le blog de Simon Loueckhote

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Le comité de pilotage NC 2025

Publié le 16 Décembre 2009 par Loueckhote Simon in Presse - Communiqués - Allocutions

L'article des Nouvelles calédoniennes du 15 décembre 2009:

"Le schéma d’aménagement « NC 2025 », qui doit définir les besoins du pays à long terme, a été relancé politiquement, hier. Le sujet était délaissé depuis les élections, mais Simon Loueckhote et l’État promettent de s’y atteler. Une certitude : les délais ne seront pas tenus.

Le schéma d’aménagement de la Nouvelle-Calédonie est une idée géniale. Quand ce document existera (début 2011, si tout va bien), il servira de boussole à l’ensemble de l’action publique. Rendez-vous compte : les institutions ne navigueront plus à vue et dépenseront leur argent de manière structurée. Bref, elles construiront un pays, quel que soit son statut politique.
L’idée n’est pas neuve, puisqu’elle était inscrite dans la loi organique de 1999 (lire l’encadré). Et nos élus ont pris leur temps pour la mettre en œuvre, dix ans précisément. Mais quand « Nouvelle-Calédonie 2025 », le nom du projet, a été lancé, en mai 2008 à Koné, ce fut l’enthousiasme général. Des ateliers se sont créés, des réunions publiques ont été organisées dans toutes les aires coutumières, et les gens s’y sont intéressés.
C’est cette première étape, celle du diagnostic, qui s’est achevée hier avec la troisième réunion du « comité de pilotage ». L’État, la Nouvelle-Calédonie, les coutumiers et les communes se sont tous revus pour valider ledit diagnostic (1). Suivront les orientations (que voulons-nous faire ?), puis les moyens (comment y parvenir ?).
Un seul bémol : depuis la grande réunion de Koné, l’enthousiasme est retombé. À cause du retard initial de dix ans, un calendrier serré avait été annoncé. Au plus tard, le plan serait prêt fin 2010. Ce ne sera pas le cas. Après dix-huit mois d’existence, le projet a déjà pris six mois de retard.

« Du côté des politiques, on a eu l’impression que c’était devenu une patate chaude »

« Après les élections de mai, il ne s’est plus rien passé, témoigne un acteur de la société civile. Tout le monde s’y était mis, on avait travaillé. Les services administratifs ont continué le boulot, c’est grâce à eux que nous avons un diagnostic, aujourd’hui. Mais du côté des politiques, on a eu l’impression que c’était devenu une patate chaude. Ou plutôt une patate tiède, quelque chose qui n’intéressait pas le nouveau gouvernement. »
Autre coup dur : en octobre, le principal architecte du projet a démissionné pour rejoindre le cabinet du président Gomès. Et depuis, Roger Kerjouan, ex-chef du service de l’aménagement au gouvernement (2), n’a pas été remplacé. Or, sans chef, rien n’avancera. Du coup « on a peur que les politiques considèrent ça comme un gadget, alors que l’enjeu est énorme », poursuit l’un des participants aux ateliers de travail.
Pas du tout, a répondu Simon Loueckhote, en charge du dossier au gouvernement, hier soir (lire l’interview, ci-dessous). Pour lui, tout devra être prêt pour 2011, et les prochaines négociations de contrats de développement.
Il faudra faire vite, c’est sûr. Espérons que le temps suffira pour bien faire.

(1) Une première ébauche est disponible sur le site www.nouvellecaledonie2025.gouv.nc
(2) Le service de l’aménagement et de la planification (SAP), créé spécialement pour élaborer le schéma.


Marc Baltzer

Questions à yves DASSONVILLE et Simon LOUECKHOTE:
Où en est Nouvelle-Calédonie 2025 ?
Y.D. :
Nous avons terminé et validé la phase de diagnostic. Nous discutons à présent de la phase des orientations, que nous souhaitons terminer à la fin de 2010 […] On aura, par chantier, un groupe composé d’experts et d’élus, qui seront désignés par les institutions, le gouvernement et l’Etat. L’ambition, c’est de rendre ces groupes ressemblants à la société calédonienne, de sortir de la technocratie pour se rapprocher de la population. Nous renouvellerons les réunions dans les aires coutumières.
S.L. : L’objectif, c’est qu’à la fin de 2010 nous ayons arrêté les orientations, pour permettre à l’Etat et aux partenaires calédoniens de discuter la nouvelle génération des contrats de développement, en 2011.

