le blog de Simon Loueckhote

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Quelques ressentis d’une jeune élue loyaliste en campagne aux îles…

Publié le 8 Décembre 2009 par Loueckhote Simon in Divers

A Simon,

On ne revient pas d’une campagne des îles sans être profondément ému et surtout sans que ses fondamentaux soient ébranlés. Rien n’est ici pareil, l’humain, le clan, le lien à la terre et la coutume entrent directement en jeu dans les joutes politiques. Tous nos repères semblent d’un seul coup vaciller et nos certitudes devenir incertitudes. Première leçon à tirer, on ne fabrique pas une liste pour les Iles à partir d’un QG de Nouméa et encore moins répartir les candidats de la liste en fonction de leur appartenance à des partis. C’est une composition strictement ilienne qui se fait principalement à partir de liens familiaux et claniques. Cela peut en choquer certains mais il me semble que c’est la première clef pour réussir aux îles. Le tonton et le cousin sont bien plus importants dans l’échelle des valeurs.

Notre camp de la France a bel et bien perdu et avec ce nouveau recul des loyalistes aux îles, on doute, on s’interroge. Il est beaucoup trop facile de dire »c’est de la faute à Simon, il ne devait pas y aller ! ».Mais alors qui et pour faire quel score ? Il faut bien se rendre à l’évidence que nous avons de moins en moins de partisans de la France aux Iles. Cela ne fait plus recette. D’ailleurs cela fait bien trop longtemps que l’on a déserté les îles. Nos leaders s’en désintéressent et seul le slogan indépendantiste semble séduire. Il faut dire que nous n’avons plus aucun levier institutionnel pour porter notre parole française, nous avons trop de militants qui résident sur Nouméa et qui ne connaissent plus la réalité du terrain, nous avons un discours qui doit oser parler d’autonomie mais pas d’indépendance.

La dynamique de l’union républicaine est née de cette campagne. Les gens se reparlent et travaillent ensemble. C’est positif et il a été convenu de continuer à faire vivre cette dynamique. Ne pas uniquement venir aux iles durant les campagnes car nos militants se sentent profondément délaissés, seuls, voire largués. Un travail sur le terrain et chez les jeunes est indispensable pour revenir aux iles. Certains leaders loyalistes se laissent à penser qu’il faille mieux abandonner les îles aux mains des indépendantistes. Moi, je pense tout le contraire. Les larmes de nos militants au vu de nos résultats ne nous permettent pas de penser cela !

Au-delà de la déception, on découvre également un sentiment de révolte. On remarque la confusion de genre entre l’USTKE et le parti travailliste…non distribution des procurations au bureau de poste d’Ouvéa, distribution de billets de 10000F à l’arrivée au bateau, ralentissement du fret aérien à Aircal par les agents USTKE…et le hasard ferait que seul les travaillistes étaient servis en premier ! Je ne crois pas au hasard et ces méthodes font peur aux Iliens. Peur car LKU séduit les jeunes sans vraiment leur proposer des jours meilleurs. La précarité dans laquelle nos militants vivent interpelle, la cherté de la vie, l’exode vers Nouméa, la fermeture des classes, l’absence de projets économiques structurants, des billets d’avion ou de bateau exorbitants …sont autant de problématiques que nous ne devons pas laisser qu’aux seules mains des indépendantistes.Il faut donc revenir aux iles, faire un travail de terrain et continuer à dénoncer du sud ce qui s’y passe.

Voilà mes premières réactions à chaud et merci de m’avoir permis de vivre cette aventure politique ilienne pleine d’enseignements et surtout humainement très enrichissante.

Oleti !     

Corine

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