le blog de Simon Loueckhote

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La Nouvelle-Calédonie, à l’heure des grands choix

Publié le 1 Avril 2010 par Loueckhote Simon in Société

 « J’ai changé parce que la France a changé. J’ai changé parce que le monde a changé. » Ces deux phrases sont de Nicolas SARKOZY, candidat de l’UMP à la Présidence de la République lors de son investiture au Bourget en 2006. A « la fracture sociale » qui fit gagner Jacques CHIRAC à l’élection présidentielle de 1995, N.SARKOZY va répondre et capter l’attention et la confiance des Français par ce slogan. C’est un véritable « coup de génie » de ce fils d’immigré que les Français choisiront en 2007 pour conduire leur destiné. Au-delà, de ce coup de com, de celui qui avouait penser à cette échéance tous les matins en se rasant, c’est la dure réalité que N.SARKOZY va constater, après avoir battu pendant des mois, le pavé de « la France d’en haut » mais aussi celui de « la France d’en bas ».

S’adressant aux outre-mer français depuis Mayotte et La Réunion, au début de cette année 2010, le Président de la République a exhorté les ultramarins à se prendre davantage en main, à être imaginatif, à ne plus avoir peur, à s’inscrire et à s’adapter aux évolutions de leur régions respectives.

Notre avenir commun n’aura de sens que parce que nous aurons été capables de nous adapter au monde qui bouge. Présente sur tous les Océans par ses collectivités d’Outre-Mer, la France est le deuxième pays au monde par la superficie de sa zone maritime. Son rang de 5° puissance économique ne l’exonère pas des nécessaires réformes structurelles à prendre pour l’éloigner de la récession qui la guète.

Le trou abyssal de sa dette, creusé volontairement pour faire face à la récente crise financière mondiale, alourdi l’héritage que nous allons transmettre à nos enfants. Car n’oublions jamais que la dette que nous contractons aujourd’hui, ce sont les générations futures qui auront la lourde tâche de la solder. Nous condamnons ainsi nos propres enfants à travailler pour réparer nos turpitudes d’aujourd’hui et nous les condamnons surtout à ne jamais connaître le sens du mot « solidarité ».

C’est conscient de cette situation que la Nouvelle-Calédonie doit se prendre davantage en main car la solidarité nationale ne durera pas éternellement. La France, chacun l’aura compris, ne peut plus faire face à toutes ses obligations. La France n’a plus les moyens. Longtemps, la solidarité a joué dans un sens.

Voici venu le temps de la réciprocité. Notre devoir aujourd’hui est d’ouvrir notre cœur. « Terre d’accueil, terre de partage, devenons frères », telle pourrait être la devise de la Nouvelle-Calédonie.

Mais à qui, nous adressons-nous ? Nous avons limité aux seuls calédoniens justifiant de 10 ans glissant jusqu’à 20 ans de présence dans le pays, le corps électoral spécial appelé à voter aux élections provinciales et au référendum. Nous avons institué une citoyenneté calédonienne qui trouve son essence dans le corps électoral spécial. Nous avons réservé les emplois aux seuls citoyens calédoniens.

Comme la devise de la France « Liberté, Egalité, Fraternité » qui est souvent mal comprise, la devise de la Nouvelle-Calédonie pourrait l’être aussi. N’est-il pas temps pour nous de lever la tête et de regarder devant? Certes connaître son passé est nécessaire mais c’est désormais au loin qu’il faut regarder. Notre passé, la France, par sa Constitution, l’a reconnu. Nous disposons désormais des moyens juridiques notamment pour penser et évoquer l’avenir.

Aucun citoyen du monde, plus personne ne devra se sentir exclu voire marginalisé au « Pays où l’hospitalité est un héritage de la nuit des temps ».

Accueillons, partageons et devenons frères avec les 19000 exclus du corps électoral spécial. Permettons leur d'être représentés dans les différentes assemblées (Congrès et Provinces). On pourrait imaginer qu’un quota de postes leur soit réservé dans chacune des assemblées. On pourrait également imaginer que ces élus participent à toutes les délibérations à l’exception de celles concernant l’organisation des scrutins d’autodétermination et à toutes celles ayant un lien direct avec l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. On pourrait ainsi imaginer qu'ils seront élus par le corps électoral constitué des exclus du corps électoral spécial.« Terre d'accueil, terre de partage, devenons frère » ouvrons notre cœur et donnons un sens à notre devise.

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Gilles Beyney 12/04/2010 03:55



Merci Simon!!!


Enfin les "vraies" idées du LMD _ avec mise en ligne sur ton blog ...(Mais ce n'est qu'un détail!) Sincèrement merci!!!Et vois comme je peux saluer
cette "belle initiative" : il ne peut en être autrement , eu égard à "l'intérêt général" qui ne connaît ni frontières ni procrastination.



Maurice Droin 02/04/2010 06:50



Excellente idée que je vais diffuser et appuyer par tous les moyens en ma possession. Bravo