de cette liberté.

Celle que j'ai prise ici, au Sénat ou encore dans les plus hautes sphères parisiennes en apportant une opinion parfois différente d'un langage convenu pour relater la situation, des faits ou une description dépeignant le tableau idyllique trop souvent entendu, de la réalité de la Nouvelle-Calédonie .

Car il ne fait pas bon être en opposition au Rassemblement UMP. On s'expose à de très lourdes conséquences. On est la cible de la chronique hebdomadaire d'Elizabeth NOUAR, la Directrice d'RRB, la Radio du RUMP, une radio dite privée mais qui fonctionne avec 80% de subventions publiques. Et on comprend mieux pourquoi, le CSA que je dénonçais déjà dans un article publié sur mon blog, ne veut pas autoriser de nouvelles radios en Nouvelle-Calédonie.

La même Elizabeth NOUAR qui affirmait, qu'il eut suffit que je dise haut et fort que j'approuve l'initiative sur les drapeaux, sur RRB bien sûr, pour de nouveau avoir les faveurs du chef.

L'Etat SARKOZY a tenté d’étendre ses tentacules loin, très loin de Paris et de la Métropole. Il n'a heureusement pas pris pied partout, il est même en très net recul dans quasiment toutes les collectivités d'Outre-Mer. A se comporter de la sorte ici, il risque de connaître le même sort.

Jamais je ne me suis senti aussi libre que depuis que je me suis débarrassé du lourd fardeau que représente la loyauté envers l'UMP.

J’observe comme des millions de français le déroulement de la campagne. Comme beaucoup de français, je ne crois plus en SARKOZY. Je faisais partie de ces milliers de français qui ont assisté au Bourget à son discours d’investiture. J’en ai versé des larmes de joie comme beaucoup de français qui ont cru en lui en cet instant. Son vibrant  «  J’ai changé parce que la France a changé, j’ai changé parce que l’Europe a changé, j’ai changé pace que le Monde a changé … » répondait à la magique « fracture sociale » de Jacques CHIRAC, quelques années plus tôt.

Mais aujourd’hui, le verbe présidentiel ne porte plus. Il ne convainc plus. Les propositions du candidat de l’UMP, si volontaires soient-elles, ne m’emballent plus. Comment pourrai-je croire que ce qu’il n’a pas voulu ou pu faire en 5 ans, il le ferait enfin ? Pourquoi lui ferai-je encore confiance ?

Comme beaucoup de calédoniens, j’ai apprécié sa venue en Nouvelle-Calédonie mais ma déception  a été tout aussi grande que la distance qui  l’a séparée de nous. On apprend par la presse que ce constat n’est pas unique à la Nouvelle-Calédonie. Il est le reflet de sa conception de la fonction présidentielle. Ses prédécesseurs et notamment le Général De GAULLE, Georges POMPIDOU ou plus récemment Jacques CHIRAC avaient une toute autre conception de la fonction.

Je ne voterai pas Nicolas SARKOZY et je n’appellerai pas à votre pour lui car contrairement à ce que certains tentent de nous faire croire, il n’est pas le meilleur rempart contre l’indépendance. Souvenons-nous, lorsque le débat sur le gel du corps électoral faisant rage en Nouvelle-Calédonie, des élus, à mon initiative, lui avaient écrit pour le sensibiliser sur les conséquences de cette entorse à l’Accord de Nouméa. Il était Président de l’UMP. Il était resté sourd à cet appel. Cette loi inique restera à jamais dans la mémoire de beaucoup de calédoniens.

Les militants et sympathisants du LMD (Le Mouvement de la Diversité), parti politique que j’ai fondé et que je préside s’est réuni, il y a quelques jours pour adopter sa position lors de l’élection présidentielle.

Le LMD rappelle qu’il est plus que jamais pour que la Nouvelle-Calédonie reste au sein de la France.

Il rappelle aussi qu’il est pour le respect de l’Accord de Nouméa, seul garant d’un processus équilibré et juste.

A l’unanimité, en responsabilité et en conscience, les militants et sympathisants ont décidé de ne pas soutenir sa candidature ni aucune autre d’ailleurs et de laisser le libre choix à leurs adhérents.

Moi, je ne voterai pas Nicolas SARKOZY et je n’appellerai pas à voter pour lui.

 

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