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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Mission du 6 au 9 Octobre 2009 à Cayenne en Guyane.

Publié le 8 Octobre 2009 par Loueckhote Simon in Activités

                          

Profitant de mon déplacement à Paris pour le Sénat, le Gouvernement m’a demandé de pousser jusqu’en Guyane pour honorer l’invitation du Président de la Région, Antoine KARAM, à assister aux Assises de Recherche et de l’Université.

La Guyane est à la croisée des  chemins. Elle s'interroge sur son avenir institutionnel. Beaucoup ici caressent  la douce ambition d'une plus grande autonomie à l'égard de la Métropole mais également à l'égard de la Guadeloupe et de la Martinique.

Universitaires et chercheurs guyanais s'étaient relayés sur différents thèmes pour exprimer leurs craintes d'une recherche dont les retombées ne profitent pas à leur collectivité. De même, ils réaffirment leur souhait d'une Université de plein exercice. La tutelle des deux grandes soeurs n'a que trop duré.
La Guyane, il faut le rappeler, compte parmi ses enfants, des noms célèbres comme Gaston MONNERVILLE, celui qui s'opposa à De GAULLE, ancien Président du Sénat ou encore Félix EBOUE, premier Gouverneur noir de
la France.
Cette terre française d'Amérique du Sud concentre sur son territoire autant d'intellectuels que d'or. De la médecine à l'aérospatial en passant par l'agronomie, l'aquaculture, les lettres ou encore la philosophie et l'informatique, les guyanais peuvent s'enorgueillir d'avoir dans chacun de ces domaines des docteurs, des chercheurs, des ingénieurs, des universitaires, des cadres de très haut niveau. Forts de ce constat, ils revendiquent leur droit à l'émancipation. Et ils s'estiment suffisamment matures.
Ils s'inquiètent cependant car ils savent que la recherche coûte chère. Qu'ils n'ont pas les moyens pour mener des programmes suffisamment ambitieux et prometteurs pour participer au développement. Ils ne souhaitent pas la rupture avec la France mais simplement un désir d'émancipation. Ils ont bien compris ce qu'ailleurs, d'autres ont du mal à comprendre, l'Etat ne peut plus soutenir ses lointaines contrées, disséminées sur l'ensemble des Océans. Ils ont bien compris que désormais, ils doivent chercher de nouvelles sources de revenues, créer des richesses pour compenser les réductions de moyens en provenance de la Métropole.

Le sujet est stratégique.
Au même moment, à Paris,  les Présidents de la Région et du Département de la Guyane ainsi que leurs homologues de la Martinique  rencontraient le Président de la République pour lui parler de l'évolution du statut de leurs collectivités respectives.

Il faut rappeler que le Chef de l'Etat avait annoncé à l'issue des graves événements récents qui avaient secoué les Antilles, son intention de consulter les populations de ces régions ultramarines sur leur avenir institutionnel.

Deux possibilités sont envisagées. Un premier référendum sera organisé le 17 Janvier. La question portera sur le passage des deux collectivités dans la catégorie de celles relevant de l'article 74 de la Constitution. Si la réponse des électeurs est négative, une deuxième consultation sera organisée le 24 Janvier sur l'assemblée unique.

J'ai eu plaisir à participer à ces Assises car j'ai partagé avec des femmes, des hommes, des élus, des chercheurs, des enseignants, des journalistes, des points communs comme  l'audace, l'ambition, une certaine idée de la France.

J'ai également eu plaisir à retrouver de vieilles connaissances comme Daniel FEREY, Préfet de Guyane que j'ai connu alors Commissaire Délégué de la République pour la Province des Îles et LACOMBE, ancien Directeur des IUFM de Polynésie Française et de Nouvelle-Calédonie. Son pedigree intéresse beaucoup les universitaires et chercheurs guyanais qui comptent beaucoup sur lui pour créer en Guyane, une Université de plein exercice. Il  n'y a pas de raison qu'il ne réussisse pas ici ce qu'il a déjà réussi à deux reprises ailleurs. « Jamais deux sans trois » disent-ils, philosophes.

D'un bout du monde à l'autre, c'est ce qu'avec une jeune enseignante nous avons fait. Elle, professeur de Français au Collège de Ouégoa, dans le nord de la Nouvelle-Calédonie, nommée depuis cette année, à Cayenne. Moi, en mission. Et nous nous sommes retrouvés dans une rue de Cayenne. Le monde est vraiment petit.

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