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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Pacifique-Forum-sommet-communiqué-diplomatie: Communiqué final du 43ème sommet des dirigeants du Forum

Publié le 2 Septembre 2012 par Loueckhote Simon in Politique


RAROTONGA, vendredi 31 août 2012 (Flash d’Océanie) –

Les dirigeants des États océaniens membres du Forum des Îles du Pacifique ont publié vendredi (jeudi heure des îles Cook, GMT-10) leur communiqué final, dans lequel les points saillant touchent l’environnement, les changements climatiques, les réformes de cette organisation, sa position inchangée vis-à-vis de Fidji et un encouragement lancé à la France et à la Polynésie française pour un dialogue « intensifié » et « positif ».
Ce communiqué final, qui suit comme de coutume de très près le retour des dirigeants de leur traditionnelle « retraite » après la session plénière, touche aussi à des sujets pressants pour l’Océanie, comme la gestion et la protection des ressources halieutiques ou encore la question de l’égalité des sexes dans cette vaste région, avec en corollaire le problème de violences faites aux femmes.
Pour la protection et la gestion des ressources halieutiques dans le Pacifique, la Nouvelle-Zélande avait annoncé, quelques heures auparavant, un financement de cinquante millions de ses dollars pour renforcer la gestion et la protection des ressources de la région et lutter contre les activités de pêche illicite et non signalée.
Pour les questions d’égalité des sexes, c’est l’Australie qui avait annoncé, peu avant, une large enveloppe de l’ordre de 330 millions de dollars US pour financier des programmes de sensibilisation et de mise en œuvre dans les domaines économiques, politique et des violences conjugales.
Concernant la question de Fidji, le communiqué final vient confirmer les positions exprimées au cours des trois jours précédents, notamment par l’Australie et la Nouvelle-Zélande, à savoir que cet archipel ne sera pas invité à rejoindre le FIP dans l’immédiat et par conséquent demeure suspendu de son statut de membre plein, sur fonds de poursuite de mesures annoncées et engagées par Suva en vue de rétablir la démocratie à l’horizon septembre 2014.
Cette position se traduit dans le communiqué final par une prise en compte des « progrès réalisés en 2012 en vue de la tenue d’élections en septembre 2014, y compris le processus d’inscription des électeurs et l’établissement d’une Commission Constitutionnelle, ainsi que les assurances données au groupe ministériel de contact (du Forum) que la liberté d’expression, d’assemblée et des médias serait présente ».
Le groupe ministériel du FIP a effectué sa dernière mission à Fidji début mai 2012.

La suspension de Fidji avait été prononcée par le Forum en raison de son non retour rapide à la démocratie, après le putsch du 5 décembre 2006 qui a précédé l’installation d’un gouvernement dirigé par le Contre-amiral Franck Bainimarama.
Alors que les débats concernant une éventuelle réintégration de Fidji au sein du Forum ont été prééminents, en coulisses, depuis le début de ce sommet, c’est une nouvelle fois lors de la traditionnelle « retraite » des dirigeants océaniens, sur l’île de Tapuae Tai, près d’ Aitutaki (Sud de l’archipel) que les débats ont fait ressortir un semblant de consensus qui devrait se refléter dans le communiqué final de ce 43ème sommet.
Depuis le début du sommet, les dirigeants des deux pays les plus influents au sein du FIP, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ont fait front commun en estimant que malgré un réchauffement récemment annoncé avec Fidji en matière de relations diplomatiques, et des mesures fidjiennes perçues positivement par la communauté régionale et internationale (lancement d’un processus d’inscription sur les listes électorales et consultations en vue de l’élaboration d’une nouvelle Constitution, avant des élections annoncée pour septembre 2014), le temps n’était pas encore venu de réintégrer Fidji en tant que membre plein du FIP.
Mais la question de Fidji a pourtant, ces derniers jours, divisé une fois de plus les membres du FIP entre ceux partisans de la fermeté et du scepticisme quant au retour de Fidji à la démocratie et ceux qui estiment que d’ores et déjà, des mesures tangibles ont été prises, montrant une sincérité en matière de volonté de retour à la démocratie.
Les plus « compréhensifs », en la matière, sont les pays du bloc mélanésien, qui possèdent aussi leur propre sous-groupement, le Groupe Mélanésien Fer de Lance (Fidji, Vanuatu, Papouasie-Nouvelle-Guinée, îles Salomon et mouvement indépendantiste FLNKS de Nouvelle-Calédonie).
En cela, ils sont aussi rejoints par d’autres petits pays régionaux, comme Nauru, Kiribati ou Tuvalu.
De l’autre côté, alignés sur la position australo-néo-zélandaise : des pays essentiellement polynésiens, comme Tonga ou Samoa.
Bien que le statut de membre plein de Fidji demeure suspendu, les dirigeants océaniens, dans leur communiqué final, pourraient aussi reconnaître les progrès et avancées positives réalisés ces derniers mois et, en corollaire, autoriser la participation de Fidji à des réunions régionales satellites du Forum.
Prochaine occasion : un sommet réunissant les pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique) prévu en Papouasie-Nouvelle-Guinée en octobre 2012.

Du côté de Fidji, ces dernières semaines aussi, le gouvernement du Contre-amiral a convié une nouvelle fois une réunion internationale autour du thème « S’engager pour le Pacifique », pour la troisième fois en trois ans, et comme à chaque fois quelques jours avant la tenue du sommet annuel du Forum.
Cette semaine, en plain Forum, auquel Fidji n’est toujours pas convié, l’archipel faisait son entrée en fanfare et participait à son premier sommet des pays des non-alignés à Téhéran (Iran) et annonçait simultanément l’établissement de relations diplomatiques avec la Corée du Nord et possiblement avec l’Iran.
Ratu Inoke Kubuabola, ministre fidjien des affaires étrangères, n’hésitait pas à déclarer la semaine dernière que de son point de vue, le Forum « n’est plus pertinent ».
Depuis le putsch de 2006, Fidji a significativement étoffé ses relations avec des pays comme la Chine, qui ne condamnent pas le putsch et le régime mis en place depuis.

La Polynésie française

Concernant la Polynésie française et une demande de réinscription de cette collectivité sur la liste de l’ONU des pays à décoloniser, les dirigeants océaniens, en fin de communiqué, prennent note de ce dossier tout en « réitérant leur soutien sur le principe du droit de la Polynésie française à l’autodétermination ».
« Les dirigeants ont pris note de l’élection d’un nouveau gouvernement français, qui a ouvert de nouvelles opportunités pour un dialogue positif entre la Polynésie française et la France concernant la meilleure manière de réaliser le droit de la Polynésie française à l’autodétermination. Les dirigeants encouragent la Polynésie française et la France à intensifier leur dialogue dans les mois à venir et consentent à bien vouloir examiner les évolutions lors de leur réunion de 2013 », concluent les dirigeants sur ce sujet.

La demande, une nouvelle fois formulée cette année par la Nouvelle-Calédonie, de voir son statut de membre associé augmenté à un statut de membre plein, n’est as mentionnée dans le communiqué final.


La prochaine édition du sommet annuel du FIP, en 2013, devrait avoir lieu aux îles Marshall.

pad

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