A quoi ressemble ce diagnostic ? Le rendrez-vous public ?
S.L. :
Le diagnostic fait à peu près 130 pages. Il est prêt, il a été envoyé à chacun des acteurs, l’Etat a apporté sa contribution, et il vient d’être validé par le comité de pilotage. Un certain nombre de remarques pertinentes y ont été apportées. Par exemple, le président Néaoutyine regrette que la réalité sociétale qui compose les trois quarts de la province Nord n’ait pas été intégralement analysée […] Cette observation va être annexée et va enrichir notre réflexion. Le document sera imprimé à 2 000 exemplaires et rendu disponible pour les Calédoniens, pour qu’ils se l’approprient.

Certains participants au schéma s’inquiètent du ralentissement des travaux, depuis le moi de mai. Que leur répondez-vous ?
S.L. :
Le schéma n’est pas arrêté, contrairement aux craintes que l’on a pu entendre. Nous avons réuni, la semaine dernière, les chefs de projet qui ont planché sur le diagnostic. Je les ai rassurés. La réunion d’aujourd’hui est là pour confirmer le schéma.

En dix mois de travaux, il y a déjà huit mois de retard. Comment l’expliquer ?
S.L. :
C’est la période électorale, la mise en place des nouvelles institutions… Moi-même, j’ai dû faire quelques efforts pour ingurgiter tout cela. On est en train de dessiner la Nouvelle-Calédonie de 2025 : c’est énormément de travail, alors que nous ne serons que 300 000 dans ce pays [la prévision pour 2025, NDLR]. Il y a beaucoup de réflexion pour peu d’habitants, en définitive. Mais on affiche cette ambition.
Y.D. : D’autant qu’elle est dans la loi organique. Ça fait partie de la ligne directrice, l’Accord de Nouméa, qui est l’Alpha et l’Oméga qui inspirent l’action publique.

Depuis trois mois, le schéma n’a plus de directeur (lire ci-dessus). Avez-vous trouvé un remplaçant ?
S.L. : Oui, mais ce n’est pas simple !

De qui s’agit-il ?
S.L. :
Je réserve ce choix à la collégialité.
  Dix ans de retard 
Dès 1999, la Loi organique prévoit la mise en place d’un « schéma d’aménagement et de développement » pour poser « les orientations fondamentales » de l’action publique à long terme. En point de mire : la construction d’un pays. Pour les indépendantistes, c’était le moyen de structurer le territoire en une quinzaine d’années, soit pile avant un éventuel référendum. Dès les années 1980, Jean-Marie Tjibaou parlait de sortir de la colonisation « par la grande porte ». Mais le projet n’a été lancé qu’en 2008, sous l’influence de Gérald Cortot (UC), du gouvernement d’Harold Martin et de l’Etat. Du coup, l’horizon n’est plus le référendum, mais l’année 2025. Cela n’a pas empêché les différentes sensibilités politiques d’y travailler.
 
   Dix-huit mois de travaux 
Mars 2008 : Neuf ans après la loi organique, un projet de schéma émerge. Un premier comité de pilotage (gouvernement et État) se réunit.
Mai 2008 : Lancement du schéma. Politiques, coutumiers et représentants de la société civile se rencontrent à Koné. La méthode est définie : diagnostic, orientations puis action. Le tout d’ici juillet 2010. Ce sera finalement fin 2010, voire début 2011.
Mai 2008 à juin 2009 : Neuf ateliers thématiques se mettent au travail, présidés par des personnalités. Les réunions sont mensuelles. Des rassemblements publics sont organisés, avec succès, dans chaque aire coutumière. En parallèle, le gouvernement se dote d’un service de l’aménagement et de la planification.
Mars 2009 : Premier bilan d’étape. Le diagnostic doit être présenté en juillet.
Mai 2009 : Elections provinciales.
Juin 2009 : Simon Loueckhote est chargé du suivi du schéma. Il remplace Gérald Cortot.
Octobre 2009 : Dans une lettre adressée au gouvernement et à l’État, les directeurs d’ateliers se disent préoccupés. « Il semble que la dynamique se soit sinon arrêtée, du moins ralentie », écrivent-ils. Le même mois, Roger Kerjouan, directeur du schéma, rejoint le cabinet du président Gomès. Le schéma n’a plus de pilote depuis ce jour.
14 décembre 2009 : présentation du diagnostic au comité de pilotage, qui le valide. Élaboration d’une méthode pour définir les orientations.
 
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