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Politique énergétique de la Nouvelle-Calédonie, est-il encore temps d'en parler?

Publié le 31 Janvier 2012 par Loueckhote Simon in Economie - Fiscalité

Le Congrès devra dans les semaines à venir réformer le système électrique de la Nouvelle-Calédonie. Le Gouvernement contraint par le calendrier de la renégociation du contrat de concession du barrage de Yaté et du prix de vente de l’électricité à la SLN souhaitait que cette réforme soit débattue et définie par la Commission Permanente du Congrès. Sur ma proposition, le Congrès l’a retiré de la liste des habilitations  de la commission.

A lui seul, ce sujet hautement stratégique vaut un débat en séance plénière du Congrès réuni en session extraordinaire.

Les élus de la Nouvelle-Calédonie ne sont pas pauvres en information sur le sujet. La Direction des Mines et de l’Energie de la Nouvelle-Calédonie n’a pas été avare en production de documents pédagogiques. Je regrette cependant que des éléments de comparaison avec des pays comparables à notre archipel ne nous aient pas été communiqués. Est-ce par inadvertance ou tout simplement parce que la Direction n’en dispose pas ? Il semble malheureusement que la seconde hypothèse en soit la vraie raison.

Je viens de suggérer au Président du Gouvernement, au Président du Congrès et au Président de la Commission des Infrastructures et de l’Energie du Congrès de compléter la documentation transmise aux élus par ces informations.

Trop longtemps, la politique énergétique de la Nouvelle-Calédonie s’est résumée à la situation d’Enercal et à la renégociation du prix de revente de l’électricité à la SLN.

Société majoritairement détenue par la Nouvelle-Calédonie, Enercal présente la caractéristique d’être à la fois producteur, transporteur et distributeur d’énergie électrique. Concessionnaire du barrage de Yaté qui réalise en grande partie les 20% d’électricité produite à partir des énergies renouvelables, elle accuse des pertes financières que son actionnaire principal scrute avec angoisse. La société possède également d’autres barrages hydrauliques, des centrales thermiques, des fermes éoliennes et plus marginalement quelques fermes solaires. Le niveau de ses pertes actuelles serait de 400 millions de francs. La Nouvelle-Calédonie a réinjecté en 2011 dans ses comptes, 1 milliards de francs pour l’aider à assumer sa mission de service publique.

Il apparait donc très clairement que le débat qui s’ouvre se focalisera de nouveau sur la société, vraie préoccupation des autorités. Gage d’autonomie et de coussin social, la société est aux yeux de tous, un bijou de famille à protéger, qu’il convient dans le même temps d’adapter aux enjeux nouveaux, notamment l’industrialisation de la Nouvelle-Calédonie.

Dans cette perspective, quelle place réserver aux autres modes de production d’énergie ? Ce que l’on appelle les énergies renouvelables l’hydraulique, le solaire, l’éolien, le marin … Elles représentent aujourd’hui un petit 5% des énergies consommées en Nouvelle-Calédonie.

Les chiffres sont implacables. Alors que 2 usines métallurgiques, celle de KNS au Nord et de VALE NC dans le Sud se sont dotées de centrales au charbon et que la SLN s’oriente aussi vers une centrale à charbon, la question se pose désormais sur l’opportunité de ce débat au Congrès.

Peut-on encore changer la politique énergétique de la Nouvelle-Calédonie?

 

 

 

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Loueckhote Simon 31/01/2012 07:34


Et pourtant, cette réforme me paraît plus que nécessaire. D'ailleurs, elle devrait se réaliser en deux voire trois temps. Dans un premier temps, il nous faut répondre à l'urgence puis dans un
deuxième et troisième temps engager un mouvement en profondeur vers les énergies renouvelables. Il ne me paraît pas illusoire de se fixer comme objectif que vers 2020, l'électricité issue des
énergies renouvelables représente au moins 20% de l'énergie produite en Nouvelle-Calédonie. 


Une autre source d'énergie n'est jamais évoquée. Par pudeur certainement, par crainte sans aucun doute, c'est le nucléaire. Et pourtant, c'est aujourd'hui l'énergie la plus propre que l'on
connaisse et la France est leader mondiale dans le domaine. Quelle chance! Et si on s'y intéressait un peu plus.


C'est ce que j'ai demandé au Président du Gouvernement. Une présentation en toute objectivité de cette filière doit compléter l'information des décideurs de la Nouvelle-Calédonie seuls souverains
dans les choix des énergies du futur.