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La Nouvelle-Calédonie face au dilemme des élections législatives

Publié le 21 Juin 2012 par Loueckhote Simon in Politique

La situation politique au lendemain des élections législatives sur le Caillou est pour le moins confuse et crée du coup quelques  inutiles tensions qui devraient être vite apaisées dès que les tenants de la clé magique auront pris et assumé leur responsabilité.

Mais pour bien comprendre les enjeux,  il convient de rappeler que les Calédoniens ont largement  élu les candidats de Calédonie Ensemble dans les deux circonscriptions.

Philippe GOMES, leur Chef de file, avait annoncé au moment de lancer leur campagne qu’il considérait que ce serait un référendum sur la politique menée par le Rassemblement UMP, l’Avenir Ensemble, l’Union Calédonienne et le Parti Travailliste.

Leur succès à ces élections sonne donc comme un véritable plébiscite pour le « NON » à la coalition aux manettes. « NON » au drapeau indépendantiste, « NON » à Rock WAMYTAN à la Présidence du Congrès, « NON » à leur marginalisation au Gouvernement.
Pour autant, la réorganisation politique et institutionnelle logique à laquelle les Calédoniens s’attendent, ne coulera pas de source.

Les indépendantistes l’ont d’ailleurs déjà fait savoir. Dans une communication faite à la presse, Rock WAMYTAN et Louis Kotra UREGUEI ont mis en garde leurs adversaires mais néanmoins partenaires sur la radicalisation possible de leurs troupes  sur le terrain si certains  de leurs acquis venaient à être remis en cause.

Alors que faire ?

La légitimité démocratique de Philippe GOMES l’oblige désormais. L’un de ses vieux rêves est  enfin exaucé : être la  première force politique calédonienne.  Cet aboutissement lui procure cependant des responsabilités. Être le chef de la droite locale, poste détenu jusqu’à Dimanche dernier par Pierre FROGIER, Président du Rassemblement UMP, commande qu’il assume les obligations de sa chefferie. Et elles ne sont pas banales. Son prédécesseur  en a fait les frais.

Mais, sa légitimité est toute relative. Le scrutin  qui la lui a donnée est national. Il ne modifie pas la physionomie des assemblées locales. Les rapports de force restent ce qu’elles étaient la veille des élections. C’est ainsi que les indépendantistes réunis peuvent prétendent à devenir majoritaire au Congrès et au Gouvernement. Le RUMP et l’Avenir Ensemble restent quand à eux,  majoritaire à la Province Sud et au Congrès chez les non-indépendantistes.

Sauf si les formations de droite se mettent d’accord pour envisager ensemble la suite. Et c’est probablement le plus difficile à faire. La nature humaine étant ce qu’elle est, ce sont souvent  les égos qui parlent  et qui conseillent.

On pourrait penser qu’il appartient au tout nouveau vainqueur d’appeler les membres de la famille pour faire le point  mais pour la raison que j’ai développée ci-dessus, il ne m’apparait pas le plus indiqué pour ce faire. Car en fait et toujours pour la même raison, le RUMP et l’AE pourraient faire fi du message adressé par les Calédoniens  Dimanche  dernier et continuer chemin faisant.

 Même s’il n’a plus le leadership de la droite locale, Pierre FROGIER  sauf  s’il est contesté par ses troupes, reste l’élément déterminant de cette nouvelle phase à reconstruire. Il lui appartient de prendre l’initiative d’appeler le nouveau Député pour trouver des solutions aux nombreux messages des Calédoniens.

Ces derniers ne veulent plus des divisions qui font le jeu des indépendantistes. Ils veulent de la transparence, ils veulent être informés préalablement à toute  initiative  qui engage l’avenir.

Ils veulent comprendre.

Ils ne sont pas  opposés  à une répartition équilibrée  des  responsabilités  et à  la gestion collégiale des affaires, gage de stabilité  mais ils les veulent juste  et dans  le respect  de la représentativité de  chacun.

C’est dire si le RUMP  et CE  jouent gros. Le premier, à défaut de montrer de l’écoute après le séisme politique de Dimanche, risque de tout perdre et le second de décevoir et d’être sanctionné de ne pas assumer ses nouvelles responsabilités.

A moins que de nouvelles élections générales remettent les pendules à l’heure. Les Calédoniens devraient logiquement confirmer leur choix des 10 et 17 Juin derniers. Mais ça c’est une autre histoire.

 

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