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Le limogeage de Nidoish NAISSELINE de la Présidence d’Air Calédonie, pas à la hauteur des enjeux.

Publié le 30 Mars 2012 par Loueckhote Simon in Economie - Fiscalité

Le Conseil d’Administration de la Compagnie Air Calédonie vient  de prendre une décision importante à  ses yeux, le limogeage de Nidoish NAISSELINE de la Présidence du Conseil d’Administration de la Compagnie.

Cette décision est motivée par la seule crise meurtrière de Novembre dernier qui fit 4 morts à Maré et mis le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et le Congrès,  un genou à terre.

Comme si cette décision allait régler le problème de fond d’Aircal. Car, soyons honnête de quoi souffre la compagnie ?
C’est de l’inadéquation entre ses charges, son activité et  sa mission de service public.

Les charges d’abord : la compagnie a fait le choix, il y a plusieurs années de se doter d’une flotte composée  d’avions de transport régional, l’ATR, pour répondre à un flux de plus en plus important  de voyageurs qui se déplacent  sur l‘ensemble de la Nouvelle-Calédonie. La compagnie avait aussi anticipé sur le développement espéré des provinces mais qui peine à arriver. Ces choix stratégiques ont induit des conséquences peut-être mal évaluées à l’époque mais que les actionnaires ne veulent pas assumer. Ce sont notamment, les contraintes réglementaires  européennes et internationales en matière aéronautique.  Celles-ci engendrent pour la compagnie,  des coûts que son activité  a du mal à  financer.

L’activité ensuite : n’oublions tout de même pas qu’Aircal ne dessert qu’Ouvéa, Lifou, Tiga et Maré, l’Île des Pins, Belep, Koné, Koumac et Touho. Ses lignes les plus rentables  sont l’Île des Pins,  Lifou, Maré et  dans une moindre mesure Ouvéa. Les autres lignes lui font perdre de l’argent. C’est pour cela qu’elle les a confiées à la Société Air Loyauté dont l’ancien gérant n’est autre que le Président nouvellement élu, du temps où il dirigeait la Société de Développement des Îles (SODIL), bras financier de la Province des Îles.  N’oublions jamais que sa clientèle n’est constituée que des calédoniens et notamment ceux  des Îles. La communauté d’affaire ainsi que les touristes pourtant, publics cibles dans les différentes études de rentabilité de la compagnie font cruellement défauts.

Enfin sa mission de service public : nous semblons oublier qu’Aircal n’est pas une société comme les autres. Elle est investie d’une mission de service public, le  désenclavement de la Nouvelle-Calédonie, permettre à  tout usager de se déplacer d’un point à un autre du territoire en lui offrant un moyen de transport autre que la voiture et le transport maritime. Et cette mission a un coût.

La situation de la compagnie n’est pas inconnue de ses actionnaires.  Le premier d’entre eux dispose de multiples études et plans  de redressement plus ou moins suivis. Le dernier en date, le Yield Management est dans sa phase de  mise en œuvre.

La décision du Conseil d’Administration de limoger Nidoish NAISSELINE est plutôt surprenante. 

 En quoi, peut-il être responsable de la  situation de la compagnie?

On peut comprendre que le Directeur  ait démissionné car il a une vraie responsabilité dans la gestion de la société. Et si les recommandations de Yield Management ne sont pas suivies, il en est avec ses collègues de la direction générale,  le principal responsable.
Mais le Président du Conseil d’Administration qui n’en a aucune, que peut-il lui être reproché ?

Ce limogeage qui sent le parfum du règlement de compte politique, met au goût du jour certains usages qui ont encore de beaux jours devant eux.

Gageons que le nouveau Président qui affirme connaître le secteur du transport aérien  saura se faire entendre dans ce panier de crabes où s’entremêlent raisons politique, syndicale et  économique.

 

 

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