le blog de Simon Loueckhote

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La fonction publique, un magnifique défi à relever.

Publié le 5 Avril 2010 par Loueckhote Simon in Fonction publique

Les 12, 13 et 14 Avril prochains, le Gouvernement organisera les Assises de la Fonction Publique de la Nouvelle-Calédonie. 3 jours au cours desquels employeurs publics, organisations syndicales, agents publics mais également observateurs extérieurs vont échanger dans des ateliers. Des personnalités étrangères viendront nous expliquer comment leurs pays respectifs ont procéder pour faire évoluer leur Fonction Publique.

Car notre Fonction Publique comme dans d’autres domaines, doit évoluer. Il en va de la qualité du service public, de nos finances publiques, de l’avenir des milliers d’hommes et de femmes et de leur famille qui en vivent. Il en va tout simplement de l’avenir du pays.

Les séminaires des 14, 15 et 16 Mars derniers ont permis aux différents participants de faire un diagnostic et un état des lieux des emplois publics en Nouvelle-Calédonie. On en retient que ce sont 16000 agents régis par 24 statuts qui composent la Fonction Publique. Ils représentent 84 Milliards de masse salariale, tout employeur public confondu. Avec le transfert de l’Enseignement secondaire, ce sont potentiellement 4500 agents supplémentaires qui viendront gonfler les effectifs de la Fonction Publique. Ce sont 45 Milliards de plus de masse salariale.

L’Etat a bien prévu de compenser ce transfert par un accompagnement financier équivalent mais chacun sait que la situation de la France est complètement exangue et que cet engagement au plus haut niveau certes, ne vaudra, que tant que la 5° puissance économique du monde pourra l’honorer. L’Etat a déjà bien du mal à tenir ses engagements financiers à l’égard des Régions et des Départements en Métropole, comment peut-on imaginer un seul instant qu’il les tiendra à notre égard ?

Cet état financier et budgétaire me paraît utile d’être présenté car il est aussi au cœur de notre réflexion et de nos préoccupations. De plus, la complexité induite par la multiplicité des statuts, rend la gestion de tous ces agents particulièrement difficile. Elle entretient des rancœurs, des mécontentements qui sont souvent la source de conflits, de revendications, de grèves. Celles de Novembre 2008 auront coûté aux différentes collectivités 3 Milliards de FCFP.

Une enquête de satisfaction auprès des agents et du public a été organisée durant tout le mois de Février. Les résultats nous seront présentés aux cours de ses journées. J’ajoute que nous disposons depuis le mois de Janvier dernier, du référentiel des métiers. C’est un outil d’une très grande qualité réalisé, non sans mal, par les services de la Nouvelle-Calédonie avec les partenaires sociaux (employeurs publics et organisations syndicales). Riche et pratique, on y apprend qu’il existe plus de 400 métiers dans les services publics de la Nouvelle-Calédonie. Nous procédons en ce moment à la classification de ces métiers avec l’assistance d’un expert Suisse.

La dernière phase de cet important travail consistera à la pesée des emplois. Ils compléteront utilement l’état des lieux. Puis à compter du mois de Mai, des groupes de travail seront constitués, ils travailleront à l’élaboration d’un schéma et des orientations à présenter à la fin de l’année au Gouvernement et au Congrès comme le Président du Gouvernement s’y était engagé dans le discours de Politique Générale qu’il a prononcé devant la représentation du pays en Août dernier.

Nous devrons faire preuve de beaucoup d’imagination, de créativité et de courage. Nous devrons bâtir une Fonction Publique de qualité, capable de relever les défis de la mondialisation. A 18000 km de la Mère Patrie, nous devons assurer la noble mission de représenter notre Pays, la France, dans sa capacité d’adaptation et de modernisation. Dans ce bassin Pacifique dominé par la culture anglo-saxonne, nous sommes avec Wallis et Futuna et la Polynésie Française, les exceptions, les tenants du modèle social français qui a montré ses limites mais si cher à la grande majorité de nos concitoyens.

Quelques pistes méritent d’être travaillées :

• la simplification, il est impératif de réduire le nombre de statut. On devrait en avoir qu’un seul, au lieu de 24 actuellement. Il faciliterait grandement la gestion des personnels et donnerait une meilleure lisibilité tant aux employeurs publics qu’aux organisations syndicales. Le référentiel des métiers nous permettrait sans trop de difficultés à atteindre cet ambitieux objectif.

• participer à la lutte contre les inégalités, le maquis des différents statuts a crée des droits, des avantages, des situations de confort, qui entretiennent des inégalités insupportables dans une société aussi petite que la nôtre

• maîtriser les coûts des personnels, l’inflation des revendications de régimes indemnitaires notamment, réduit la capacité d’investissement des collectivités et des établissements publics

• harmonisation des différents statuts, les agents publics doivent pouvoir changer de services ou d’employeurs sans que ne se pose la question du statut

• valoriser le travail par l’intéressement, la motivation qui conditionne la qualité du travail doit être récompensée

• favoriser la mobilité, elle doit être un droit pour tout agent

• assurer une formation tout au long de la carrière des agents nécessaire à leur promotion, comme la mobilité, la formation doit faire partie des droits fondamentaux de tout agent public

• les prérogatives des employeurs, elles doivent être garanties

• évolution et maîtrise du coût de la vie, les employeurs publics, les organisations syndicales de salariés et toute autre personne qualifiée définiront ensemble lors d’une conférence quinquennale, les évolutions salariales possibles au vue de la situation économique du pays

• garantir la qualité des services publics, le public doit bénéficier de service de qualité. Cela suppose une meilleure répartition des compétences.

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