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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

La jeunesse mélanésienne, un vrai casse-tête pour la société en construction.

Publié le 14 Octobre 2009 par Loueckhote Simon in Société

                  

Selon le quotidien, Les Nouvelles Calédoniennes, les Sénateurs coutumiers seraient favorables à une reprise en main par l’Armée des jeunes calédoniens et notamment mélanésiens en mal d’intégration. Cette mesure ferait partie de la batterie de recommandations faite dans le rapport commandé par le Haut-Commissaire à l’Institution et dont le contenu a été rendu public au Centre culturel TJIBAOU la semaine dernière.


Au-delà de la surprise de cette proposition des coutumiers dont l’un des animateurs et tête pensante n’est autre que Rock WAMYTAN, c’est la sagesse et le bon sens de cette idée qui retient mon attention. En effet, à écouter les sages calédoniens, la jeunesse mélanésienne subirait plus que les autres, dans la même tranche d’âge, des conséquences inattendues des évolutions de la société. Et les faits sont là pour justifier leurs inquiétudes. La mort récente d’un jeune adolescent de 14 ans, tué par son compagnon de beuverie d'une soirée, de tout juste son aîné de 2 ou 3 ans avec une atrocité indescriptible. Je connais la famille de cet adolescent. Elle est d'Ouvéa. Il en était à sa énième fugue. Il ne pouvait plus supporter l'autorité de son père. Etait-elle disproportionnée? L'appel du large, le sentiment de liberté ou le bien-être recherché justifiaient-ils cette juvénile émancipation?

On peut à l'infini se poser des questions, elles resteront sans réponses. Il y a quelques mois, un jeune wallisien été frappé à mort en plein centre-ville par d'autres jeunes mélanésiens sans véritables mobiles. Le taux de suicide est important en Nouvelle-Calédonie. Et on aurait tord de penser qu'une communauté est plus touchée que les autres.

Alors quelles solutions pour y remédier?

Les Sénateurs coutumiers, avec lucidité, voient dans le service militaire, une des solutions. Le Service Militaire Adapté existe bien mais suffit-il? Pas si sûr. La conscription est supprimée depuis plusieurs années. La Grande Muette est devenue une armée de métier.

 
Plutôt que d'investir annuellement 2 à 3 Milliards de Francs CFP dans une télévision politique au seul service de quelques uns, la Nouvelle-Calédonie n'aurait-elle pas mieux à faire auprès de l'Etat avec l'argent des calédoniens, au profit de tout le monde?

N'y a-t-il pas plus prioritaire pour les calédoniens et en particulier les plus faibles dont une partie de notre jeunesse?

Je ne puis, en cet instant, m'empêcher de rappeler cette citation:

 

Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants…

Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles…

Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter…

Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au dessus d’eux l’autorité de rien et de personne…

 Alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie.
 (Platon, 400 ans avant J.C.)

 

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UnCaldocheMilitaire 29/03/2010 00:15


Je pense que la réflexion des coutumiers est pleine de bon sens. Je vis en métropole et j'ai fait partie des derniers appelés du contingent. Le service national a été remplacé par la journée
d'appel et de préparation à la défense, où les jeunes viennent surtout rater une journée de cours et surtout récupéré l'indispensable attestation qui leur est obligatoire pour s'inscrire au permis
de conduire ou en faculté. 

Oui, je regrette la conscription. Car au-delà de l'aspect strictement militaire, elle apportait une vraie mixité sociale, une certaine éducation du "vivre ensemble", quand le fils d'ouvrier
cotoyait le fils de commissaire de police et le "jeune des cités" le jeune des beaux quartiers.

Il ne faut pas se voiler la face : ici en métropole on ressent bien qu'il y a un vide. Certes, on ne peut tout mettre sur le dos de la professionnalisation de notre armée, mais entre les parents
démissionnaires et l'éducation nationale qui se cantonne à des enseignements purement académiques, nos jeunes ont perdu bien des repères. Et effectivement, la citation de Platon prend
malheureusement tout son sens aujourd'hui. 


requindormeur 16/10/2009 10:55


bonsoir

super tes references a platon.
quand a l'une des propositions des coutumiers de mettre les elements incontrolés de la jeunesse melanesienne dans l'armee,c est un peu se debarrasser du probleme pour le refiler a quelqu'un
d'autre.
Pourquoi pas la legion.


Kofi thierry 15/10/2009 21:34



 Jeunesse, réveille-toi de ton sommeil,
 Tes nuits sont trop lonlongues, tes journées trop courtes.
 Sans cesse sous ta faiblesse, la drogue te blesse.
 L'alcool te plonge dans la paresse, l'école t'enseigne les vertus de la sagesse.

Jeunesse, tu perds ta liberté,
Tu pleures un passé qui te semble dépassé
Tu vis le présent comme dans une prison,
Tu accuses l'étranger, lui qui excuse ta naïveté.

Jeunesse, lève-toi
Ouvre tes yeux et fais un voeu.
Tu as le soutien des vieux et la grâce de dieu.
Plutôt tu te lèveras, plus tard tu te reposeras.

Jeunnesse, l'horizon t'attend
Qu'est-ce que tu attend pour rattraper le temps.
Envole-toi et souviens-toi
Kanaky n'est plus dans ton village, kanaky voyage dans tes baguages.

Jeunesse, le savoir est un pouvoir,
Tu es ce miroir qui reflètes l'espoir
pour un territoire qui fera ton histoire,
Et ce que tu entreprends aujourd'hui, decidera qui tu seras demain

Enia hnimelo
Dredre hnyimaï asehënilo
Walawio eidrilo
Ma zöi jeunesse ka pui lolo



Luën IOPUE 15/10/2009 13:26


Bonjour,

Je voulais juste faire remarquer que ce genre de problème est courant dans les sociétés dites "traditionnelles". En effet les jeunes de ces sociétés doivent se construire en ayant d'un côté leurs
propres us et coutumes et de l'autre un mode de vie à l'occidental. Certain y arrivent, et d'autres (visiblement de plus en plus nombreux) un peu moins.

De cette difficile conciliation entre tradition et modernité découle des problèmes de construction de soi et de construction identitaire. Dans le billet que vous publiez Mr le Sénateur, vous
rapportez que les sénateurs coutumiers voient dans l'armée et notamment le service militaire, un moyen de résorber ou de corriger le problème.

A mon humble avis, cela ne sera pas suffisant et qui plus est un peu tard. Je pense en effet que la famille et l'école sont les institutions qui servent de cadre à cette jeunesse en leur
transmettant bon nombres de normes, de règles ... (d'ailleurs plusieurs écrits sociologiques vont dans ce sens).

Pour répondre au mieux à cette "dérive" de la jeunesse calédonienne et en particulier kanak, il serait judicieux de se poser des questions telles que :
- Les institutions telles que la famille, l'école sont elles en crise ?
- Si oui pourquoi ?
- Le système éducatif calédonien est calqué sur celui de la métropole, ne faudrait-il pas l'adapter aux jeunes calédoniens ?

A travers la question de la jeunesse, c'est la question de la future calédonie et de son destin commun qui est en jeu.

Merci